Preview: QPR avec l’objectif d’apprendre des erreurs du passé

Un peu plus d’un an après la descente honteuse en Championship, les Queens Park Rangers sont de retour en Premier League. Les principaux acteurs sont toujours là, que ce soit Harry Redknapp ou le président Tony Fernandes, mais le discours a changé et l’effectif aussi, avec pour but d’éviter le même résultat qu’il y a deux saisons.Derby+County+v+Queens+Park+Rangers+Sky+Bet+nMZLhGSA45tl

Un retour dans l’élite plus que compliqué

Si QPR peut se targuer d’être une des rares équipes à parvenir à remonter directement en Premier League, cela fut extrêmement incertain jusqu’au bout. En effet, malgré un début de saison solide, avec une défense infranchissable et la nouvelle recrue offensive, Charlie Austin pour aligner les buts, cet équilibre allait très tôt être mis à mal; l’un des coachs du club, Steve McClaren allait quitter le club pour reprendre le poste de numéro un à Derby County, et Charlie Austin allait se blesser, en janvier. Ainsi, envolée la sérénité défensive des R’s, et les arrivées de Ravel Morrison, Kevin Doyle, et Modibo Maiga ne suffiraient pas à combler le vide laissé par l’absence du solide attaquant anglais. De ce fait, QPR glissa, de la deuxième place, pour devoir finalement lutter pour une participation aux Play-Off.

La participations aux Play-Off assurée en toute fin de saison, QPR dut tout d’abord se débarasser de Wigan, en deux manches, dont la deuxième marquant le retour aux affaires de Charlie Austin, lequel inscrivit deux goals pour éliminer le club du nord de l’Angleterre, et ensuite rencontrer l’équipe en forme, Derby County, dans une finale à Wembley qui s’annonçait plus que compliquée. Ironie du sort, que cette opposition face aux Rams de Steve McClaren, qui était encore à Loftus Road sept mois auparavant, et qui allait dresser sa talentueuse équipe sur le chemin des londoniens. Et contre toutes attentes, ce fut Bobby Zamora, au bout du temps additionnel, qui permit a des Rangers à 10 contre 11 de sortir du purgatoire après une saison seulement.

Zamora envoyant QPR en Premier League. (I: Zimbio)

Zamora envoyant QPR en Premier League. (I: Zimbio)

Les Transferts: Un changement de philosophie

Pour préparer leur retour dans l’élite, le président Fernandes, appuyé par Redknapp, ont seriné qu’un vent de changement, lancé l’été dernier, soufflait à présent sur le club de West-London. Terminé les joueurs sur-payés, vieillissants et pas franchement motivés comme ce fut le cas sous Mark Hughes, comme Ji-Sung Park, Bosingwa, et autres mercenaires. QPR ne pouvait plus être un club où de bons joueurs viennent mourrir, comme l’a répété le vice-capitaine Joe Barton. A présent, l’équipe serait bâti sur des jeunes talents ayant quelque chose à prouver, et des vétérans irréprochables pour guider les plus jeunes. Si cela a déjà été appliqué la saison dernière, avec notamment les transferts des talents du Championship, Austin, de Burnley, ou Matt Phillips, de Blackpool, ou encore des tauliers en la présence de Richard Dunne, ou Karl Henry.

Si tous les regards étaient tournés sur Redknapp et Fernandes lors du début de la période des transferts, la tâche n’allait pas être facile, avec moins de quinze joueurs encore sous contrat, et donc, d’énormes manques à combler, et un nouveau système tactique à embrasser, suite au choix de Redknapp de passer à un 3-5-2 très en vogue. Ces changements allaient être  traduit par le remaniement de la défense, avec engagement de Rio Ferdinand, qui a accepté de réduire considérablement son salaire pour venir jouer le prolongement de Redknapp sur le terrain, et de  Steven Caulker, défenseur de 22 ans aux portes de l’équipe nationale. Redknapp allait également profiter de la descente de Cardiff pour leur subtiliser Jordon Mutch, un milieu créatif auteur de 7 buts l’an dernier avec les gallois, pour un montant combiné de 14 millions de Livres. De plus, l’une des bonnes affaires de la saison pourrait bien être l’emprunt de Mauricio Isla, en provenance de la Juventus, pour occuper le poste de wing-back, de ce fameux 3-5-2 que Redknapp souhaite installer en vue de la saison prochaine. Cependant, l’équipe actuelle est encore pas complète, et Adel Taarabt et Loic Rémy (malgré son transfert avorté à Liverpool) pourraient encore suivre Esteban Granero par la porte de sortie, ce qui pousserait les dirigeants à investir encore, avec des négociations avec le milieu Jonathan DeGuzman et l’attaquant Sigthorsson, en provenance de Villareal et de l’Ajax, respectivement.

Caulker et Mutch: 12 buts pour Cardiff à eux deux l'an dernier. (I. Zimbio)

Caulker et Mutch: 12 buts pour Cardiff à eux deux l’an dernier. (I. Zimbio)

Un groupe solide, mais pas encore prêt

 Harry Redknapp l’a évoqué en interview: A quelques jours de la reprise du championnat, l’équipe n’est pas encore prête. La pré-saison a été compliquée, avec le changement de système encore à assimiler, et un groupe pas encore au complet, avec l’espoir d’engager encore trois à quatre joueurs (deux milieux et un attaquants), et l’incertitude liée aux départs possibles de Rémy, Taarabt, et Julio César. Tous ces facteurs pourraient déboucher sur un début de saison difficile, mais les bases sont là pour pouvoir raisonnablement viser le maintien.  En ce qui concerne le système de jeu, l’engagement de l’ancien sélectionneur anglais Glen Hoddle en tant que coach semble un bon pas, lui qui connait bien ce système de jeu, et qui pourrait même reprendre le poste d’entraineur à la fin de la saison, selon les rumeurs.

Mais si l’effectif manque encore de profondeur, et de talent offensif, le noyau de l’équipe est déjà la:

Une défense qui tient la route:

QPR affiche déjà (presque) complet derrière, avec la présence de Ferdinand et Caulker, fraîchement arrivés, mais également de Nedum Onuoha, l’un des meilleurs joueurs de la saison dernière, Redknapp a assuré ses arrières. De plus, les vétérans Richard Dunne et Clint Hill restent disponibles pour couvrir les éventuelles blessures. Si un point faible devait être décelé, il s’agirait probablement des postes de latéraux, en cas de défense à quatre; en effet, si à droite, les Rs peuvent compter sur Isla et Simpson, sur le côté gauche, Traoré n’offre pas toutes les garanties défensives, alors que Hill n’a pas les jambes pour assurer ce poste sur l’ensemble de la saison, et Yun le jeune coréen manque encore d’expérience. Mais dans l’ensemble, les joueurs présents semblent à même de protéger les cages de Robert Green.

Même si son rôle sera réduit cette saison, le capitaine Hill n'en reste pas moins important pour la cohésion du groupe.

Même si son rôle sera réduit cette saison, le capitaine Hill (à droite) n’en reste pas moins important pour la cohésion du groupe. (I. Zimbio)

Verdict:  8/10. QPR devra encaisser peu de goals s’ils veulent se maintenir, et avec les joueurs en place, cela semble réalisable.

Un milieu à densifier:

Pour ce qui est du milieu de terrain, de nombreux facteurs pourraient affecter les performances des londoniens. Si QPR ne manque pas de qualité en ce qui concerne les joueurs de couloir, avec Hoilett, Phillips, Shaun Wright-Phillips, Traoré ou encore Isla pouvant évoluer ailier droit, le milieu central manque un peu d’étoffe. Dans ce sens, si Joey Barton constitue la valeur sûre de l’équipe compte tenu de la saison dernière, et que Mutch pourra amener des ballons dangereux en allant vers l’avant, il manque encore beaucoup de personnel pour assister les deux anglais ci-avants. Faurlin devrait figurer aux côtés de Barton, mais nul ne sait son réel niveau de jeu suite à sa grave blessure au genou, alors que Karl Henry est un joueur utile, mais qui ne peut pas être considéré comme titulaire si QPR veut espérer quelque chose. Et alors que les pistes de Fer (Norwich) et DeGuzman (ex-Swansea) sont explorées, Redknapp aurait fin nez de s’attacher les services d’un milieu récupérateur supplémentaire, afin d’éviter de laisser sa défense trop exposée.

Verdict: 6/10. Le nombre de buts venant du milieu de terrain augmentera avec Mutch et potentiellement deGuzman. Il faudra des acquisitions supplémentaires pour faire le nombre, et mieux protéger la défense.

Toute la pression offensive sur Charlie Austin:

Acheté à Burnley pour 4 million de livres l’année dernière, QPR peut se targuer d’avoir fait l’un des coups de l’été dernier en s’attachant les servies de Charlie Austin. A 25 ans, l’ancien maçon de métier obtient enfin la chance de se prouver au plus haut niveau, et fort de ses 20 buts la saison dernière, il a tout pour réussir dans l’élite. Fort, travailleur, à l’aise dans les airs et doté d’un très bon pied droit, Austin aura la lourde de tâche de mener l’attaque des Rangers. Pour les assister, il faudra signer encore au moins un attaquant, qui pourrait être Kolbeinn Sigthorsson, après la réouverture des négocitations avec l’attaquant Islandais de l’Ajax. Si Loic Rémy devait rester, une association Rémy-Austin pourrait faire merveille, avec la présence de Bobby Zamora pour faire son entrée lors du dernier quart d’heure, pour maltraiter les défenses fatiguées.  Cependant, avec un intérêt possible de Chelsea suite à la blessure de Didier Drogba, Redknapp pourrait bien rouvrir le dossier Troy Deeney (Watford).

Austin devrait pourvoir continuer sur sa lancée et passer la barre des 10 buts en PL. (I: Zimbio)

Austin devrait pourvoir continuer sur sa lancée et passer la barre des 10 buts en PL. (I: Zimbio)

Verdict: 7/10 avec Loic Rémy. 5/10 sans.  QPR est trop dépendant de Charlie Austin, et des renforts seront nécessaires, ainsi que la résolution du feuilleton L. Rémy.

