Jedinak : patron d’une éclosion tardive

Ne vous inquiétez pas, il aura le ballon.

Ne vous inquiétez pas, il aura le ballon.

Mickael John Jedinak est à 30 ans, capitaine de son club (Crystal Palace) et de sa sélection (l’Australie). « Mile », élément incontournable de ces deux formations, a connu une éclosion tardive et ce n’est que depuis quelques années (et son arrivée à Palace) qu’il connait cette exposition qui ne cesse de croître.

Vous allez me dire, les statistiques on en fait ce qu’on veut, on les utilise à notre guise. Soit. Mais j’ai décidé de vous les poser quand même après quoi on essaiera de les rendre « intelligentes ». Sur l’exercice 2013/2014 de la Premier League, Jedinak a les meilleures statistiques en termes de tacles (3.5/match) et d’interceptions (3.7/match). Evidemment, Crystal Palace est une équipe surexposée et n’a pas la possession du ballon, et Jedinak constamment sous pression. Cependant, il y a beaucoup d’autres équipes dans ce cas de figure et Jedinak sort incontestablement du lot.

Mile Jedinak a joué les 38 rencontres de championnat l’année passée où il n’a été remplacé qu’une seule fois, sur blessure, lors de la dernière journée contre Fulham : 37 matchs de 90 minutes donc.

Quelles sont les caractéristiques du « beast » ? Jedinak est un milieu défensif solide, qui excelle dans les duels. Aériens d’abord, où il a été le milieu de terrain qui en a remporté le plus (159) avec un taux de 69% de remportés au global. Si l’on rapporte ces statistiques à quelque chose de plus parlant, il est également devant avec 4.22 duels aériens remportés par portion de 90 minutes. Il est également très efficace dans les duels au sol : c’est un « chien fou » qui n’arrête jamais d’harceler son adversaire. Nous l’avons vu précédemment, sur le terrain, Jedinak est partout. Au four et au moulin, il se positionne toujours de façon intelligente ce qui lui permet de profiter de la moindre faille de l’adversaire. Il sait parfaitement où jouer pour soit intercepter le ballon soit pour aller au combat. Ses qualités défensives ne sont plus à présenter et nos amis anglais ne cessent de mettre en avant son « incredible work-rate ».

Revenons maintenant quelques années en arrière. Il nait et débute à Sydney, dans le club de Sydney United (un club fondé par des Australiens de nationalité croate). Il fait même une courte pige en Croatie, à Varazdin. Mais c’est aux Mariners de Central Coast qu’il « éclot » de 2006 à 2009. Ironie du sort pour un milieu à vocation défensive, il marque même des buts qui s’avèrent décisif. Il prend ensuite la direction de la Turquie. Il signe à Genclerbirligi avant d’être prêté à Antalyaspor. L’aventure n’est pas une réussite, mais une nouvelle opportunité lui tend les bras en 2011 : l’Angleterre l’accueille et Jedinak paraphe à 27 ans un contrat avec Crystal Palace, alors en Championship.

Lors de l’exercice 2012/2013, Crystal Palace remporte le play-off d’accession et est promu en Premier League. Fin 2013, il prolonge son contrat qui le lie désormais à son club jusqu’en 2017. Il est aujourd’hui à son apogée, rien ne semble lui résister. Véritable pièce maitresse du milieu de terrain de Postecoglou et fer de lance de Crystal Palace, on ne peut que regretter qu’il ait déjà 30 ans. Toutefois, c’est peut-être en cela qu’il forge le respect : c’est un joueur qui a énormément progressé, l’âge n’ayant jamais été une barrière à cela.

Sa carrière internationale débute en Mars 2008 contre Singapour et il comptabilise aujourd’hui 47 sélections (dont 5 buts). Alors en préparation pour la Coupe du Monde au Brésil en juin dernier, Ange Postecoglou, le sélectionneur de l’Australie le nomme capitaine devant Tim Cahill et Mark Bresciano qui seront ses « suppléants ». Un immense gage d’honneur pour l’Australo-Croate qui n’a jamais démérité en sélection.

L’horizon est on ne peut plus clair pour Jedinak, capitaine d’une équipe qui a respectueusement fini à la 11e place du championnat et pour laquelle il a participé à toutes les rencontres. En plus de ses qualités footballistiques, c’est aussi un formidable meneur d’homme et un « leader » pour ses coéquipiers respectifs. Il ne semble que lui manquer une dernière étape pour réellement avoir franchi tous les échelons : rejoindre un « top » club et s’imposer dans ce dernier. En aura-t-il l’occasion ? L’avenir nous le dira.

Jeremy Docteur

(Australien chauvin mais qui a essayé d’être objectif)

Leicester City, en quête de stabilité

387153_heroa

Gary Lineker, Steve Walsh, Peter Shilton. Ces noms vous disent forcément quelque chose, et rappelle les grandes légendes passées par Leicester. Un club historique, fondé en 1884, qui vient de retrouver l’élite après dix saisons passées dans les étages inférieurs d’Angleterre. Si le club a connu des années difficiles, il mise aujourd’hui sur la stabilité afin de retrouver une certaine crédibilité, perdu il y a près de 15 ans.

 .

Des bases conservées

102 points (31 victoires, 9 nuls et 6 défaites), 83 buts marqués et 43 encaissés : voilà le bilan qui a permis à Leicester d’être sacré championnat de Championship l’an dernier, sans contestation possible. Finissant avec un matelas confortable de 17 points d’avance sur les barragistes, Leicester a pu préparer sereinement sa montée en Premier League et a réussi un mercato plus qu’intéressant pour un promu.

En effet, le club n’a perdu aucun de ses joueurs cadres durant la période estivale. Les attaquants David Nugent (46 matchs 20 buts) et Jamie Vardy (37 matchs, 16) ainsi que la recrue du mercato hivernal Riyad Mahrez sont restés au club, tout comme le français Anthony Knoackaert (42 matchs). L’ancien guingampais pourra également compter cette saison sur ses acolytes Drinkwater (45 matchs), Schlupp (26 matchs), Hammond (29 matchs) et King (30 matchs), et sur sa ligne défensive également restée fidèle à Leicester : De Laet (36 matchs), Morgan (45 matchs), Konchesky (31 matchs) et Moore (30 matchs). On oubliera pas de mentionner Kasper Schmeichel, fils de Peter (emblématique gardien de Manchester United), international Danois qui garde les cages de Leicester depuis 2011 (110 matchs).

Une ossature préservée, et un mercato  en totale opposition avec celui de QPR, autre promu qui a choisi de recruter à tout va et de dépenser énormément pour s’installer parmi l’élite. La seule recrue pour laquelle Leicester a du sortir le portefeuille (10M€) est un buteur provenant de League One : José Lenonardo Ulloa, auteur de 14 buts en 35 matchs l’an passé avec Brighton & Hoves. Cette recrue est accompagnée par l’arrivée de l’expérimenté Cambiasso, libre de tout contrat avec l’Inter Milan. Un recrutement intelligent, qui va permettre à des jeunes arrivés en prêt (Lawrence et Nick Powell en provenance de Manchester United notamment) d’acquérir de la maturité, nécessaire pour évoluer parmi l’élite.

Côté départ important, seul Loyd Dier, en fin de contrat, a quitté le club pour rejoindre Watford. L’équipe type alignée depuis le début de saison est donc composée de 10 joueurs présents l’an dernier, plus Ulloa titularisé au côté de Nugent. Le résultat est saisissant : les joueurs présents cette saison représentent 94% des minutes jouées l’an dernier !