Les compositions possibles,  pour le début de saison:

3-5-2:

GREEN

ONUOHA        FERDINAND        CAULKER

ISLA                   BARTON                    FAURLIN                 TRAORE

MUTCH

REMY (ou une recrue)                 AUSTIN

4-2-3-1

GREEN

SIMPSON       FERDINAND           CAULKER            HILL (C)

BARTON            FAURLIN

PHILLIPS               MUTCH                 HOILETT

AUSTIN

Comme contre Wigan, QPR devra faire de Loftus Road une forteresse (I:Zimbio)

Comme contre Wigan, QPR devra faire de Loftus Road une forteresse (I:Zimbio)

 Ainsi, samedi contre Hull City, déjà dans le rythme grâce à l’Europa League, QPR cherchera a éviter les humiliations enregistrées en ouverture de championnat contre Bolton et Swansea il y a deux et trois ans. Mais même si les Rangers devaient connaitre un départ poussif, cette équipe là possède le caractère et la cohésion qui manquait tant lors de la dernière relégation. L’une des clefs sera probablement de prendre des points à domicile, et contre les concurrents directs, ce qui semble souvent être le problème des londoniens, qui sont souvent plus performants contre les grosses équipes. Et si rien ne sera facile, une ou deux acquisitions intelligentes en plus devrait permettre à Redknapp de monter une équipe, certes talentueuse, mais aussi équilibrée, et qui pourrait bien en surprendre plus d’un.

 @JO_COYRs

"Queens Park Strangers": Mais qui sont ces imposteurs?

Hill qui malgré son courage, s'est montré trop limité cette saison.

Dimanche soir, QPR affrontait Liverpool à domicile. Non pas le grand Liverpool d’antan. Le Liverpool boitillant qui joue pas trop mal, mais est relativement à la peine en Championnat. Eh bien dimanche soir, devant toute l’Angleterre, les Queens Park Rangers ont réussi l’exploit de faire passer ce Liverpool-là pour une équipe capable de gagner la Champion’s League. Alors on pourrait vous expliquer comment Suarez tout seul a ridiculisé l’ensemble de la défense londonienne, ou comment les R’s ne savent toujours pas défendre sur les coup-de-pieds arrêtés, mais il y a plus grave. Parlons de l’état d’esprit de ces R’s qui semblent avoir rendu les armes.

Hill qui malgré son courage, s'est montré trop limité cette saison.

Hill qui malgré son courage, s’est montré trop limité cette saison.

Entre plombiers limités et divas désintéressées

Contre Liverpool, le manque d’implication des joueurs était flagrant. Aucune cohésion d’équipe, aucune flamme pour raviver les plus pâles espoirs d’une remontée au classement. Si les journaux anglais font état d’un vestiaire déchiré entre Rangers de longue date et mercenaires fraîchement débarqués, on peut sans risque classer les R’s en deux catégories, rien qu’à la vue du match d’hier.  Pour cela, on va distinguer ceux que l’on va appeler les plombiers de ceux qui seront décrits comme les mercenaires.

Ian Holloway, ancien entraîneur des Rangers déclarait que chaque équipe pouvait avoir des virtuoses de grand talent, mais qu’ils avaient besoin de travailleurs pour porter leur piano, sans quoi ils n’étaient rien. Nos plombiers entrent dans cette catégorie, de porteurs de pianos. Ils sont au club depuis deux à trois ans, et ont connu le Championship avec QPR. Âme du club, ils sont vraiment limités techniquement, et trop justes pour faire une réelle différence, mais ils donnent tout. C’était flagrant contre Liverpool, Jamie Mackie a travaillé tout le match comme un mort de faim, courant après des ombres, chassant des causes perdues. Sa débauche d’énergie est précieuse, mais il n’a pas su vraiment amener du danger autour de la cage de Pepe Reina. Ryan Nelsen aussi, est un joueur assez limité. Limité par son âge et sa vitesse, mais encore une fois, il s’est montré plutôt à son avantage, dans une défense en perdition. Parmi les plombiers, on pourrait aussi citer Shaun Derry, mais l’exemple parfait est Clint Hill. A 34 ans, il a beaucoup de courage, mais très peu de talent, et le natif de Liverpool s’est fait littéralement déshabiller par Luis Suarez à plusieurs reprises. Pas assez rapide, souvent pris à défaut, il a la qualité d’être extrêmement lucide. Lucide sur ses performances. Il sait qu’il n’est pas au niveau. Mais il fait de son mieux, et est un honnête travailleur, qui donne tout ce qu’il a pour les autres.

A l’opposé des plombiers, il y a les mercenaires, les divas, appelez-les comme il vous chante. Le parfait exemple de la diva est José Bosingwa. C’est vrai, on s’acharne un peu sur lui, mais il le mérite. José Bosingwa a gagné la Champions League avec Chelsea. Alors forcément, ça fait joli sur son CV, et cela semble justifier son salaire de 70’000£ par semaine. Par contre, il a la particularité de penser qu’il est trop  bon pour s’asseoir sur le banc. Alors il ne joue plus, vu qu’il ne semble pas prêt à se battre pour le club. Mais il n’est pas le seul. Dans les mercenaires, il y a aussi Bobby Zamora, qui déclare qu’il en a marre de jouer au football, ou Joe Barton, qui avoue avoir signé à QPR pour l’argent. Dans le lot, on peut aussi compter Cissé, qui met la faute sur ses coéquipiers, si il ne touche pas assez de ballon, et ne supporte pas la critique, même venant des fans qui l’ont soutenus, malgré une série de suspensions l’an dernier. Peu importe l’identité de ces mercenaires, une chose est sûre: Ils essayent, mais n’ont pas l’intention de se faire trop mal pour leur club. De toute manière, ils ont une clause libératoire en cas de relégation, et ne perdront pas le sommeil si les Queens Park Rangers sont relégués.

Image: Daily Mirror

Image: Daily Mirror

Cette équipe n’en est pas une. Il n’y a aucune cohésion entre les joueurs, qui ne sont pas du même monde, ne se comprennent pas, ne s’aiment pas, et ne tirent visiblement pas tous à la même corde. Où est l’issue pour QPR? Il n’y en a pas. Il sera difficile de se débarrasser de tous les joueurs ne faisant pas partie des plans de Redknapp, vu leurs salaires, et les contrats en béton qu’ils ont signés sur le dos du club. Il ne reste plus qu’à espérer que l’argent dépensé pour ces joueurs viennent directement de la poche des investisseurs, et ne va pas aller gonfler la dette d’un club dont les finances restent secrètes, mais que les dirigeants clament "sans dettes".

Une honte pour ceux qui se sont battus pour la survie du club

Quand il a racheté le club, Tony Fernandes avait la louable intention de faire de QPR un club établi en Premier League. On ne peut pas le blâmer d’avoir installé Mark Hughes et son staff à la tête de l’équipe, vu le pedigree plutôt respectable du technicien gallois et de son équipe. Cependant, la suite ne fut que dégringolade. En effet, un homme trop ambitieux avec trop d’argent entre les mains, cela donna des décisions assez douteuses. A coup de millions, Hughes a voulu bâtir une équipe, en additionnant des individualités au palmarès respectifs honorables, une somme de joueurs moyens venant de grandes équipes, une somme d’égos et d’amour propre à soigner et dorloter. Sauf que ces stars ont toutes été attirées par la même chose: l’argent. Et quand on utilise l’argent comme argument principal pour faire signer des joueurs, on ne peut pas se plaindre que ces mêmes joueurs soient plus intéressés par leurs comptes en banque que par le destin de l’équipe. Ajoutez cela à un entraîneur froid comme la glace, possédant en lui autant d’enthousiasme qu’un cheval à bascule, et vous obtiendrez une série de 17 matchs sans victoires.

Mais si le fossé salarial entre les divers joueurs a causé une scission dans l’équipe, Fernandes, avec sa politique de transferts attirant des multimillionnaires dans l’équipe, a créé  entre supporters et joueurs une distance quasi impossible à combler. Pour les non-initiés, rappelons que QPR est un club populaire, issu de la classe ouvrière de Londres, par opposition à Fulham, club des beaux quartiers au bord de la Tamise, ou dans une moindre mesure à Chelsea, et à sa situation en plein quartier bobo-chicos de l’ouest de Londres. Shepherd’s Bush a toujours été un quartier, certes pas mal famé, mais pas très aisé, et les fans de QPR ont souvent eu beaucoup de peine lors des quatre-cinq dernières années (avec les augmentations des prix sous Briatore) à pouvoir s’offrir un abonnement. Alors il ne fait aucun doute que de voir cette équipe de millionnaires concéder si peu de sacrifices pour le club qu’ils aiment tant doit être très douloureux pour les supporters des Rangers.

L’histoire récente de QPR rend la situation encore plus inacceptable pour les fans. En effet, lors des dix dernières années, à maintes reprises les R’s ont du lutter pour leur survie avec des équipes de joueurs vraiment pas très talentueux, mais généreux et crocheurs. Pour le supporter anglais moyen, une relégation avec une équipe limitée mais combattive est acceptable. Par contre, tomber avec une équipe talentueuse, mais juste pas assez soudée et ne se battant pas assez, c’est un réel affront. N’ayons pas peur des mots, l’effectif actuel fait honte aux joueurs, fans et dirigeants qui se sont battus corps et âme pour la survie du club sportivement et financièrement. Il fut un temps pas si lointain ou personne ne savait si le club ne disposerait d’assez d’argent pour que les projecteurs restent allumés jusqu’à la fin du match, ou alors ou les fans s’étaient cotisés pour offrir un nouvel attaquant à Ian Holloway, l’entraîneur de l’époque, attaquant qu’ils logeaient chez eux, à tour de rôle. Cette équipe de 2012-2013 fait insulte au travail de Neil Warnock et à son équipe, qui a tout donné pour obtenir ce statut de club de Premier League, tant convoité. Mais il n’est pas trop tard pour eux pour montrer qu’ils ont du caractère. Cela ne dépend que d’eux-mêmes.

Redknapp n'a toujours pas réussi à amener de l'envie dans cette équipe si désunie.

Redknapp n’a toujours pas réussi à amener de l’envie dans cette équipe si désunie.

Reconstruire pour un avenir si incertain

Alors que de nombreux fans parlaient déjà de reconstruction, Tony Fernandes, le président, s’exprimait  à l’issue du match en disant que rien n’était fini, et qu’il n’était pas trop tard pour s’en sortir. De toute manière, même si on considérait que les huit points de retard sur le 17ème étaient rattrapables, un changement dans la philosophie de gestion du club est essentiel. En effet, le club ne peut plus continuer à dépenser des fortunes pour des joueurs moyennement intéressés. De toute manière, il sera difficile pour Redknapp d’attirer des bons joueurs à bord du navire londonien que tout le monde sait à la dérive. Mais le mercato doit être effectué en considérant que le club risque bien de se retrouver en Championship dès l’automne prochain. Ce club a besoin de joueurs en devenir, de joueurs avec de la grinta, et de l’envie, quitte à ce qu’ils soient moins côtés ou moins expérimentés.

Mais au-delà de la politique de transferts du club, de nombreuses interrogations subsistent. La première est la présence de Fernandes en cas de relégation. Même si le président a maintenu qu’il resterait au club quoi qu’il arrive, un départ pourrait plonger les R’s dans des difficultés financières insurmontables, malgré les "Parachute Payments" alloués aux clubs relégués. En effet, les salaires déboursés par Fernandes signifient que QPR ne peut pas survire sans l’apport de fonds propres injectés par les propriétaires. Un départ des investisseurs conduirait peut-être les Rangers à un destin similaire à celui de Portsmouth ou autres Coventry, toujours pas remis de leur relégation. Une autre interrogation est le futur de Redknapp. Si le manager anglais a signé un contrat de deux ans et demi, sera-t-il encore là si le club descend? Sera-t-il l’homme capable de faire remonter QPR en Premier League? Et qu’en est-il des joueurs? De nombreux pourraient avoir une clause en cas de relégation, qui partirait, qui resterait,  pour cela, nous sommes dans le brouillard le plus total.

En attendant des éléments de réponses, nous sommes condamnés à espérer que le miracle se produira, et si cela n’arrive pas, prier pour que les Rangers ne s’en tirent avec le moins de dommages possibles. Quoi qu’il arrive, cela dépendra encore une fois de la profondeur des poches des investisseurs. Car si à QPR comme ailleurs, l’argent ne fait pas le bonheur, personne n’aurait pu deviner que ces millions rendraient tout un club si malheureux.

West Ham punit des Rangers toujours à la peine

Clint Hill incapable de contenir la fougue de Ricardo Vaz Te.

Dans un derby londonien qu’ils n’avaient pas le droit de perdre, les Queens Park Rangers se sont inclinés contre West Ham à domicile pour la première fois depuis janvier 1988, réalisant au passage le pire début de saison de leur histoire. A cause d’une première mi-temps fébrile, les hommes de Mark Hughes se sont donnés une montagne à grimper, et le bon match de Jaaskelainen les empêche de s’imposer.

Clint Hill incapable de contenir la fougue de Ricardo Vaz Te.

Avant le match, Tony Fernandes avait déclaré que la position de son entraîneur Mark Hughes n’était pas en danger, quelque soit le résultat du match contre West Ham. Un aveu qui n’aura pas enlevé la pression d’un groupe en manque cruel de confiance. Alors que l’effectif actuel des Rangers était regardé en début de saison comme l’un des meilleurs de l’histoire du club, paradoxalement, les R’s n’avaient jamais réalisé un si mauvais début de championnat. Cloué à la dernière place, les pensionnaires de Loftus Road doivent réagir.

Une mi-temps catastrophique

D’entrée de jeu les Rangers ont semblé bousculés par l’impact physique de West Ham, et après moins de trois minutes, les Hammers étaient devant, lorsque Kevin Nolan manquait sa reprise dans la surface, laquelle trouvait la tête de Matthew Jarvis au deuxième poteau, qui ne manquait pas l’occasion.

QPR tenta bien de réagir, mais Granero enlevait trop sa reprise suite à un service de Wright-Phillips alors que Cissé forçait Jaaskelainen a un arrêt plutôt facile d’un angle fermé. Malgré un jeu hâché et peu convainquant, les joueurs de Mark Hughes repartaient à l’attaque, et sur un coup-franc de Granero, aucun joueur en bleu-et-blanc ne parvenait à profiter d’une partie de billard devant le but des Hammers.

Peu avant la mi-temps, ce qui devait arriver arriva, West Ham United, dominant la première mi-temps face à des Rangers totalement dépassés, prit deux longueurs d’avance, sur un but très semblable à l’ouverture du score. Suite à un corner, la défense très fébrile des R’s ne parvenait pas à se dégager, et le centre de Tomkins trouvait Ricardo Vaz-Te au deuxième poteau, qui d’une reprise acrobatique trompait un Julio Cesar loin de son meilleur niveau. Le portugais inscrivit ainsi son premier but en Premier League, le jour de son anniversaire.

La réaction de QPR fut une fois de plus assez timide, grâce à Cissé qui ne parvint pas à tirer son épingle du jeu lors d’un énième cafouillage dans la surface de West Ham. Le même Cissé fut à l’origine de la plus belle occasion de la mi-temps, lorsqu’il reprit un ballon flottant d’un magnifique ciseau, mais sa frappe était dévié du bout des doigts par le portier finlandais des Hammers. L’arbitre siffla la mi-temps, et QPR retourna aux vestiaire suite à une première période extrêmement laborieuse.

Matt Jarvis ouvre le score pour West Ham

La réaction de Taarabt malheureusement insuffisante

Au retour des vestiaires, le momentum ne changea pas de camp, et les Hammers de l’est de Londres reprirent les choses en main, et Julio Cesar dut s’employer pour éviter que Mohamed Diamé n’aggrave le score. Cependant, la réaction des Rangers arriva lorsque Taarabt et Diakité remplacèrent un Park invisible et un Wright-Phillips pas très en vue non plus. Instantanément, Adel Taarabt signala son retour au jeu, dans un moment de magie, le franco-marocain prit sa chance des vingt mètres, et trompa Jaaskelainen d’une frappe merveilleusement enroulée.

Les Rangers auraient même pu revenir au score, lorsque Cissé remisa pour Esteban Granero, mais l’espagnol voyait son joli tir détourné par Jaaskelainen. Dans une deuxième mi-temps débridée, Stéphane M’Bia, excellent jusque-là, glissa et vit Kevin Nolan récupérer son offrande pour lancer Carlton Cole seul face à Julio Cesar, mais l’attaquant anglais tirait à côté.

Les chances d’un retour semblèrent de plus en plus minces pour QPR, d’autant plus lorsque Samba Diakité, pourtant très en vue depuis son entrée en jeu, récoltait un deuxième carton jaune sur une faute évitable sur Noble, laissant ses coéquipiers à 10. Même à un homme de moins, les R’s auraient pu égaliser, mais tant Cissé qu’Alejandro Faurlin butèrent sur le très bon Jaaskelainen, alors que de l’autre côté les Hammers manquèrent le coche par Vaz Te, lequel vit son missile détourné admirablement sur la barre par Julio Cesar.

L’envie d’Adel Taarabt n’aura pas suffi: QPR doit s’incliner.

Un manque de grinta pour des R’s déprimants

Malgré un très bon match du débutant Stéphane M’Bia, seul présence aérienne dans une défense des Rangers à la dérive, la défense de QPR semble toujours aussi friable. Si le manque d’effort offensif des latéraux est excusable, Mark Hughes étant contrait d’aligner quatre défenseur centraux de formation, les R’s ont été hautement gênés par l’engagement physique de West Ham, et le domaine aérien semble encore et toujours un gros problème pour les hommes de Mark Hughes.

Au milieu de terrain, les d’ordinaires fiables Faurlin et Granero ont eu un match plus compliqué, même si ces deux se sont quelques peu repris en deuxième mi-temps. Sur les ailes, Park et Wright-Phillips ont semblé aux abonnés absents, et l’entrée d’Adel Taarabt a vite fait d’éclipsé les fantomatiques ailiers arrivés de Manchester United et City respectivement. Tous les milieux de QPR ont énormément souffert de la comparaison avec leurs adversaires directs, Kevin Nolan, Mohamed Diamé et Mark Noble, tous très convaincants sur l’ensemble du match. Cissé a beaucoup tenté, sans grande réussite, et Bobby Zamora a semblé peu en verve ce soir.

Si Mark Hughes ne semble pas menacé dans l’immédiat,  le manque de coeur et d’engagement des Rangers est inquiétant, et leur attitude devrai changer au plus vite. Hughes devra très rapidement faire ressortir la qualité de l’effectif au niveau comptable s’il ne veut pas voir son job mis en danger. Le président Fernandes semble patient pour l’instant mais jusqu’à quand?

LES NOTES:

Queens Park Rangers (4-4-2):

JULIO CESAR (5)
ONUOHA (4) – M’BIA (7) – NELSEN (4) – HILL (5)
WRIGHTPHILLIPS (5) – GRANERO (6) – FAURLIN (5) – PARK (4)
CISSE (6) – ZAMORA (5)

Remplaçants: Adel Taarabt (7), Samba Diakité (6), Junior Hoilett (-)

West Ham United (4-3-3):

JAASKELAINEN (7)
DEMEL (6) – REID (5) – COLLINS (6) – O’BRIEN (5)
NOBLE (6)
DIAME (7) – NOLAN (8)
VAZ TE (7) – COLE (6) – JARVIS (6)

Remplaçants: Tomkins (6), McCartney (5), Caroll (6)

BUTS: 0-1 (3′, JARVIS), 0-2 (35′, VAZ TE), 1-2 (57′, TAARABT)

Norwich 1 QPR 1: Les Rangers se rassurent malgré une défense aux abois

Les R's fêtant le but de Zamora. (Image: Westlondonsports)

Les R’s fêtant le but de Zamora. (Image: Westlondonsports)

Contre une équipe de Norwich City ayant également perdu 5-0 en ouverture de championnat, mais toujours difficile à jouer à Carrow Road, les hommes de Mark Hughes s’en sont tirés avec un point, certes un peu chanceusement.