Capture d’écran 2014-09-10 à 17.49.31

Un effectif homogène et qui a des automatismes, le tout coaché par un entraineur qui connaît bien la maison : Nigel Pearson. Cet ancien défenseur à la carrière très modeste (Shrewbury Town, Sheffield Wednesday, Middlesbrough) a pris une première fois les rennes du club entre 2008 et 2010, et a notamment remporté la League One (troisième division), permettant au club de retrouver la Championship dès la première saison. Il quitte le club en 2010 pour rejoindre Hull City, après avoir réalisé un beau parcours avec le club en terminant cinquième de Championship. Une saison plus tard, il revient à Leicester et va permettre au club de progresser chaque saison afin de retrouver sereinement la Premier League (9ème en 2012, 6ème en 2013 et 1er l’an dernier). Un entraineur patient et stable, à l’image des ambitions du club.

.

Un début de saison prometteur

Après trois matchs de championnat, il est difficile de juger le réel potentiel d’une équipe. Néanmoins lorsque l’on est promu, que l’on rencontre Arsenal, Chelsea et Everton et qu’on s’en sort avec deux points en trois matchs, on ne peut considérer que le début de saison est prometteur. Face à Everton, Leicester a fait preuve d’une grande force mentale, trouvant les ressources pour égaliser à deux reprises (Ulloa 22eme et Wood à la 86eme). Un résultat plutôt logique dans un match où Everton a eu le ballon mais n’a cadré qu’à trois reprises, tout comme Leicester.

Le match à Stamford Bridge a été plus compliqué pour les hommes de Nigel Pearson. Concrètement, la stratégie affichée était de bien défendre, et de ramener un point. Une stratégie qui a fonctionné jusqu’à l’heure de jeu et l’ouverture du score d’Eden Hazard, avant que Diego Costa ne tue le suspense a 10 minutes du coup de sifflet final. Une défaite méritée, Leicester ne montrant aucune volonté d’attaquer et ne tirant qu’une fois au but.

Mais ce match a peut être servi de leçon à cette équipe. Face à Arsenal, on a pu voir un tout autre visage proposé par Nugent et ses coéquipiers. Vingt premières minutes à l’avantage des Gunners, qui profitent d’un mauvaise alignement de la défense de Leicester, et d’un écrèment défensif pour ouvrir le score par Alexis après un râté de Sanogo. Dans la foulée, les Foxes vont égaliser par l’intermédiare de Ulloa, auteur de son deuxième but de la saison, grâce à un bon centre de Schlupp. Par la suite, Leicester va montrer beaucoup d’envies et se montrer dangereux par Mahrez (46ème), et surtout par Ulloa qui va éliminer Chambers dans la surface et frappe juste à côté du poteau d’un Szczesny battu (52ème). En toute fin de match, c’est le nouvel entrant Vardy qui va profiter d’une contre-attaque pour se montrer dangereux mais va trouver les gants du gardien polonais. Un match nul encourageant qui aurait  pu se transformer en victoire pour les Foxes. Encourageant.

.

Même si il est difficile de juger le réel potentiel d’une équipe après trois matchs, Leicester semble armé pour se maintenir cette saison. Avec un effectif qui a des automatismes, qui a réalisé un superbe exercice l’an dernier et les arrivées de joueurs talentueux et expérimentés, la mayonnaise a de quoi prendre. Et offrir à cette équipe la possibilité de rentrer à nouveau dans une nouvelle ère : celle de la stabilité au plus haut niveau.

Réflexions sur le début de saison d’Arsenal

La période des transferts (enfin) terminée, nous allons pouvoir reparler de football. Arsenal a été relativement actif sur le marché des transferts et chacune des recrues (à l’exception de Welbeck, naturellement) a déjà pris part à la compétition. Malgré un niveau de jeu médiocre, Arsenal ne s’en sort pas si mal en termes de résultats : sur 6 matchs joués, 3 victoires et 3 matchs nuls. Comme l’année dernière, l’équipe éprouve plus de difficultés à l’extérieur – 3 matchs nuls contre Besiktas, Everton et Leicester. Arsenal s’est également qualifié pour la phase de groupe de la Ligue des Champions pour la 17e année consécutive en sortant non sans mal le club de Besiktas. Après ce premier mois de reprise bouclé, je vous propose de revenir sur les quelques enseignements que l’on peut pointer du doigt par rapport à une entame en dents de scie.

  • Une mutation tactique en 4-3-3/4-1-4-1 qui ne prend pas
  • Mertesacker et l’incompatibilité qui se révèle au grand jour
  • Sanchez, son rôle et sa force
  • Chambers et son apport offensif
  • Un pressing inefficace et désorganisé
  • Un effectif globalement qualitativement convenable mais quantitativement déséquilibré

Une mutation tactique en 4-3-3/4-1-4-1 qui ne prend pas

Arsenal 4-1-4-1

Arsenal a évolué en 4-2-3-1 pendant des années, ce système qui semblait convenir parfaitement à Wenger et à ses joueurs était devenu une constante. Or, en ce début de saison 2014/2015 nous avons vu une évolution tactique : les Gunners sont passés en 4-1-4-1/4-3-3 selon les phases de jeu. Un choix assez cohérent dans la mesure où Mesut Özil, meneur de jeu indiscutable, n’était pas disponible (les Allemands champions du monde sont revenus plus tardivement que les autres joueurs de la Coupe du Monde). Toutefois, Wenger a semble-t-il décidé de renouveler ce système qu’on pensait temporaire malgré le retour d’Özil.

Ce système pose problème pour plusieurs raisons : d’abord, il repositionne Özil sur l’aile ce qui le restreint indéniablement dans tout ce qu’il entreprend. Moins tranchant, beaucoup plus en difficulté, l’animation offensive des Gunners en pâtie. Bien que plus influent sur l’aile droite puisqu’il peut repiquer dans l’axe, ce rôle excentré ne lui convient pas du tout. De plus, ce dernier étant excentré sur l’aile, il n’est plus une des premières rampes de lancement sur les contres. Sa qualité de passe et son sens du jeu était un des principaux atouts d’Arsenal sur ces phases. L’aspect défensif du jeu est loin d’être une priorité pour lui, et ce rôle l’oblige à le faire, ce qui expose bien plus Arsenal.

Aussi, le jeu offensif d’Arsenal ne trouve plus sa fluidité d’antan. C’est un problème récurrent et ce système se voulant ordonné apparait comme totalement désorganisé : dans le final third il y a embouteillage. Les automatismes manquent aux joueurs et chacun veut apporter sa touche dans la construction. L’axe est particulièrement bouché puisque chacun tente de se mêler du jeu dans ce secteur. Les 4 joueurs de la ligne de « 4 » du milieu de terrain sont des joueurs d’axe que ce soit Ramsey, Wilshere, Özil ou Sanchez (ou Cazorla quand il joue à gauche).

Cependant, ce système n’a pas que des désavantages et a même trois avantages majeurs. Premièrement, le surplus de liberté pour Ramsey qui lui autorise plus de projections vers l’avant. Deuxièmement, il permet de faire jouer Wilshere à un poste qui lui convient, basiquement en numéro 8, devant un milieu défensif pour le mettre le plus à l’aise possible. Enfin, il expose moins Flamini/Arteta qui tiennent le rôle de milieu à vocation défensive plus en retrait derrière la doublette britannique Wilshere/Ramsey (la possibilité d’avoir cette association est un des objectifs prépondérants de cette organisation).

Très simplement, les joueurs derrière l’attaquant de pointe (Giroud ou Sanogo récemment) sont très libres et se comportent de manière désordonnée – qui peut être une force pour faire mal à l’adversaire mais aussi une contrainte dans la construction. Wenger a toujours accordé une grande confiance à ses joueurs et c’est ce qu’il fait ici, en termes de déplacements (permutations, courses). C’est en cela que le système n’est pas efficace, il n’y a pas vraiment d’organisation à proprement parler comme nous l’avons mentionné auparavant.

Mertesacker et l’incompatibilité qui se révèle au grand jour

Illustration du positionnement aléatoire de Mertesacker qui se retrouve beaucoup trop haut et excentré sur l'aile droite contre Besiktas.

Illustration du positionnement aléatoire de Mertesacker qui se retrouve beaucoup trop haut et excentré sur l’aile droite contre Besiktas.

Arsenal a perdu deux éléments défensifs cet été : son capitaine, Thomas Vermaelen parti vers le FC Barcelone (qui n’avait plus qu’un rôle secondaire) et surtout, Bakary Sagna, certainement le défenseur le plus constant du club depuis son arrivée. Sagna était un guerrier et au-delà de ses qualités défensives sur son côté, il apportait énormément de soutien à Mertesacker dans l’axe. Avec l’arrivée de Debuchy pour le remplacer, la donne n’est plus la même : le profil des deux joueurs est opposé. Debuchy attaque beaucoup, se projette vers l’avant mais ses errances défensives sont évidentes. Par incidence, Mertesacker se retrouve beaucoup plus exposé.

Cette exposition saute aux yeux et n’est pas souhaitable pour Arsenal. Le club qui adopte un style de jeu relativement haut sur le terrain, n’est pas compatible avec le défenseur allemand et vice-capitaine du club. Souvent pris dans son dos, il n’a aucune chance face à des adversaires vifs et une fois qu’il est dépassé, le verrou saute. Il tente régulièrement d’anticiper, en jouant plus haut mais se retrouve totalement hors de position ce qui met en danger la défense d’Arsenal. Les appels adverses dans son dos sont tous victorieux puisqu’il ne peut pas les suivre et son positionnement est presque aléatoire sur certaines phases de jeu.

Il est intéressant de noter que contre Leicester, en cours de rencontre, Chambers et Mertesacker ont permuté. Mertesacker a terminé la rencontre (et la majorité de la seconde période) axe gauche de la défense centrale.

Sanchez, son rôle et sa force

« Alexis » est arrivé en provenance de Barcelone pour une somme avoisinant les 40M€ et au-delà de ses qualités offensives, ce sont ses qualités défensives qui ont le plus frappées les supporters d’Arsenal. « Ce joueur est un chien fou » ai-je pu lire ici et là. En effet, Sanchez se bat sur chaque ballon, ne lâche jamais rien. Le contraste entre lui et d’autres joueurs dans le pressing est consternant. Il semble avoir une endurance infinie qui sert parfaitement Arsenal. Néanmoins, son rôle premier est bel et bien de marquer des buts ou plus exactement de faire marquer les autres.

Alexis Sanchez est un joueur polyvalent, et c’est pour cela que Wenger a saisi l’opportunité de l’enrôler. Ce dernier a d’ailleurs précisé qu’il l’avait acheté pour jouer en pointe, toutefois, il est difficile de le cantonner à ce rôle. C’est un joueur extrêmement libre dans ses déplacements, il ne cesse de bouger pour se démarquer et proposer une solution tangible au porteur du ballon.

Mais malgré ses deux buts de « renard des surfaces » avec Arsenal, Alexis n’est pas un serial buteur (il a des statistiques flatteuses, je le conçois) : il fait briller les autres par son intelligence de jeu. Il est difficile de l’imaginer jouer en pointe dans un système basé autour d’un point d’appui comme Olivier Giroud, qui joue essentiellement en remise d’où la nécessité d’avoir du soutien sur les seconds ballons.  Sur l’aile, Alexis permute beaucoup avec Özil ou Cazorla et se retrouve souvent libre et disponible pour recevoir le ballon.

Des doutes persistent sur sa capacité à tenir à lui seul la ligne d’attaque, mais il y a peu de chance que Wenger chamboule son système pour l’associer à un deuxième attaquant. Alexis aura un temps de jeu conséquent et vadrouillera entre l’aile droite et la place d’attaquant de pointe selon les disponibilités. Il offre un style différent à Arsenal du fait de sa palette de qualités très variées (et complète, la palette !).

Chambers et son apport offensif

Arrivé de Southampton à la suite de la grande braderie ayant eu lieu dans le club du sud de l’Angleterre, le latéro-central-milieu défensif s’est immédiatement adapté et a surtout montré une confiance digne d’un joueur international. Néanmoins, cette confiance plus que surprenante pour un jeune n’ayant alors disputé qu’une vingtaine de matchs de Premier League à son arrivé, associée à un manque d’expérience certain, ont pu faire penser que le jeune anglais était exempt des nombreuses étapes de développement d’un joueur et être déjà un joueur accompli. Que nenni, ses erreurs d’inattention/d’analyse encore ce week-end contre Leicester sont la preuve du chemin qu’il reste à parcourir au néo-international. De même, il a déjà pris 2 cartons jaunes en 3 matchs de Premier League disputés et ils sont preuve que le joueur a encore besoin d’apprendre à mieux analyser les situations et à mieux se connaître à un poste qu’il n’a que très peu connu auparavant.

Cette confiance et on peut même parler d’audace est malgré tout aussi l’atout majeur du joueur, il n’hésite pas à aller au duel physique (2,3 tacles/match en PL). Par ailleurs, c’est surtout balle au pied que sa confiance se révèle, étant ainsi capable d’enchaîner passes entre les lignes et diagonales pour les latéraux. De même il n’hésite pas à se montrer entreprenant par des montées (notamment lors de l’Emirates Cup alors que c’était simplement ses débuts), se rappelant à son passé de latéral, et alors couvert par Koscielny et Arteta (au bénéfice du 433 limitant la zone d’influence du basque).

Sa volonté d’aller de l’avant traduit par sa confiance est un point important dans son adaptation et son apport à Arsenal, avec ici un défenseur sur la bonne voie pour pouvoir assurer une ligne défensive haute (même s’il reste comme vu ci-dessus des failles dans son jeu) et surtout plus que compatible avec le taulier de la défense des Gunners qu’est Laurent Koscielny.

Partie rédigée par Nico que vous pouvez retrouver ici @Nico_Highbury

Un pressing inefficace et désorganisé

L'organisation de "base" d'Arsenal en 4-1-4-1.

L’organisation de "base" d’Arsenal en 4-1-4-1.

Qui dit liberté offensive dit désorganisation tactique. C’est en tout cas le scénario des Gunners. Les joueurs, avec un maximum de liberté, se retrouvent « éparpillés » sur le terrain, chacun dans une position qu’il juge la plus propice pour faire la différence. Ainsi, le positionnement des joueurs n’est pas optimal pour mettre en œuvre un pressing efficace.

Typiquement, il n’y a pas une véritable organisation pour le pressing, mais diverses volontés individuelles. Plusieurs joueurs tentent de mener « une révolte » : Ramsey et Sanchez notamment. Mais le bloc ne presse pas ensemble, le fameux travail « as a unit » n’est en aucun cas d’actualité – ou alors sur de très courtes périodes de temps, en début de match, par exemple, comme si les joueurs se décourageaient. Cependant, Wenger a montré qu’il voulait reprendre tout ce travail avec beaucoup de volonté. A condition que les joueurs usent de leur intelligence et suivent les instructions du coach, il pourrait y avoir des améliorations importantes et peut-être enfin un effort coordonné et efficace.