Zamora à la rescousse de Cissé

Devant le fervent public de Carrow Road, les Rangers avaient pris la fâcheuse habitude revenir sur Londres bredouilles, mais cette fois, ils n’ont pas fait le voyage pour rien. En quête de réconfort après la déroute contre Swansea, il a fallu beaucoup de courage et un peu de chance pour obtenir un point face à des Canaries, certes pas de haut-vol, mais combatifs et difficiles à manoeuvrer. Dès le coup d’envoi, Mark Hughes avait effectué deux changements par rapport à l’effectif du week-end passé: De retour de blessure, Armand Traoré et Bobby Zamora remplaçaient respectivement Nedum Onuoha et Adel Taarabt, pour switcher vers un 4-4-2. À  Norwich, Sébastien Bassong engagé pour solidifier la défense des Yellows était titulaire alors que la recrue des R’s, José Bosingwa, se contentait du banc, étant en retard dans sa préparation physique.

Très vite, les locaux prirent le dessus, malgré une offensive de Jamie Mackie, les hommes de Chris Hughton menaient un beau mouvement offensif, qui voyait Pilkington être bien décalé sur la gauche dans l’espace laissé libre par Fabio pour que l’ailier de Norwich centre pour Jackson au deuxième poteau. A seulement trois mètres du but défendu par Rob Green, Jackson ne manquait pas l’aubaine, et donnait l’avantage aux Canaries. Huit minutes plus tard, les Queens Park Rangers répondaient à leurs hôtes, Djibril Cissé étant bousculé par Bassong dans la surface. Pas à son avantage sur l’ensemble du match, l’attaquant français ne parvenait pas à se faire justice depuis le point de penalty, mais Bobby Zamora le tirait de l’embarras en marquant sur le rebond accordé par John Ruddy. Un partout.

Des progrès en défense, mais l’absence d’un réel leader

Montrée du doigt la semaine passée, la défense des Rangers ne montrait toujours pas toutes les garanties espérées, les latéraux se montrant bien trop mauvais au marquage. Tant Fabio sur la droite que Traoré sur la gauche laissaient bien trop d’espace sur leur aile respective, laissant la défense centrale exposée aux centres d’un excellent Pilkington entre autres. Si Rob Green se montrait un peu meilleur que le week-end dernier, il répondit présent lorsqu’il fallut détourner un tir violent de l’ancien White de Leeds, Robert Snodgrass. Face à une défense fébrile, les attaquants jaune-et-vert s’en donnèrent à coeur joie, Grant Holt mettant Clint Hill au supplice durant toute la première mi-temps. Totalement à côté de ses pompes, le défenseur vétéran ne survit pas à la mi-temps, remplacé par Onuoha.

Dès la reprise, Onuoha fut tout de suite sous le feu des projecteurs, une incompréhension entre Rob Green et lui menant à la confusion de l’ancien gardien de Norwich, lequel touchait la balle de la main à l’extrême limite de sa surface, voire même carrément dehors, mais l’arbitre déclara l’intervention du gardien des Rangers régulière. Malgré quelques bons mouvements offensifs, les Rangers auraient probablement dû s’incliner face aux Yellows, lesquels pressèrent pour un but victorieux, mais la présence d’Onuoha, de Bosingwa fraîchement entré, et d’un Ferdinand meilleur qu’en première mi-temps donnait aux Hoops donnait la confiance nécessaire aux londoniens pour leur offrir leur premier point à l’extérieur sous Mark Hughes. Carrow Road crut à la victoire lorsque Snodgrass manqua le cadre à bout-portant et que Martin vit sa tête repoussée par la barre, mais les deux formations engrangèrent leur premier point de la saison grâce à ce match nul.

Si Bosingwa fera du bien à la défense de QPR qui semble encore fébrile, le back-four des londoniens donne encore une impression de fébrilité. Traoré et Fabio n’ont toujours pas apporté les garanties nécessaires en défense, alors que Hill et Ferdinand ne savent pas commander la surface de réparation. Pour cela, l’arrivée d’un défenseur central reste primordial. Si les pistes Carvalho et Dawson (qui se dirige vers Sunderland) sont au point mort, Mark Hughes a déclaré avoir des solutions de rechange. L’arrivée imminente de Julio Cesar pourrait également améliorer les choses, Rob Green semblant mal à l’aise lors de ses sorties. De plus, la petite forme de Diakité laisse la défense exposée, et malgré le retour de Faurlin, le transfert d’un milieu défensif aurait du sens pour les Rangers. Devant, Zamora était le meilleur joueur pour les R’s, mais devrait manquer le clash contre City du week-end prochain à cause d’une blessure à la tête. Son coéquipier Cissé à vécu un mauvais match, manquant le ballon lors de la balle de match lui étant offerte par Zamora en fin de match, et ratant son penalty. Une des seules satisfactions provient du match solide des ailiers, Hoilett et Mackie, seule source régulière de danger.

Alignement des Queens Park Rangers (4-4-2):

GREEN
FABIO              HILL           FERDINAND   TRAORE
DIAKITE        PARK
MACKIE                                 HOILETT
CISSE         ZAMORA

Buts: 

Norwich :    Jackson (11′)
QPR :           Zamora (19′)

(Article tiré de http://www.qprfrance.wordpress.com )

QPR 0 Swansea 5: Des R’s humiliés par des Swans chirurgicaux en contre-attaque

robertgreenqueensparkrangersvswanseavbab_u1p6hzl

On attendait des surprises pour le début de saison, cela n’a pas manqué. Malheureusement pour Mark Hughes et les siens, rien n’est allé comme prévu.

Nathan Dyer et ses coéquipiers étaient simplement mieux préparés que des R’s déroutés.

Une ouverture du score contre le cours du jeu

Samedi à quinze heure, heure anglaise, Djibril Cissé et Adel Taarabt donnaient le coup d’envoi de la saison de Premier League à Loftus Road, à la suite d’une minute d’applaudissements à la mémoire d’Alan MacDonald, légende des Rangers décédée cet été. Dès les premiers échanges, QPR prit les opérations en main, mettant la pression sur la défense des Swans. Cependant, dès la 7ème minute, alors que les fans de Swansea entamaient l’hymne « national » gallois à pleins poumons pour célébrer l’anniversaire des 125 ans d’existence de leur club fétiche, c’était Robert Green qui distribuait le premier cadeau : Sur la première incursion des Cygnes dans la moitié de terrain des R’s, Michu récupérait une balle vagabonde à l’entrée de la surface avant de prendre sa chance. Son tir, à première vue anodin, trompait d’un rebond malicieux un Rob Green coupable. Swansea menait 1-0 sur le premier tir de sa saison.

Malgré cette déconvenue, les Rangers repartaient à l’attaque, et à nouveau, assiégeaient une défense galloise bien organisée. Mackie lancé seul face à Vorm perdait son face à face avec le gardien néerlandais, puis Junior Hoilett voyait son tir enroulé flirter avec le poteau, avant que Ji-Sung Park d’un très bon tir ne force le portier des Swans à effectuer une énième parade. Alors que la mi-temps touchait à sa fin, Swansea sortait enfin de son camp pour menacer le but du malheureux Green, et sur corner Chico Flores voyait son essaie s’écraser sur la barre avant que l’essai de Michu ne soit réservé au même sort. Alors que l’ arbitre renvoyait les acteurs au vestiaire, QPR semblait malchanceux d’être mené au score, sort que les Hoops ne méritaient pas, comme l’indiquait leur possession supérieure et leurs occasions par légion.

Rob Green laissant échapper le tir de Michu pour l’ouverture du score.

Un naufrage défensif

Cependant, alors qu’on attendait un retour aux affaires des hommes de Mark Hughes après le thé, il n’en fut rien. Malgré toute la bonne volonté de l’excellent Hoilett, ce dernier était retenu dans la surface, mais pas suffisamment pour faire réagir l’homme en jaune, monsieur Probert. Ensuite, ce fut le show Swansea City. En effet, alors que QPR tentait tant bien que mal de revenir au score, l’artiste Michu sortait de sa boîte à nouveau, et bien servi lors d’un contre gallois, ne nécessitait que d’une touche de balle pour battre Green de la plus belle des manières. Cette fois l’ancien gardien de West Ham n’y pouvait rien, impuissant face à la précision et à la magie se dégageant de l’ancien pensionnaire de la Liga.

Ce 2-0 de la 58èmese révélait être le début de la fin pour les R’s. Car si Swansea ne se préoccupait pas forcément de la possession du ballon, les gallois, pour leur première sortie sous la baguette de Michael Laudrup, se montrèrent parfaitement imbattables dans l’art de la contre-attaque. Alors que les joueurs offensifs de QPR étaient tous autour de la surface de réparation, une énième perte de balle laissait le quatuor défensif des locaux à la merci des attaquants gallois, lesquels se montrèrent décisifs par Nathan Dyer, lequel récupérait une passe en profondeur  d’Augustien pour crucifier Rob Green. Et bientôt ce fut 4-0, toujours ce même Dyer laissé bien libre par le débutant Fabio pour sortir à son avantage d’un nouveau dîner aux chandelles face au gardien de QPR. De tout le back-four des pensionnaires de Loftus Road, tant Clint Hill qu’Anton Ferdinand semblèrent dépassés de tous les côtés alors que Fabio ne faisait que de la figuration sur le point de vue défensif, regardant les attaquants visiteurs s’échapper vers le but qu’il était sensé défendre. La soirée était parachevée par le remplaçant Scott Sinclair, que l’on annonce sur le départ pour Manchester City, lorsque celui-ci profitait encore une fois des largesses défensives de Fabio et d’Adel Taarabt pour battre le pauvre Green bien nerveux ce soir-là.

Michu. l’un des coups de ce mercato, arrivé à Swansea pour environ £2 millions

Bilan du match: Tout n’est pas à jeter!

Pour Swansea, il s’agissait d’une soirée de premières fois, première victoire de leur histoire à Loftus Road, première victoire en six ans lors de l’ouverture du championnat, et plus grosse victoire de leur histoire en Premier League. Ce fut aussi l’occasion de voir à l’œuvre l’excellent Michu, et le très solide Chico Flores. Dans un style plus défensif et d’avantage basé sur la contre-attaque que sous Brendan Rodgers, les gallois ont suivi leur plan de marche à merveille, et plus disciplinés, ils ont écrasé les R’s, malgré des statistiques très égales entre les deux équipes.