Un effectif globalement qualitativement convenable mais quantitativement déséquilibré

Le mercato est toujours une période animée pour Arsenal, que ce soit par rapport au nombre indécent de rumeurs ou entre les supporters. Dans les faits, Arsenal a recruté 5 joueurs : Chambers, Debuchy, Alexis, Ospina et Welbeck. Pour faire simple, les départs ont été compensés : Vermaelen par Chambers et Sagna par Debuchy. Jenkinson a été prêté et nul doute que Bellerin sera rapidement promu en équipe première pour servir de back-up. De plus, la polyvalence de Chambers lui permet de jouer arrière droit, arrière central et même milieu défensif (une position qu’il aura certainement l’occasion de tenir cette saison). Il n’en demeure pas moins, qu’en tout et pour tout, Arsenal ne dispose que de 6 défenseurs dans son effectif (Gibbs, Monreal, Koscielny, Mertesacker, Chambers, Debuchy – en attendant Bellerin, qui n’a que 19 ans et très peu de matchs professionnels dans les jambes). Un secteur très juste donc, d’autant plus que malgré un début de saison prometteur, Chambers est très jeune et peu expérimenté.

Mais la principale interrogation concerne le milieu de terrain. Avec Arteta blessé, Flamini est le seul joueur capable de tenir « légitimement » le rôle de milieu de terrain en retrait, de type défensif. Cela n’est pas suffisant, et c’était déjà le cas l’année dernière. Flamini est un bon joueur, qui se bat sur le terrain (avec un petit peu trop d’entrain parfois) mais reste limité. A l’inverse, Arteta n’a plus le physique pour tenir une saison entière à son meilleur niveau. D’où certainement l’idée de Wenger de passer en 4-1-4-1 pour protéger au maximum le back-four.

Offensivement, il y a des options. Les postes de « 10 » et « 8 » sont largement pourvus. Il reste la question de l’attaquant de pointe : avec Giroud blessé jusqu’à l’aube de l’année 2015, il n’y a que Sanogo et… désormais Danny Welbeck comme solution. Evidemment, Sanchez, Walcott voire Campbell peuvent tenir ce rôle, mais ce n’est pas à proprement parler leur position. D’ailleurs, le rôle que Wenger souhaite confier à ce dernier n’est pas connu, il n’a joué que quelques minutes depuis le début de saison. Et puis il y aussi le vrai faux-départ de Podolski : le tout récent champion du monde aurait dû partir, mais la blessure de Giroud a tout chamboulé, pour qu’il reste finalement au club.

Il est difficile d’émettre des jugements clairs sur la saison à venir des Gunners. Il est préférable d’attendre avant de juger, mais beaucoup de questions (et d’incompréhensions) demeurent quant à ce mercato estival que la majorité des supporters juge incomplet. A suivre.

Jeremy Docteur

Louis Van Gaal a t-il raison de s’obstiner avec le 3-5-2 ?

louis-van-gaal

Quatre matchs, zéro victoire. Tel est le bilan de Louis Van Gaal avec Manchester United depuis le début de la saison. Après chaque contre-performance, les critiques fusent sur l’entraîneur néerlandais pour son choix de débuter la campagne 2014-2015 en 3-5-2. Même la correction reçue face au MK Dons en Capital One Cup (4-0) en milieu de semaine n’a pas réussi à convaincre l’ancien sélectionneur des Pays-Bas de changer de système et c’est cette fois-ci, c’est Burnley qui a accroché les Red Devils samedi (0-0). Mais la détermination du coach Mancunien reste intacte, surtout avec les récentes arrivées de Daley Blind et Angel Di Maria. Mais ce système est-il fait pour Manchester United ? Tour d’horizon du système Van Gaal.

  • Un choix par défaut
  • Un recrutement qui colle au 3-5-2
    • Angel Di Maria
    • Blind & cie
  • Juste de la patience

Un choix par défaut

En Angleterre, le choix de jouer en 3-5-2 a longtemps paru impossible jusqu’à l’année dernière et la réussite de Steve Bruce avec Hull City, qui a perdu la finale de la FA Cup avec cette formation. Aligner trois défenseurs sur le terrain devient de plus en plus possible désormais, même pour Manchester United, qui n’a jamais cessé de débuter une rencontre avec quatre joueurs derrière et d’attaquants rapides sur les côtés ces dernières années.

Fort du succès des Pays-Bas à la Coupe du Monde avec qui il a atteint les demi-finales, Louis Van Gaal a décidé de renouveler le système qui lui tient désormais à coeur, le 3-5-2. S’il a choisi d’opter pour une telle tactique avec les Oranje, c’était avant tout pour faire face à la grave blessure de Kevin Strootman. Van Gaal est connu pour être un adepte du système à trois défenseurs. En 1992, il mène l’Ajax à la victoire en Coupe de l’UEFA face au Torino, avec en défense un certain… Danny Blind, père de la nouvelle recrue Mancunienne qui semble avoir les mêmes caractéristiques que son père. Trois ans plus tard, c’est en remportant la Ligue des Champions en 1995, contre le Milan de Capello (qui avait lui-même battu le Barça de Cruyff en finale un an plus tôt), qu’il atteint la gloire avec le club d’Amsterdam.

Pourtant, ce n’est qu’en mars dernier qu’il choisit le 3-5-2 comme système favori. Quand Manchester United le sollicite, il comprend vite que l’effectif de son futur club comporte des similitudes avec celui de sa sélection, et les mêmes questions se posent à lui : comment mettre les trois meilleurs joueurs de son effectif dans les meilleures conditions quand ces derniers sont des éléments offensifs, tout en gardant un équilibre défensif cohérent ? Au Brésil, il s’appuie sur le trio Sneijder – Robben – Van Persie; à Man U, il devra tout faire pour mettre en lumière le duo Van Persie – Rooney, ainsi que Juan Mata, arrivé au mercato d’hiver dernier et que Januzaj peut très bien suppléer, ce dernier ayant trop souvent été positionné sur un côté la saison passée. Pour Van Gaal, se priver d’un joueur comme l’ancien meneur de Chelsea en position de numéro 10 est du gâchis et le mettre sur un côté n’aiderait pas l’équipe à exploiter toutes ses capacités. De plus, la chance de disposer d’une doublette d’attaque parmi les meilleures du monde avec Rooney et Van Persie (quand ils sont en forme) doit aussi servir l’équipe. Hors de question donc de mettre un des trois joyaux du club dans une position qui ne lui est pas préférentielle.

Le 3-5-2 a ainsi été naturellement choisi par Louis Van Gaal. Ce système, inventé en 1982 par Ćiro Blažević, expérimenté par Bilardo avec Estudiantes la même année et rendu célèbre par les Croates (Zlatko Kranjčar, homme-clé de l’épopée 1982, coach en 1998 et Slaven Bilić, défenseur lors de la Coupe du Monde 1998 et sélectionneur en 2006, ont tous adoptés le 3-5-2), a notamment illuminé la Croatie de 1998 en France et qui a été éliminée en demi-finale par les Bleus. Il impose, comme le 3-4-3 dont est fidèle le Néerlandais, de disposer de deux défenseurs centraux cantonnés au marquage individuel, et d’un défenseur de rechange. L’effectif doit aussi comporter deux joueurs de côté, comme l’étaient Mario Stanic et Robert Jarni en 1998 avec la Croatie, dotés d’un bagage technique suffisant pour créer la supériorité numérique mais également d’un grand sens tactique pour éviter de laisser des brèches derrière eux.