Pour QPR, qui avait également commencé la saison dernière avec une claque contre Bolton, ce départ est un scénario catastrophe, mais il n’y a aucun doute que les R’s ont des ressources, notamment offensivement. En effet, pendant plus de 50 minutes, ils ont dominé les débats, manquant seulement de tranchant face au but. Les matchs offensifs de Taarabt, Park et Diakité sont à retenir, et Junior Hoilett s’est montré très très convainquant sur le côté gauche, rapide est très bon en un-contre-un. Malgré un Cissé errant comme une âme en peine, les incursions de Taarabt, Hoilett et Mackie laissent entrevoir des belles choses offensivement pour les londoniens.Peut-être Mark Hughes aurait mieux fait d’allier Zamora à Cissé, pour permettre au français plus de liberté grâce au point de fixation représenté par l’avant-centre anglais. Quant à l’aspect défensif, tout est à revoir. En effet, l’équipe semblait coupée en deux, et les défenseurs, souvent dépassés, étaient absolument insuffisants, Fabio en premier. Mais la faillite de samedi était celle de toute une équipe, car les milieux n’ont certainement pas rempli la part défensive de leur contrat, à l’image de Taarabt, revenant au pas sur Sinclair, lequel s’en alla marquer le but final. Ce match exigera une remise en question collective, et l’arrivée de Bosingwa fera beaucoup de bien à cette arrière-garde en quête de repères, et en manque de leaders.

Equipes:

Queens Park Rangers (4-5-1):

GREEN
ONUOHA  FERDINAND HILL  FABIO
DIAKITE
MACKIE  PARK  TAARABT  HOILETT
CISSE

Swansea City (4-3-3):

VORM
RANGEL   CHICO     WILLIAMS   TAYLOR
DEGUZMAN     BRITTON
MICHU
DYER                                  ROUTLEDGE
GRAHAM

GOALS:

Swansea: Michu (8′, 55′), Dyer (63′, 71′), Sinclair (81′)

Affluence: 18’072 (guichet fermés)

Preview de la Saison 2012-2013: Queens Park Rangers

tonyfernandeskelantanfcvqprnvs2arm9ql1l2

La saison de Premier League débute ce week-end, et avant la réception de l’équipe de Swansea City, nous vous proposons de couvrir quels seront les ambitions des Rangers, leur équipe, les transferts et autres différents éléments pouvant vous donner une idée sur la saison qui pourrait se profiler pour les joueurs des Queens Park Rangers.

Mark Hughes aura à coeur de faire de Loftus Road une forteresse.

Retour sur la saison dernière

La saison dernière a été riche en rebondissement pour les Queens Park Rangers. Tout d’abord, le nouvel exercice a débuté avec un QPR sans sponsor, toujours à vendre, et avec des recrues de seconde zone, telles que Jay Bothroyd, DJ Campbell, Danny Gabbidon, ou encore  Bruno Perone et Kieron Dyer. Et alors que la saison débutait de manière catastrophique, avec une défaite 4-0 contre Bolton, et une claque 2-0 face au minuscule club de Rochdale, la première semaine de championnat terminait sur une note positive: Le club était racheté par Tony Fernandes, libérant les Rangers de l’emprise néfaste de Flavio Briatore, et voyant également Gianni Paladini et Bernie Ecclestone quitter le club, alors que les très populaires Lakshmi Mittal et Amit Bhattia revenaient à la direction du club aux côtés de Fernandes. Dans la foulée de ce rachat, QPR allait s’imposer 1-0 à Everton et vivait une folle dernière semaine du mercato, en voyant les arrivées de Joey Barton, Shaun Wright-Phillips, Anton Ferdinand et Luke Young, tout en parvenant à conserver Adel Taarabt, courtisé par le PSG. Cependant, de toutes ces arrivées, seule celle d’Anton Ferdinand allait se révéler être une bonne pioche.

Sous le regard de l’entraîneur Neil Warnock, les matchs s’enchaînèrent, et les résultats se révélèrent très irréguliers, QPR allant perdre à Wigan, avant de tenir en échec Newcastle, puis d’aller écraser les Wolves 3-0. Ces résultats en dent de scie persistèrent, alors que QPR dût effectuer le court déplacement séparant Loftus Road de Craven Cottage pour aller affronter Fulham dans le derby de l’ouest de Londres. Cependant, la fête fût de courte durée, les Rangers encaissant un sec 6-0, et une humiliation, à cause notamment d’un triplé d’Andrew Johnson et d’un but de Bobby Zamora. Malgré ce revers, les hommes de Neil Warnock eurent l’occasion de se rattraper en recevant l’ennemi juré de Chelsea deux semaines plus tard. Et dans une ambiance bouillonnante, les R’s prirent l’avantage grâce à un penalty accordé pour une faute sur Heidar Helguson, penalty converti par l’islandais lui-même. Dans la foulée, José Bosingwa et Didier Drogba furent tous deux expulsés pour Chelsea, alors que John Terry fut accusé d’avoir proféré des propos racistes à l’encontre d’Anton Ferdinand. QPR tenu malgré la pression de Chelsea, registrant une victoire historique face à leurs bruyants voisins.

Helguson marquant le but victorieux contre Chelsea.

Cependant, malgré cette belle victoire contre Chelsea, le suite fut beaucoup moins bonne. En effet, les Queens Park Rangers prirent seulement 5 points lors des 11 matchs suivant le derby contre Chelsea, et perdit le maître à jouer Faurlin sur blessure, série qui eut raison de la peau de Neil Warnock, jugé incapable de stopper la chute au classement des Rangers, flirtant avec la zone de relégation, et ayant gagné seulement 4 matchs (dont 3 à l’extérieur) en 20 rencontres sous Warnock. Mark Hughes fut engagé comme entraîneur, et malgré une première défaite à Newcastle 1-0, de nombreux joueurs de qualité furent engagés, comme Bobby Zamora depuis Fulham, Djibril Cissé de la Lazio, Nedum Onuoha de Manchester City, et Samba Diakité et Taye Taiwo prêtés respectivement par Nancy et Milan. Mark Hughes enregistra sa première victoire lors de la réception de Wigan, mais les choses se gâtèrent, et l’équipe peinait à trouver ses marques. Seulement deux points pris lors des six matchs suivants (dont une défaite 2-1 contre Bolton alors que l’arbitre avait  oublié de valider un but pour QPR) plongèrent les Rangers dans la zone de relégation, et vu que QPR affrontait les 6 équipes de tête lors des 10 derniers matchs, de nombreux spécialistes jugèrent les R’s condamnés à la relégation.

A dix matchs de la fin du championnat, et au fond du trou, les Rangers durent recevoir Liverpool, et le match commença terriblement mal pour les hommes de Mark Hughes, menés 2-0 jusqu’à la 75’ème minute. C’est à ce moment-là que Mark Hughes décida de faire sortir Joey Barton, capitaine pitoyable ce soir-là, pour faire rentrer Jamie Mackie, sous une ovation du stade. C’est alors que QPR marqua par trois fois dans les 15 dernières minutes, par Derry, Cissé et Mackie, pour s’imposer 3-2. Depuis ce match-là, QPR se redressa à domicile, et se démontra imbattable à Loftus Road. Des victoires contre Arsenal, Swansea, Tottenham suivirent, et malgré une forme catastrophique à l’extérieur, les Rangers se rapprochèrent de Blackburn et Bolton, premiers non-relégables. Cependant, une défaite 6-0 contre Chelsea sembla mettre du plomb dans l’aile aux R’s.

Avec deux matchs à jouer, QPR était à égalité avec Bolton 17ème.  Ainsi, QPR reçut Stoke avec l’obligation de s’imposer. A la 85’ème minute, Bolton battait West Brom 2-1 et QPR était tenu en échec par Stoke 0-0, des résultats qui condamnaient les Rangers à la relégation. Mais à la dernière minute, Cissé marqua le but victorieux pour QPR et Bolton encaissa, ce qui propulsa les Queens Park Rangers hors de la zone de relégation, deux points devant Bolton. Lors de la dernière journée, même chassé croisé, Bolton battait Stoke 2-1 à la mi-temps, alors que QPR perdait 1-0 contre Manchester City, et voyait le club du Lancashire lui repasser devant, mais même à 10, les Rangers retournèrent le match pour mener 2-1 alors que Bolton encaissa le 2-2. Le match se termina à Bolton, QPR était sauvé, Bolton relégué. Dans les ultimes secondes, les Queens Park Rangers encaissèrent deux goals, couronnant City Champion, mais sans importance pour les R’s déjà sains et saufs. Durant leur incroyable remontée au classement en fin de championnat, QPR a pu compter sur un Djibril Cissé alignant les buts, un Samba Diakité instrumental au milieu de terrain, et un Jamie Mackie survolté, alors qu’Adel Taarabt retrouva son meilleur niveau. Mais ce fut Clint Hill, le vieux défenseur central qui fut élu joueur de l’année, se prouvant infranchissable en défense.

Cissé et ses coéquipiers fêtant son but contre Manchester City.

Les Transferts

Obligé de composer avec un effectif important en nombre, mais trop juste en qualité, la première action de Mark Hughes fut de faire un grand ménage parmi les joueurs trop limites pour rester aux Rangers, libérant 13 joueurs, dont le gardien Paddy Kenny parti pour rejoindre Neil Warnock à Leeds, et Heidar Helguson, meilleur marqueur de la saison dernière rejoignant Cardiff City. Une fois les départs prononcés, trois joueurs libres de tout contrat débarquèrent à Loftus Road: le défenseur de Tottenham Ryan Nelsen, néo-zélandais de 34 ans, peu rapide mais avec beaucoup de sang-froid et de leadership, ainsi que l’attaquant de Fulham Andy Johnson, complémentaire de Zamora, puis le gardien international Rob Green, quittant West Ham pour rejoindre les R’s.

En plus de ces trois joueurs d’expérience, trois joueurs de très grande qualité vinrent renforcer les Rangers. Tout d’abord, Samba Diakité, dont le prêt fut transformé en transfert définitif pour £4millions, ainsi que Park Ji-Sung, joueur d’expérience et très apprécié de Sir Alex Ferguson, débarquant de Manchester United, puis le talentueux David Junior Hoilett, ailier canadien rapide comme l’éclair, fraîchement relégué avec Blackburn. Le jeune brésilien Fabio Da Silva arriva également, mais en prêt depuis Manchester United, pour combler le vide laissé par la non-prolongation du prêt de Taye Taiwo sur le côté gauche de la défense. Au total, les R’s n’ont dépensé "que" environ £7 millions de livres.

A ces sept recrues pourraient encore s’ajouter un défenseur central et un milieu central. Les pistes privilégiées par Mark Hughes sont celle du coréen du Celtic Ki Sung-Yeug et du grec Katidis pour le milieu de terrain, et de celle de Kurt Zouma et Stéphane M’bia de St-Etienne et l’Olympique de Marseille pour le défenseur arrivant. Le nom de Jermaine Defoe est également régulièrement cité. Mark Hughes, responsable des arrivées en Premier League de Vincent Kompany, Chris Samba, Moussa Dembélé ou encore Pablo Zabaleta a assurément bien plus d’un tour dans son sac.

L’effectif

Les Gardiens

N°1 : Robert Green:
Sortant d’une saison très solide à West Ham avec qui il a gagné la promotion en Premier League, Green sera sans doute poursuivi à jamais par sa boulette lors de la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Excellent sur sa ligne, dotés de réflexes détonnants, le gardien anglais de 32 ans est un peu moins assurés dans ses sorties. Qu’importe, il représente une amélioration par rapport à Paddy Kenny parti pour Leeds.

N°24 : Radek Černy:
Le gardien vétéran tchèque est au club depuis presque cinq ans, et s’il est cantonné au rôle de remplaçant, il a effectué l’an dernier une très belle pige dans les buts lors de la blessure de Paddy Kenny, tenant la baraque dans une période où QPR était à la dérive. Il reste un bon numéro deux, malgré ses 38 ans et son jeu au pied assez chevrotant.

N°26 : Brian Murphy:
Gardien numéro trois arrivé d’Ipswich l’an denier, il s’est blessé en même temps que Paddy Kenny, ce qui l’a empêché de faire ses preuves dans les buts de Rangers. Difficilement un gardien de haut niveau, mais il peut tenir sa place sans souci.

Les Défenseurs

N°3 : Armand Traoré:
Auteur de trois passes décisives l’an dernier, le latéral gauche Traoré est l’opposé d’Onuoha dans son style de jeu. Très porté sur l’offensive et excellent centreur, il pêche souvent dans le jeu défensif et laisse la défense exposée lors de ses chevauchées vers l’avant. Ses passes sont millimétrées mais ses choix parfois malheureux. Mais à 22 ans Traoré a encore tout le temps pour faire étalage de son talent. Son style offensif lui permet d’être utilisé comme milieu gauche, une option que Hughes devrait utiliser en cas de blessures.

N°5 : Anton Ferdinand: 
Si le sang de QPR coule dans les veines de sa famille, le cousin de la légende Les Ferdinand a su se rendre très populaire auprès des fans, grâce à son attachement au maillot et à son travail incessant. Anton reste le défenseur central numéro 1 de QPR, malgré quelques errances passagères que Mark Hughes a semblé avoir gommé. Faible dans la communication, sa complémentarité avec Hill a été une des clefs des bons résultats des R’s en fin de saison dernière.

N°6 : Clint Hill: 
Elu joueur de l’année par les fans et ses coéquipiers, Clint Hill a connu une deuxième jeunesse sous Mark Hughes, qui lui a accordé toute sa confiance. Pas très rapide, mais discipliné et solide comme un rock, Hill était la tour de contrôle de la défense de QPR en fin de saison dernière, et semble demeurer un titulaire, devant Ryan Nelsen. Si Mark Hughes recherche un jeune défenseur central pour remplacer progressivement Clint Hill, il reste un joueur sur lequel on peut compter pour donner toujours 100%. Un vrai exemple.

N°15 : Nedum Onuoha:
Solide est très difficile à bouger, l’ancien jeune de Manchester City peut autant évoluer en défense centrale que comme arrière droit. C’est en tant que latéral droit qu’il a été utilisé par Hughes depuis son arrivée en janvier, et malgré son style légèrement maladroit avec le ballon, il reste un latéral très performant, d’avantage sur le côté défensif qu’offensif. Une valeur sûre, il est un titulaire indiscutable à QPR.

N°16 : Matthew Connolly

Envoyé en prêt à Reading par Neil Warnock, Matthew Connolly a disputé une saison correcte avec les Royals. Mark Hughes l’a utilisé en pré-saison, mais ses jours dans l’équipe première semblent dépendants de l’arrivée d’un nouveau défenseur central. Connolly reste un plan B, et ne devrait pas jouer un rôle majeur cette saison.

N°17 : Ryan Nelsen:
Laissé libre par Tottenham pour qui il a rarement joué lors de ses six mois au club, Ryan Nelsen est un joueur très important dans les vestiaires, et fait figure de prolongement de l’entraîneur. Si il ne part par titulaire, il aura peut-être un rôle a jouer l’an prochain, selon les performances de Hill et de Ferdinand. A 34 ans, sa vitesse est misérable, mais il est toujours bien placé, et est très bon dans le jeu aérien. Un pion important pour Mark Hughes.

N°20 : Fabio Da Silva:
Moins en vue à Manchester que son jumeau Rafael, Fabio compte à son palmarès une finale de Champions League, excusez du peu! Jusqu’à lors souvent blessé, Fabio est prêté à QPR dans le but de se relancer. L’idée que Mark Hughes ait refusé de reprendre Taye Taiwo pour faire venir Fabio laisse augurer du potentiel du brésilien de 22 ans, capable d’évoluer en tant que latéral droit et gauche, sur les deux ailes et au milieu de terrain. Plus convainquant sur le côté offensif de son jeu, son agilité balle au pied et sa vitesse, Fabio devra  convaincre qu’il peut aussi assurer défensivement.

N°27 : Michael Harriman
Le jeune irlandais de 19 ans a effectué toute sa formation avec les Queens Park Rangers et espère figurer parmi les pros dès cette saison. Le petit latéral droit à marqué son premier but pour les R’s en préparation, et semble intéressant tant offensivement que défensivement.

N°28 : Max Ehmer:
Âgé de tout juste 20 ans, le latéral gauche d’origine allemande a effectuée une pré-saison très intéressante, et a prolongé son contrat avec QPR, ce qui laisse augurer qu’il pourrait effectuer quelques apparitions cette saison. Jusqu’à aujourd’hui, il n’a jamais effectué de match officiel avec les Rangers, cantonnés aux prêts dans les ligues inférieurs. Un joueur prometteur.

Hill et Ferdinand alliés face à Chelsea.

Les milieux de terrain:

N°2 : Samba Diakité:
Mark Hughes ayant décidé de lever l’option d’achat du milieu malien pour environ £4 millions, le retour de Diakité n’est peut-être pas le transfert le plus glamour, mais il s’agit bien d’un des plus importants de l’été pour QPR, tant le joueur a été convainquant la saison dernière. Malgré des débuts difficile et de très nombreux cartons, l’ancien nancéien a su s’imposer à Loftus Road, même si il a manqué les trois derniers matchs à cause d’un virus. Très puissant et agile, il a une conduite de balle excellente et sait très bien se projeter vers l’avant. Son style rappelle celui de Yaya Touré, et s’il continue sur les mêmes base que la saison dernière, il sera un joueur déterminant pour QPR, si ce n’est le joueur clef de l’effectif de Mark Hughes. Un des joueurs les plus sous-évalués de Premier League.

N°4 : Shaun Derry:
A 34 ans, Shaun Derry n’a plus les jambes de ses vingt ans, cela va de soi. Malgré tout, "Dezza" reste un joueur utile, travailleur comme personne et volontaire. Son unique but pour QPR est arrivé l’an dernier contre Liverpool, et constitue certainement le tournant de la saison des Rangers. Mais il devrait voir son rôle diminuer au fil des matchs.

N°7 : Park Ji-Sung:
Utilisé par Sir Alex Ferguson pour tous les grands matchs, Park peut être utilisé tant comme ailier que comme milieu central. Pas spécialement spectaculaire, mais doté d’une bonne vision du jeu et d’une bonne assise technique, le coréen représente un excellent coup pour Mark Hughes, tant sportivement que commercialement. Il sera sans doute utilisé au milieu en attendant le retour de Faurlin, et devrait par son expérience apporter beaucoup au groupe. Un vrai plus.

N°10 : Adel Taarabt:
La saison qui se profile sera déterminante pour la carrière d’Adel Taarabt. Il y a deux ans, il avait explosé en Championship, mais il n’a pas su concrétiser l’an dernier, trop obnubilé par son transfert avorté au PSG. Cependant, sur la fin de saison, il a su retrouver la magie qui avait fait de lui le meilleur joueur de D2. Peu de joueurs sont autant à l’aise que lui balle au pied, et grâce à ses dribbles et passements de jambes, il peut battre n’importe quel défenseur. Mais parviendra-t-il à mettre son talent au profit du collectif et à allier l’esthétique à l’efficacité? Si il y parvient, il pourrait faire une très très belle saison, tant au niveau du jeu qu’au niveau comptable.

N°11 : Shaun Wright-Phillips:
Malgré beaucoup d’espoirs placés en lui, il a totalement raté sa saison l’an dernier. Très rapide, mais d’une efficacité misérable, il a souvent été qualifié de "poulet sans tête" par les supporters, à cause de son habitude de courir dans tous les sens sans sembler savoir ce qu’il faisait. Cependant, il a été un des meilleurs joueurs de la Pré-saison cette année, et a enfin débloqué son compteur buts pour QPR. Maintenant la malédiction rompue, et sa forme retrouvée, tout laisse penser que Mark Hughes pourrait lui donner sa chance, et que "SWP" pourra enfin dévoiler le potentiel qui a fait de lui un international.

N°12 : Jamie Mackie:
Revenu de blessure en octobre, Jamie Mackie a su retrouver progressivement son meilleur niveau, jusqu’à se rendre indispensable sur la fin de la saison. Auteur de 7 buts et 4 passes décisives l’an dernier, il a été un des éléments déclencheurs permettant à QPR de se sauver. Pas extrêmement fin techniquement, il base tout son jeu sur l’envie. Il travaille comme personne en Premier League, et effectue un pressing constant. Grâce à sa volonté, il arrive à battre ses adversaires, ce qui fait de lui un joueur sous-estimé, mais nécessitant toujours d’être à son meilleur niveau pour performer en Premier League. Son temps de jeu devrait être réduit par l’arrivée de Hoilett, mais le joueur préféré des supporters trouvera, comme à chaque fois, un moyen de prouver sa valeur.