Un recrutement qui colle au 3-5-2

Jouer en 4-2-3-1 comme l’année dernière sous David Moyes (avec Rooney en milieu offensif axial) condamnerait ainsi Juan Mata ou Adnan Januzaj et obligerait United à recruter des joueurs de côté, dans un secteur où le club est assez pauvre. L’autre option pouvait être un 4-4-2 losange, mais la défense centrale n’est pas le point fort des Red Devils et ni Carrick, ni Fletcher ne semblent disposés à jouer un rôle de sentinelle devant la défense. Cela uvant former un triangle défensif pour compenser les montées des latéraux très offensifs que sont Shaw ou Valencia, à l’image de ce que fait Busquets avec le Barça.

Angel Di Maria

Le problème de l’attaque réglé, Van Gaal a dès lors concentré tout son mercato sur le renforcement des autres postes importants et a tout fait pour avoir les joueurs convenant parfaitement à sa philosophie. L’investissement le plus important concerne Angel Di Maria, acheté au Real Madrid pour une soixantaine de millions de livres et devenant le plus gros transfert de l’histoire de la Premier League.

Pour LVG, une tactique à trois défenseurs offre une certaine sécurité défensive si ses hommes concèdent une contre-attaque et n’expose pas sa défense à un grand danger. Mais cela ne se valide qu’à la seule condition d’avoir des milieux capables de compenser les attaques des deux arrières latéraux censés apporter le surnombre offensif. Si la tâche incombée à Seedorf et Davids était plus compliquée à tenir en 1995 de part le rôle très offensif de ses attaquants, la mission de Di Maria sera identique cette année à Manchester. Le poste qui lui va à merveille dans le 3-5-2 est évidemment celui du joueur positionné à gauche du trident de l’entrejeu, à l’image de sa saison précédente avec le Real Madrid, où il fut le principal artisan de la victoire en Ligue des Champions. Il a compensé à merveille les errements défensifs de Cristiano Ronaldo et les montées de Fabio Coentrao ou Marcelo dans le 4-3-3 d’Ancelotti. Impressionnant d’activité, intelligent et prêt à se sacrifier pour l’équipe, il constitue un choix parfait de la part du coach mancunien. Il n’aura pas d’ailier à soutenir (sauf quand Rooney repique vers la gauche) et son rôle sera différent en Premier League, mais nul doute qu’il sera un des hommes forts du Manchester United version Van Gaal.

Face à Burnley, l’activité d’Angel Di Maria a fait de lui le premier homme du pressing mancunien, n’hésitant pas à sortir sur le porteur du ballon voire sur le gardien de but adverse, permettant ainsi une récupération rapide du ballon.

Evidemment, ses qualités offensives qui font de lui un des meilleurs joueurs du monde ne sont pas à négliger, surtout sur contre-attaque. Les quelques promesses entrevues ce week-end lors du déplacement à Burnley laissent entrevoir de bons présages pour l’Argentin.

Blind & cie

Les autres joueurs recrutés rentrent aussi dans cette optique. Parmi eux, Marcos Rojo, en attente d’un permis de travail, a été acheté 20 millions d’euros au Sporting Portugal pour devenir le défenseur central gauche de United. Polyvalent et pouvant jouer aussi arrière gauche, il renforce la défense décimée des Red Devils. Van Gaal compte aussi beaucoup sur Ander Herrera, l’ancien milieu de terrain de l’Athletic Bilbao pour compléter l’entrejeu. Luke Shaw est quant à lui un arrière gauche offensif comme Manchester en a besoin.

Enfin l’arrivée la plus récente et peut-être la plus importante est celle de Daley Blind, arraché à l’Ajax d’Amsterdam. Positionné arrière gauche à la Coupe du Monde avec les Pays-Bas, il peut également occuper le poste de sentinelle ou être un des deux éléments d’un double pivot. Louis Van Gaal le connaît parfaitement bien et sait mieux que personne la plus-value qu’il peut apporter.

Selon LVG, "Dans le football moderne, les défenseurs centraux sont devenus aujourd’hui de vrais meneurs de jeu". Il explique ainsi que le numéro 10 ne peut plus contrôler à lui seul le match comme auparavant. Dans toutes ses équipes à trois défenseurs, il a donné les clés du jeu à son numéro 4 (Wim Jonk en 1992, Riijkard en 1995) qui était généralement doté d’une grande technique. Hiddink a aussi utilisé Seedorf, qui n’est pas un défenseur naturel, à ce poste. Si l’ancien entraîneur du Bayern a fait de Danny Blind un de ses joueurs clés dans son Ajax des années 90, il peut aussi faire de même avec Daley. Contrairement à son père, il n’est pas libéro; mais si le défenseur central gauche de Van Gaal doit être capable de réaliser des passes longues comme l’était De Boer, alors Daley Blind est l’homme parfait pour ce rôle, s’il évolue dans l’axe de la défense, comme en témoigne sa superbe passe lointaine contre l’Espagne pour la tête incroyable de Van Persie. Di Maria a aussi montré qu’il en était capable contre Burnley.

Juste de la patience

Si les résultats actuels ne parlent pas pour lui, Louis Van Gaal semble cependant bénéficier d’un privilège que n’avait pas David Moyes : du temps. Le coach reconnaît lui-même qu’il "charge beaucoup les cerveaux de ses joueurs, et cela demande du temps". Comme il l’a rappelé en conférence de presse, ses débuts ont toujours été poussifs dans ses anciens clubs même s’il a fini par remporter des titres. Révolutionner tactiquement un club historique comme Manchester United n’est pas chose aisée. La famille Glazer, propriétaire du club, a accepté d’accorder du temps à l’ancien sélectionneur des Oranje avant de le faire signer.

Après le nul face à Sunderland, Van Gaal a affirmé qu’il était envieux de ses adversaires du jour, qui n’avait qu’un seul joueur à la Coupe du Monde. Manchester, lui, avait 16 joueurs partis lors du mois de juin et ces absences ont tronqué leur préparation. Cette dernière, pas aidée non plus par le voyage aux USA cet été. Certains joueurs doivent aussi s’adapter à leurs nouveaux postes, comme Ashley Young, qui doit désormais jouer dans un rôle plus exigeant défensivement. Les Red Devils ont aussi quelques blessés et attendent ces retours ainsi que l’arrivée des recrues dont l’absence a obligé LVG a faire jouer beaucoup de jeunes comme Blackett et les frères Keane.

Après quelques mois, l’équipe entière sera certainement mieux rôdée. Louis Van Gaal est sûr de lui et convaincu que le 3-5-2 est le meilleur système pour jouir des pleines qualités de chaque joueur de son effectif. Pour lui, la tactique prime plus que l’effectif, et il a axé son recrutement en fonction de sa philosophie que ses hommes doivent désormais imprégner.

Sacha Dahan

WBA : c’est quoi ça ?

Soccer - Barclays Premier League - West Bromwich Albion v Wolverhampton Wanderers - The Hawthorns

West Bromwich Albion. Si ce nom est certainement le plus pourri de la Premier League et le club l’un des moins médiatisés en France, PetitPontMoulon n’en a que faire. Supporter des Baggies et académicien spécialisé du club sur Horsjeu.net, « PPM » joue pour la première fois le rôle de l’invité afin de donner son avis sur le mercato du club, ses objectifs, et son début de saison.

Après la montée en 2010, West Bromwich a réussi trois saison très correctes (11ème en 2011, 10ème en 2012, 8ème en 2013) avant de se sauver de justesse l’an dernier (17ème). A tes yeux, c’est juste une erreur de parcours ou le mal est plus profond que ça ?

Je pense que le club s’est assis sur ses lauriers après avoir fait deux ou trois saisons plutôt correctes. L’année dernière, au delà de l’histoire "Anelka", le club a multiplié les choix curieux. L’équipe est aussi très faible défensivement et le club n’a pas l’air décidé à y remédier. Attention donc.

Durant le mercato, le club a connu énormément de mouvements avec pas moins de 10 arrivées et un nombre de départs quasi-similaire. Ce grand coup de balais était-il nécessaire à tes yeux ?

Au mercato hivernal dernier, seul Diego Lugano était venu "renforcer" la défense. Le joueur était très utile sur les coups de pieds arrêtés mais est bien trop lent, malgré un placement souvent très juste. Cette année, l’arrivé de Lescott est intéressante et le jeune Wisdom (prêté par Liverpool) sera à surveiller.

Les arrivées de joueurs comme Lescott, Varela, Ideye et surtout le grand Samaras, t’en penses quoi ? On suppose l’amoureux du football vrai dois se réjouir de l’arrivée de beau Georgios…

Je suis clairement satisfait des arrivées de Samaras (qui était libre) et de Varela (prêté par Porto). Brown Ideye, j’ai été dans un premier temps heureux mais quelque chose me dit qu’il ne faudra certainement pas que je m’enflamme. J’avais eu le même sentiment avec Anichebe. Les spécialistes de la Premier League le connaissent, et pas forcément en bien.

Concernant Samaras, c’est un vaillant. Il m’a toujours plu. J’avoue. Mais j’évite de m’enflammer avec WBA désormais. Attendons de voir ce qu’il peut faire aujourd’hui en Premier League, lui qui avait été plutôt performant avec City, il y a maintenant 6 saisons.

Après deux journées de championnat le club a réussi deux matchs nuls, face à Sunderland (2-2) et à Southampton (0-0). Comment juges-tu ce début de championnat ?

Disons que quand tu suis régulièrement West Brom, le premier nul face à Sunderland est une habitude. Un match valeureux, du jeu malgré beaucoup de Kick&Rush, mais une défense maladroite et déconcentrée dans les dernières minutes. Éternel recommencement.

Au final, les objectifs de  West Bromwich Albion cette saison c’est quoi ? Le maintien façon Guy Roux ? Un exploit en coupe ?

J’ai trop de respect pour Guy Roux pour le comparer aux différents entraîneurs passés par WBA (rires). Plus sérieusement, je pense qu’un exploit en coupe est compliqué. Il n’y a qu’à voir le dernier match de coupe de la ligue contre Oxford mardi soir (1/1 – TaB 7/6) pour voir que ce n’est pas la spécialité de l’équipe.

Pour ce qui est du championnat, jouer le maintien est peut être (malheureusement) un bon résumé des objectifs même si comme la plupart des équipes de second rang, il y a toujours une envie de faire mieux que de se battre pour se maintenir. Réponse dans une dizaine de matchs.

On a été un peu trop sérieux pour le moment. Si tu devais comparer ton équipe de WBA a une équipe de Ligue 1,  laquelle serait-elle ?

Evian défensivement. Lorient dans le jeu offensif. Tu mélanges le tout et tu as des matchs emballés avec parfois du très beau jeu, et parfois d’énormes désillusions.

Toi qui es également supporter de l’OM tu es plutôt Nwankwo Kanu ou Brandao ? Histoire de comparer ce qui est comparable dans les histoires respectives des deux clubs. 

Brandao. Sans hésiter.

Difficile de finir cette interview sans te poser LA question que tout le monde se pose : comment devient-on amoureux d’un club comme West Bromwich Albion ?

Honnêtement, je ne vais pas te mentir. Mon cœur ne bat que pour l’OM. Mais, toujours en toute honnêteté, les matchs de West Brom m’ont toujours plu. Et le nom du club passe bien. J’ai surtout vibré il y’a 2 ans lorsqu’ils ont battu Liverpool à domicile. Anfield était silencieux (ndlr, pléonasme). J’adore. Et puis maintenant ça me permet d’écrire des académies pour l’excellent site HorsJeu.net.

N’hésitez pas à suivre Petit Pont Moulon sur Twitter (@PetitPontMoulon), et retrouvez ses articles sur Lefootballvrai et sur HorsJeu

Di Maria à Manchester United : oui mais pour jouer où ?

louis+van+gaal-3-1024x1024

En signant Angel Di Maria, Manchester United a réalisé l’un des plus gros coups de ce mercato. Gros par le montant tout d’abord (75M€ + entre 5 et 15M€ bonus), ce qui en fait le transfert record pour un club anglais. Mais aussi pour le plus que ce joueur peut apporter à un effectif qui avait indéniablement besoin d’un coup de boost après un exercice 2013/2014 en demi-teinte. Néanmoins, ce recrutement risque de créer un véritable casse-tête à Louis Van Gaal par rapport au rôle qu’il souhaite confier à Di Maria sur le terrain.

Di Maria, retour à un rôle d’ailier ?

 Si Angel Di Maria a éclairé le jeu du Real Madrid l’an dernier en jouant milieu relayeur aux côtés de Modric et de Xabi Alonso, il semble en effet plus compliqué pour lui d’occuper ce rôle dans le 3-5-2 mis en place par Louis Van Gaal. Au niveau de la physionomie actuelle, Fletcher et Herrera semble tenir la corde dans le rôle des milieux juste devant la défense, en attendant le retour de blessure de Carrick. La logique voudrait que Di Maria prenne alors place sur une aile, plus précisément celle détenue actuellement par Ashley Young. Mais est-ce réellement le bon choix ? Dans le schéma du 3-5-2, ce poste nécessite de beaucoup courir et de défendre constamment sur les montées des latéraux adverses. Or si Di Maria a déjà prouvé par le passé que c’était un ailier de grande qualité, il n’a jamais eu l’âme d’un grand défenseur. Lui faire perdre de l’énergie en défendant sur 90 minutes semble être une solution peu adéquate à son type de jeu.

3-5-2 avec Di Maria

ManUntd - Football tactics and formations

Le choix d’un 4-4-2 pourrait permettre à Di Maria de retrouver un vrai rôle d’ailier. Sur l’aile gauche avec Luke Shaw derrière lui, ou sur l’autre aile avec un Valencia ou un Phil Jones (Van Gaal ne semblant pas compter sur Rafael). On se retrouverait donc avec Mata et Di Maria sur les ailes… ce qui pose le problème d’avoir deux gauchers, choix rarement plébiscité par les entraineurs.

4-4-2 avec Di Maria 

Manchester United - Football tactics and formations

Le 4-2-3-1 serait alors une option plus que plausible avec Di Maria sur l’aile droite, Mata à gauche et Rooney en numéro 10 qui pourrait permuter facilement avec l’espagnol afin d’offrir une plus grande liberté à un joueur qui ne demande qu’à s’exprimer dans un rôle de meneur de jeu.