N°18 : Kieron Dyer:
Blessé après 4 minutes la saison dernière, puis lors de son retour avec la réserve, Kieron Dyer est devenue une blague populaire à QPR, où l’on dit qu’il est engagé pour tenir compagnie au staff médical. Ainsi, ce fut une énigme lorsque Mark Hughes a décidé de prolonger son contrat d’une année cet été. Si il reste en forme, il peut-être utile et est de toute manière un caractère très agréable à avoir dans le vestiaire. Reste à savoir si il aura plus de chance cette année que l’an dernier

N°22 : Hogan Ephraim:
Lorsqu’il a rejoint QPR en 2007, Ephraim était vu comme un des talents de sa génération, mais il n’a jamais pleinement confirmé ce statut. Ecarté par Warnock, Mark Hughes semble avoir décidé de l’impliquer dans son équipe cette année. Pouvant évoluer sur l’aile ou au milieu central, Ephraim est un bon joueur, assez au point techniquement, et très apprécié de ses coéquipiers, mais il reste à voir si il aura la chance de confirmer enfin toute l’étendue de son talent.

N°23 : David Junior Hoilett:
Arrivé cet été en provenance de Blackburn, Junior Hoilett est regardé comme l’un des ailiers les plus prometteurs de Premier League. Rapide comme l’éclair, très bon en un-contre-un, et facile techniquement, il soulagera certainement Taarabt du rôle de créateur et de dribbleur. Certainement qu’il constituera une des clefs du jeu des Rangers cette saison, et si ses centres depuis l’aile gauche sont chirurgicaux, son sens du but est lui aussi excellent, ce qui lui vaut de marquer plusieurs buts spectaculaires chaque année. Une vraie pépite!

N°28 : Michael Doughty:
Formé à QPR, le jeune anglais d’origine galloise a laissé forte impression en prêt à Crawley et Aldershot l’an dernier. Son poste de prédilection est celui de milieu de terrain central, et il peut donner le tempo à un match, grâce à son très bon jeu de passes. Cependant, Doughty aura besoin de temps de jeu chez les pros pour améliorer encore son jeu.

N°32 : Alejandro Faurlin:
Blessé au ligaments du genou contre MK Dons en janvier, Alejandro Faurlin effectuera son retour au jeu dans les deux premiers mois de la saison. Avant sa blessure, il était le meilleur joueur de la saison de QPR, grâce à sa vision du jeu et à ses ouvertures magiques, en véritable métronome, il dirigeait le jeu des Rangers. Si il revient à son meilleur niveau, il aura le même impact qu’un transfert à QPR. Sa place dans l’équipe est indiscutable, à condition qu’il retrouve ses marques.

N°?? : Joey Barton:
Nous nous devons d’ajouter Joey Barton à cette liste, même s’il n’a pas reçu de numéro pour l’instant. Expulsé lors d’un coup de sang pendant le dernier match de la saison, Barton a encore trois ans de contrat, et il reste à savoir s’il aura un rôle à jouer après sa suspension de 12 matchs. De retour de sa période d’entrainement à Fleetwood Town (D4), il devrait s’entraîner avec la réserve en attendant de voir quel sort Mark Hughes lui réserve, un départ n’étant pas à exclure.

Taarabt et Mackie étaient déjà deux joueurs déterminants en Championship pour les Rangers.

Les attaquants:

N°8 : Andrew Johnson:
Petit et rapide, Andrew Johnson était le complément parfait de Bobby Zamora à Fulham. Il a marqué un triplé contre QPR l’an dernier. Partant derrière Cissé et Zamora dans l’ordre de sélection, Johnson peut également évoluer comme ailier, et pourrait profiter d’éventuelles suspensions et blessures pour augmenter son temps de jeu.

N°9 : Djibril Cissé:
Attaquant star des Rangers, Djibril Cissé n’a pas fini un match sans avoir soit marqué ou soit récolté un carton rouge. Au final six buts et deux expulsions, goals qui ont certainement maintenus les R’s en Premier League, mais rouges qui auraient pu leur coûter cher également. Chouchou des fans, finisseur hors-pair, rapide comme l’éclair, Cissé peut marquer à n’importe quel moment, dans n’importe quelle position, contre n’importe qui. Son jeu de tête est probablement la partie la plus faible de son attirail, mais il reste un joueur très complet. Peu à l’aise seul en pointe, il sera certainement associé à Zamora cette saison encore. Il sera intéressant de voir ce qu’il peut réaliser sur une saison entière. Parviendra-t-il à passer la barre des vingt buts? Il en est capable en tout cas…

N°25 : Bobby Zamora:
Le point fort de son jeu est son jeu de tête, ainsi que sa capacité à servir de point de fixation. Zamora sera probablement souvent utilisé seul en pointe à l’extérieur, lorsque la nécessité de se libérer de la pression de l’adversaire se fera sentir. Arrivé de Fulham cet hiver, l’ex-international anglais devra faire mieux que son seul but en six mois ce printemps. Si son travail est apprécié, il devra se démontrer plus tranchant face au but pour apporter pleinement satisfaction.

Et les autres…
Jay Bothroyd, DJ Campbell, Tommy Smith, Rob Hulse et Luke Young entre autres sont toujours des joueurs de QPR, même si le club essaie de s’en débarrasser. Jay Bothroyd intéresse Sheffield Wednesday qu’il pourrait rejoindre en prêt, et Campbell est suivi par Blackburn, Blackpool et Wigan entre autres, mais rien n’est fait pour l’instant. Affaire à suivre…

Le Onze de Base:

Difficile de prévoir précisément l’alignement de Mark Hughes. Il est probable qu’il utilisera un 4-4-2 à domicile, et un 4-2-3-1 à l’extérieur, même si ce dernier système pourrait également être privilégié à domicile, vu son efficacité l’année dernière. Green part titulaire incontestable au but, et la défense semble fixée avec Onuoha, Hill, Ferdinand et Fabio, même si Armand Traoré pourrait rentrer en ligne de compte également. Au milieu central, Diakité semble titulaire indiscutable, et il sera probablement allié à Park Ji-Sung, en attendant le retour d’Alejandro Faurlin, prévu pour début septembre. Une fois l’argentin de retour, Park se battra avec Hoilett, Taarabt, Mackie et Shaun Wright-Phillips pour un poste sur l’aile. Quant à l’attaque, Zamora par son jeu de tête semble plus approprié pour jouer seul en pointe, mais Cissé reste l’homme-danger de Mark Hughes.

GREEN

ONUOHA       HILL        FERDINAND     FABIO

PARK    DIAKITE

TAARABT                                                 HOILETT

ZAMORA       CISSE

Remplaçants: Cerny, Nelsen, Traoré, Faurlin, Mackie, Wright-Phillips, Johnson

Joueurs Clefs:

Cette saison, les performances de QPR dépendront du rendement de plusieurs joueurs. Djibril Cissé devra empiler les buts, alors que le classement de QPR dépendra beaucoup de la forme des animateurs du milieu de terrain, à savoir Samba Diakité, Junior Hoilett et Adel Taarabt. Si ces trois joueurs sont en forme, les Queens Park Rangers pourraient surprendre beaucoup de monde en Premier League.

Taarabt auteur de son deuxième but de la saison contre les Spurs.

Ambitions et objectifs:

Mark Hughes l’a annoncé en fin de saison dernière: Tant qu’il serait entraîneur de QPR, le club ne sera plus jamais au coeur de la bataille contre la relégation. Ce discours est clair, les Rangers ne veulent pas devoir se battre jusqu’au bout comme l’an passé. Avec des plans pour un nouveau stade de 45’000 places en élaboration et les travaux d’un nouveau centre d’entraînement débutant, Tony Fernandes le président ne peut pas se permettre de voir QPR tourner autour de la 17ème place indéfiniment. Cependant, le boss des R’s n’a pas mentionné d’objectif numérique clair, mais le club devra progresser de saison en saison pour justifier les sommes investies dans l’écurie londonienne. Cette saison, une place dans le Top 10 serait considérée comme une réussite, mais QPR construit pour le long terme. Le but avoué est de s’élever au rang des Fulham, Aston Villa, Stoke ou encore Sunderland pour les places de milieu de tableau. Un parcours intéressant en Coupe ne serait pas de trop, les pensionnaires de Loftus Road n’ayant pas passé plus d’un tour depuis plus de dix ans…

Tony Fernandes en discussion avec Mark Hughes.

Notre pronostique

La bonne fin de saison sous Mark Hughes laisse penser que les Rangers vivront une saison plus tranquille. Même si parmi les supporters, il est dit que QPR ne connaîtra jamais, et n’a jamais connu de saison paisible, il semblerait que de nombreuses personnes se satisferaient d’une place dans le ventre mou. Sous Mark Hughes, les SuperHoops se sont montrés imbattables à domicile, mais peinant à l’extérieur.

Grâce à des transferts intelligents, à un bon mélange de jeunesse et d’expérience, QPR n’aura pas de problème se détacher de la lutte contre la relégation. Si offensivement, le potentiel des R’s est vraiment intéressant, la défense des Rangers semble encore un peu en-dessous de celles de leurs concurrents. Malgré cela, si le destin ne s’acharne pas sur les Queens Park Rangers et qu’ils améliorent leurs résultats à l’extérieur, ceux-ci semblent en mesure de se mêler au peloton des équipes visant le Top-10.

Pronostique du classement: 11 ème

Bolton est relégué, QPR se sauve in extremis

Dans un duel à distance poignant, ce sont finalement les Wanderers de Bolton qui ont dit au revoir à la Premier League, en ne parvenant pas à s’imposer à Stoke. Leur défaillance sauve QPR qui malgré un match plein, est revenu les mains vides de Manchester City.

Malgré les prières des fans de Bolton, les Wanderers évolueront en Championship cet automne.