Le 4-2-3-1 avec Di Maria

Manchester United 4-2-3-1 with Di Maria - Premier League - Football tactics and formations

Mais Di Maria ailier, est-ce réellement la bonne solution ? L’an dernier, l’Argentin a explosé en tant que milieu relayeur au Real Madrid, réalisant sa meilleure saison dans la capitale espagnole depuis son arrivée au club en 2010. Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : 12 buts mais surtout 25 passes décisives toutes compétitions confondues et une influence capitale sur le jeu offensif des Merengues. Van Gaal n’aurait-il-pas intérêt à s’adapter au nouveau rôle de sa nouvelle star ?

Le 4-3-3  : comme une évidence ?

Et si elle était là, la véritable solution : une défense à quatre – Rafael (voir Valencia), Jones, Rojo, Shaw -, un milieu composé de Carrick-Herrera-Di Maria, et une ligne de trois devant Mata- Van Persie-Rooney. Ce dispositif apportait un réel plus à cette équipe de Manchester qui manque cruellement d’un milieu capable de faire le relai entre la défense et l’attaque. Les deux premiers matchs de la saison ont montré toutes les difficultés de l’équipe à créer du mouvement offensivement, si bien que Mata et même Rooney doivent aller chercher les ballons dans leur propre camp. Avoir une solution comme Di Maria dans ce milieu permettrait d’avoir un réel détonateur qui pourrait porter rapidement le ballon devant, especially (la rédaction parle mal le français et voulait absolument faire un néologisme) avec un joueur comme Herrera. En effet, l’espagnol a une grande capacité à ressortir le ballon proprement et intelligemment, ce qui n’est pas sans rappeler l’entente que possédait Di Maria avec des joueurs comme Modric ou Xabi Alonso l’an dernier.

4-3-3 avec Di Maria 

Man U - Football tactics and formations

Le point noir de ce dispositif a toutefois été soulevé par Van Gaal après le match face à Sunderland dans une interview au Guardian : « Si je veux jouer en 4-3-3, je dois choisir entre Rooney et Van Persie, par exemple. Chaque système à ses différentes priorités et cela nécessite des choix. Je suis un fan du 4-3-3, ce système étant notamment intéressant pour le pressing mais je pense qu’avec ces deux joueurs là, nous devons jouer dans un autre système ».  Vrai dans un 4-3-3 classique, mais ce dernier peut facilement se transformer en 4-3-1-2, ce qui placerait Mata directement en position de numéro 10 derrière Van Persie et Rooney, sans bouger le milieu à trois dont ferait parti Di Maria

Le 4-3-1-2 avec Di Maria 

Man U - Football tactics and formations

Et le discours de l’entraineur néerlandais semble aller dans ce sens après l’arrivée de Di Maria et la débâcle reçue face à Milton Keynes (4-0) en Coupe mardi soir : " Avec Di Maria, nous pouvons changer de système. Il peut jouer au milieu ou sur les ailes". Un discours qui semble déjà bien loin de celui affiché le week-end dernier…

 Alors, premier élément de réponse afin d’indiquer la futur formation pour l’opposition du week-end face à Burnley ou ultime intox ? Lui seul connait la réponse. Et nous sommes tous curieux de connaître cette dernière.


Julien Choquet

Fan inconditionnel de Manchester United, j’alimente ma passion avec les inspirations de Robin Van Persie et les passes en retrait géniales de Tom Cleverley. Aspirant journaliste sportif, j’essaierais d’être le plus neutre possible sur ce blog. Sauf quand je parlerai de Liverpool. Et de City.

Everton : Les Toffees ont faim

La classe à Dallas

La classe à Dallas

On continue notre petit tour d’horizon des clubs de Premier League. Aujourd’hui, ce sont les Toffees d’Everton qui vont être au centre de l’attention. Roberto Martinez a repris le club à l’été 2013 et le club n’a cesser de progresser depuis lors. Everton grappille des places au classement d’année en année pour finalement terminer à la 5e place l’année passée. Everton peut-il passer l’échelon supérieur ? C’est ce que nous allons essayer de savoir.

Pour en parler, Loïc, supérieur assidu des Toffees, a accepté de répondre à nos questions. Il tient depuis 1 an et demi le compte @FrenchToffees sur Twitter où il vous tiendra au courant de tout ce qui touche de près ou de loin à Everton.

Beaucoup d’éléments de l’effectif étaient des joueurs prêtés la saison passée. Cela va-t-il se ressentir cette année selon toi ?

Pas forcément, puisque nous sommes parvenus à faire signer Barry et Lukaku. C’est dommage de ne pas avoir pu conserver Deulofeu, mais aucune option d’achat n’était incluse dans le prêt donc on s’y était préparé au préalable. Certaines rumeurs de prolongation de prêt ont commencé à s’éparpiller sur le net au printemps dernier, mais on savait très bien que ça n’allait pas pouvoir se faire, car le Barça a toujours souhaité le récupérer en juin. On a participé à son développement et c’est plutôt une bonne chose car il a réalisé une très bonne saison chez nous, et c’est ce qu’on gardera en mémoire. Je ne m’étendrai pas sur le cas Traoré, blessé une grande partie de la saison et que vous n’avons quasiment pas vu sous le maillot Bleu, et c’est bien dommage.

Il manque cependant un ou deux éléments au niveau de la défense. On a vu la saison passée qu’en cas de pépins physiques ou de coup de moins bien venant de certains joueurs, on était un peu juste en termes de possibilités.

Barry a été signé libre de tout contrat. Lukaku acheté définitivement. Atsu en prêt. Besic recruté. Que penses-tu de ce recrutement ? Quel(s) poste(s) reste(nt) malgré tout à pourvoir ? Penses-tu qu’ils le seront ? Dans le cas contraire, l’effectif est-il assez fourni ?

Dans la mesure où Gareth Barry et Romelu Lukaku ont été deux de nos principaux atouts la saison passée, il est évident qu’on ne peut être que satisfaits de ces deux signatures. Ce dernier est resté en contact avec le staff et une majorité de joueurs d’Everton avant, pendant et après le Mondial. Nous n’étions sûrs de rien mais restions intimement persuadés qu’il allait poser le stylo sur le papier une seconde fois.

Concernant les nouvelles recrues, je connaissais – comme pas mal de gens – Besic depuis cet été seulement, depuis son Mondial plus que satisfaisant. Quand j’ai su que Roberto Martinez le suivait depuis quelques mois déjà, je me suis mis à rechercher son nom sur le net (histoire de rattraper mon retard sur ses performances dans le championnat hongrois), et je suis tombé sur quelques phases d’attaque plutôt surprenantes. C’est un joueur technique et agile, qui correspond à peu près (pour ne pas dire complètement) à notre façon de voir le jeu. Et ça n’a pas loupé, Besic a impressionné lors de son premier match en amical avec les Blues. Un peu trop fougueux et énervé sur le terrain face à Paderborn, il a montré qu’il savait se montrer agressif, un peu trop. Beaucoup de qualités donc, même s’il doit faire attention sur ce dernier point. Concernant Atsu, là aussi, Martinez le voulait absolument et on lisait ce nom un peu partout depuis plusieurs mois à Everton. Très bon avec le Ghana et la saison passée à Arnhem, je ne peux qu’être satisfait.

Il manque cependant un ou deux éléments au niveau de la défense. On a vu la saison passée qu’en cas de pépins physiques ou de coup de moins bien venant de certains joueurs, on était un peu juste en termes de possibilités. Même si quelques jeunes ont montré de très jolies choses lors de l’intersaison, je pense effectivement que nous aurions besoin d’un défenseur central qui puisse dépanner à droite car Hibbert commence à avoir un peu de mal à doubler Coleman. Ensuite, je ne suis pas contre une nouvelle option offensive, mais l’urgence n’est pas la même.

L’arrivée de Roberto Martinez a coïncidé avec l’excellente saison d’Everton. Quel impact a-t-il eu au club ? Quelles sont ses forces ?

Moyes a installé une certaine base sur le jeu d’Everton, ce n’était donc pas si simple de prendre son relai. Martinez a su rajouter les bons ingrédients à cette base. Un peu bête à dire, mais sa culture de jeu espagnole n’est pas étrangère à sa période à Wigan. Il aime le collectif, le jeu offensif, et ça nous a plutôt réussi ces derniers mois.

Quel sera selon toi le onze « titulaire » d’Everton cette saison ? Sera-t-il supérieur qualitativement à celui du précédent épisode ?

Howard; Baines, Distin, Jagielka, Coleman; Barry, McCarthy; Barkley, Mirallas, McGeady; Lukaku. Possibilité d’inclure Pienaar à gauche. Atsu, Besic et Naismith (voire Osman) auraient aussi leur place dans ce XI type. Ne pas oublier que nous aurons besoin d’un certain turn-over car nous jouerons la Ligue Europa.

Mis à part Deulofeu, nous n’avons perdu aucun joueur important de l’effectif. Nous avons au contraire récupérer certains éléments blessés de longue date comme Pienaar et Gibson. Oviedo et Koné sont aussi sur le point de faire leur retour. À cela s’ajoutent les signatures intelligentes de Roberto. Je pense que nous pouvons nous montrer encore plus dangereux offensivement.

Peux-tu nous parler de Barkley ? Il est vu comme un très grand espoir du foot anglais. Penses-tu qu’il peut continuer de progresser et confirmer son talent cette saison ? (ndlr : à l’écriture de ces quelques lignes, la grave blessure du joueur n’était pas connue. En effet, il pourrait être absent jusqu’à 5 mois)

Pur produit de la maison, Barkley est une des révélations de PL la saison passée. Il est encore très jeune, on a tendance à l’oublier, et je pense en effet qu’il peut encore évoluer. Il s’est montré excellent lors de plusieurs matchs, je ne serais pas surpris, malheureusement pour nous, s’il ne résistait pas aux sirènes de quelques gros clubs européens qui le suivent déjà à la trace. À moins qu’il souhaite rester très longtemps, comme il l’a dit lors de sa récente prolongation, mais bon, le football…

2

Lukaku a été acheté pour près de 30M€ ce qui représente une très grosse somme. Est-ce qu’il les vaut ? Comment le mettre dans les meilleures conditions pour qu’il brille ?

Ce débat ne rime plus à grand-chose dans le football. L’argent est tellement présent qu’on fait semblant d’être étonné lorsqu’un très bon jeune est vendu pour une somme astronomique… Que dire des transferts de certains clubs cet été ? On a vu des sommes bien plus importantes (le double, voire le triple de cette somme-là !). Difficile d’affirmer que tel joueur vaut ou ne vaut pas tel somme d’argent, ça ne veut tellement plus rien dire… Ce que je sais, c’est que même si Everton était à fond sur Lukaku, d’autres clubs souhaitaient également le faire signer. Que fait un club/un entraîneur lorsqu’un jeune est suivi de près par plusieurs clubs ? Il en demande toujours plus, et c’est ce qu’a fait Mourinho.

Pour en venir aux conditions, il a forcément besoin de bons éléments latéraux, et il me semble que c’est le cas chez nous, pour pouvoir briller. Il n’est pas parfait, et reste un jeune joueur, je pense que comme Barkley, c’est un talent en évolution.

Distin a réalisé une saison de haute volée. Avec Jagielka, Everton s’est montré solide. Baines est toujours là malgré les rumeurs de départ et Coleman ne cesse de progresser. Que penses-tu de cette défense ? A-t-elle les armes pour tenir le choc ?

On ne va pas se mentir, cette défense a été l’une des plus solides de PL la saison dernière. Les gars se connaissent par cœur et c’est franchement difficile de faire bouger la hiérarchie en défense. Distin n’est plus tout jeune, mais reste excellent en général. Il nous faudrait cependant préparer l’avenir en piochant dans l’équipe U21, et c’est ce qu’a commencé à faire Roberto Martinez cet été. Cette défense-là peut complètement réitérer les performances de la saison passée, dans la mesure où le staff médical prend un peu plus soin d’elle…

1

Quel est selon toi le secteur le plus fort d’Everton ? Le plus faible ? Et pourquoi ?

Le secteur défensif est pour moi l’atout principal de notre club. En revanche, le souci c’est quand tu as un ou plusieurs joueurs offensifs importants qui se blessent, que tu ne reconnais plus ton équipe, que tu t’ennuies en les regardant. Cela nous est arrivé en fin de saison, quand Arsenal a rattrapé son retard sur nous. J’imagine que ça devient compliqué quand tu ne trouves plus tes automatismes.

Quels sont les jeunes joueurs à suivre cette saison ?

Je pourrais te sortir une bonne dizaine de noms de très bons jeunes qui constituent la fameuse School of Science. Browning, Garbutt, Long, McAleny sont les plus proches de l’équipe première. À la manière de Barkley et Duffy il y a 2-3 saisons, je ne serais pas surpris de les voir grappiller des bouts de match au fil de la saison.

8e en 2010, 7e en 2011 et 2012, 6e en 2013 et 5e en 2014… Si je suis la logique, nous pouvons être prétendants au top 4. Ce serait l’idéal, mais dans la réalité des choses, nous visons le top 5.

A Everton, le collectif semble être la grande force de l’équipe. Que penses-tu de cela ? Peut-on mettre en avant un joueur plus qu’un autre malgré tout ?

Il est vrai que le collectif, que j’ai pointé du doigt un peu plus haut, est certainement notre point fort, notre principale arme. Nous bénéficions de talents en devenir, de très bons jeunes internationaux, et quelques trentenaires gaillards. Lukaku, Barkley, Mirallas, Howard, Baines, Coleman, Jags… Difficile de mettre en avant un unique joueur.

Qu’attends-tu de cette saison ? A quoi Everton peut-il prétendre selon toi ?

8e en 2010, 7e en 2011 et 2012, 6e en 2013 et 5e en 2014… Si je suis la logique, nous pouvons être prétendants au top 4. Ce serait l’idéal, mais dans la réalité des choses, nous visons le top 5. Les grosses écuries du championnat se sont considérablement renforcées, et la prise de poste de van Gaal ne devrait faire que remonter un MU en panique par rapport au précédent exercice. Une 5e place nous réserverait une nouvelle place directe pour l’Europa League, à laquelle nous allons d’ailleurs participer cette saison. J’aimerais beaucoup que les joueurs s’arrachent dans cette compétition. Nous avons été une des « surprises » de PL la saison passée, pourquoi ne pas tenter le coup en Europe ? Notre effectif s’est enrichi, et si nous jouons de la même manière, voire mieux, que la saison passée, alors il n’y a pas de raison de ne pas croire à un top 5.

Bonus My Premier League : que penses-tu de Tim Cahill ?

Un héros, adoré par chaque Evertonian. Il a fait notre bonheur pendant huit saisons et est un peu notre Dieu moderne, à la manière d’Henry à Arsenal.

Je n’oublie pas les légendaires Dixie Dean, Graeme Sharp, Kevin Ratcliffe, Dave Watson, Brian Labone, Howard Kendall… Mais surtout Neville Southall et Duncan Ferguson, qui font partie de l’Histoire d’Everton et de la PL plus généralement.

Jeremy Docteur