Deux matches à la vie à la mort

Au coup d’envoi de la dernière journée de Premier League, seuls deux points et 60 kilomètres séparaient Bolton des Queens Park Rangers, les premiers devant s’imposer à Stoke et espérer une victoire de City face à QPR pour se maintenir. Les chances de maintien des deux clubs étant assez égales, impossible à dire qui finirait la soirée en tant que club de Premier League, et quel écurie préparerait la prochaine saison en deuxième division. Owen Coyle ayant décidé de reléguer David N’Gog sur le banc, c’est Ivan Klasnič qui se présenta aux côtés de Kevin Davies sur le front d’attaque des Wanderers. Du côté du Etihad Stadium de Manchester, Djibril Cissé  et Wright-Phillips effectuaient leur retour pour les Rangers, titularisés en lieu et place du franco-marocain Adel Taarabt, et d’Akos Buzsaky. Revenons à présent sur les rebondissement ayant marqués cette lutte à distance incroyable.

Bolton se redresse et prend l’avantage

D’entrée de jeu, les joueurs de Bolton semblèrent en difficulté, subissant une pression terrible des géants de Stoke City. Sur la troisième occasion des Potters, c’est John Walters qui donna l’avantage aux Potters, plongeant les Wanderers dans une détresse sans fin. Pour ajouter à leur misère, les hommes d’Owen Coyle buttèrent par deux fois sur le gardien Sorensen, puis sur l’arrête du but, ne parvenant pas à égaliser. Au même moment, ce fut la fête au Etihad Stadium, les fans de QPR apprenant le score de leur adversaire pour le maintien. Sur la pelouse, les Rangers se battaient bien, mais ne semblaient pas capable de sortir de leur propre moitié de terrain. Une opportunité pour Cissé sur coup-franc offrit un peu de répit à la défense des visiteurs, mais sans réellement inquiéter Joe Hart. Le match s’annonçait bien long, autant pour QPR que pour Bolton, mais à ce moment-là, c’étaient les R’s qui se sauvaient de la relégation.

Cependant, le ciel si bleu des londoniens tourna vite à l’orage, Manchester City s’infiltrant dans leur surface de réparation par Yaya Touré, lequel transmit à Zabaleta qui catapulta le ballon au fond des filets, entre les doigts du malheureux Paddy Kenny, pas vraiment à son avantage sur ce coup-là. 1-0 City. Pour ajouter à leur malheur, les Rangers apprirent que dans la foulée, Mark Davies égalisa pour Bolton, profitant d’un cafouillage dans la surface, avant que Kevin Davies ne donne l’avantage aux Wanderers d’une frappe venu d’ailleurs dans un angle invraisemblable. 2-1 Bolton. Les Wanderers qui semblaient bien mal-en-point venaient de subtiliser la dix-septième place à QPR, alors que l’arbitre sifflait la mi-temps sur les deux pelouses.

QPR revient de nulle part

Dès la reprise, malgré une première occasion pour City, les Rangers montrèrent des signes de révolte. L’incontournable Djibril Cissé, profitant d’une erreur défensive de Lescott pour se présenter seul face au gardien Hart, fusilla le portier de City pour offrir l’égalisation à Mark Hughes et à ses partisans. Cissé qui depuis son arrivée n’a laissé personne indifférent, terminant chaque match avec soit un goal, soit un carton rouge, a repayé ainsi au centuple le club pour ses erreurs de discipline sur le terrain, les plaçant en position de se maintenir. Dans la foulée, Joey Barton fut sanctionné d’un carton rouge pour un geste peu évident sur Tevez, le petit argentin profitant de la mauvaise réputation du Scouser pour tromper l’arbitre d’une simulation crasse. Fou de rage, Barton se vengea bassement en assénant un coup de genou à Aguero qui n’avait rien demandé, un comportement pour lequel Barton devrait payer sous peu.

Archi-dominés et en infériorité numérique, les Rangers prirent miraculeusement l’avantage grâce à un déboulé d’Armand Traoré offrant un service parfait pour Jamie Mackie qui n’en demandait pas tant pour donner l’avantage à QPR. Devant un stade désabusé, QPR jouait à merveille son rôle d’empêcheur de tourner en rond. La nouvelle du but de Mackie replongea Bolton dans la morosité, et leur souffrance ne s’arrêta pas là, Peter Crouch, ancien joueur de QPR,  profita d’un ballon relâché par le gardien Bogdan pour obtenir un penalty. Et ce fut Walters qui convertit l’offrande, plongeant les Wanderers dans la tombe.

A ce moment-même, QPR souffrait le martyr contre City, assiégé de toutes parts par les Citizens, animés par la faim d’une victoire qui les sacrerait champions. Les SkyBlues affichèrent même jusqu’à 80% de possession de balle, mais sans parvenir à convertir leurs chances, Paddy Kenny s’interposant face à Aguero, Dzeko et Balotelli. Cependant sur corner, Edin Dzeko offrit une égalisation logique à Manchester City, un but qui plaçait les Rangers sous pression. Cependant, au même moment, Thomas Sorensen, d’un arrêt difficile sur la ligne, précipitait Bolton en Championship, alors que le coup de sifflet final retentissait. Du côté de City, dans la dernière minute de temps additionnel, Aguero donnait le tournis à une défense des Rangers exténuée, pour fusiller Kenny et offrir aux supporters de City le titre qu’ils attendaient depuis quarante-quatre ans. Cela ne changeait plus rien pour QPR, qui se maintenait grâce au match nul de Bolton à Stoke. Cette défaite n’enlève rien au match vaillant et héroique des hommes de Mark Hughes, qui n’auront pas volés leur survie en Premier League.

Le regard vers l’avenir

Le football peut être cruel par instant, et la survie des Wanderers a tenu à la main ferme du gardien de Stoke, les privant d’une fantastique remontée. Cependant, le club criblé de dettes semble promis à un futur difficile, les joueurs cadres semblant voués à l’exode, et les caisses toujours autant vides. Un homme doit être soulagé de ce dénouement: Mr Pollock, arbitre assistant de Bolton-Queens Park Rangers il y a peu, qui a annulé un but de QPR ayant franchi la ligne de presqu’un mètre, but avec lequel les R’s auraient été saufs depuis un moment. Sur l’ensemble de la saison, QPR mérite son maintien, notamment grâce à ses cinq victoires consécutives à domicile en fin de saison. Mark Hughes aura réussi à maintenir les hommes du président Tony Fernandes en Premier League, et touchera par conséquent une somme coquette en récompense. Hughes et Fernandes peuvent à présent regarder vers demain, et construire encore un peu plus ce club en plein développement, qui vise chaque année plus haut. Difficile à dire où seront les Rangers dans douze mois, mais qui sait ce que le football peut leur réserver.  Pour cela, rendez-vous dès le mois d’août pour une saison de Premier League encore plus folle que les précédentes, car ce championnat d’Angleterre se révèle chaque année plus passionnant.

QPR s’impose avec l’énergie du désespoir

Un but de Djibril Cissé libère les Queens Park Rangers à l’orée du temps additionnel pour leur offrir une victoire qui pourrait bien être synonyme de maintien.

Le match le plus important de l’année pour QPR

Depuis presque quatre mois, les Rangers de Mark Hughes sont condamnés à regarder nerveusement par-dessus leurs épaules, pour guetter un retour possible de Bolton ou encore de Blackburn qui les condamnerait à la relégation. Cependant, QPR semblait plus en mesure que jamais de s’en sortir, les londoniens couchant sur cinq succès consécutifs à domicile, notamment contre Livepool, Arsenal ou encore Tottenham. Malgré cette bonne forme à domicile, les bleu et blancs ne se situaient dehors de la zone de relégation qu’à la différence de but, une situation extrêmement inconfortable à deux journées de la fin du championnat, d’autant plus quand le calendrier affichait une visite chez le leader City lors de la dernière journée. Alors les Rangers n’avaient pas le choix ; S’ils voulaient croire au maintien, seule une victoire leur permettrait de garder espoir, tout autre résultat les condamnant quasiment à un retour immédiat en Championship. Leurs adversaires du jour, les Potters de Stoke, eux n’avaient plus grand chose à jouer si ce n’est grappiller quelque places dans le ventre mou du championnat pour couronner une saison solide, mais pas très spectaculaire. Malgré leur position confortable, les Potters n’allaient faire aucun cadeau à des R’s poussés par un stade de Loftus Road déchaîné encore une fois.

Une entrée en matière compliquée

Dès le coup d’envoi, la nervosité fut perceptible dans les rangs des londoniens, et après quelques minutes, Cameron Jerome se présenta en bonne position face à Paddy Kenny, mais le joueur de Stoke envoya sa frappe dans les tribunes. Un premier avertissement sans frais pour les Rangers qui eut le mérite de permettre aux pensionnaires de Loftus Road de resserrer les rangs. Dans une première mi-temps extrêmement physique et hachée, les occasions ne furent pas nombreuses. Seul un coup-franc très bien tiré d’Adel Taarabt ne parut inquiéter le gardien Sorensen.  Privilégiant un jeu aérien, les joueurs de Stoke ne se montrèrent menaçant que sur des corners ou des touches longues, sans que le gardien Kenny n’ait à intervenir. Juste avant la mi-temps, Barton se présenta par deux fois en position favorable, avant que Mackie et Taarabt ne s’allient pour tenter d’aller chercher l’ouverture du score, mais à chaque fois le gardien danois de Stoke s’interposa confortablement.

Dès la reprise, Stoke se montra plus légérement plus conquérant, et malgré un joli tir enroulé de Ricardo Fuller, aucune équipe ne semblait en mesure de rompre la parité. Le tempo du match changea quelque peu à l’heure de jeu, QPR pressant pour obtenir une ouverture du score qui leur donnerait un sursis avant leur déplacement à Manchester City. La solution semblait pouvoir venir des ailes, grâce au bûcheur Jamie Mackie sur la droite et au talentueux Adel Taarabt sur la gauche, mais ni l’un, ni l’autre ne parvint à réellement mettre en position décisive Bobby Zamora, ou Djibril Cissé fraîchement entré en jeu. Face à un Stoke City qui ne se souciait guère plus de faire le jeu, mais se contentait d’attendre en défense, les Rangers savaient que chaque minute les rapprochait de la deuxième division, et même si Djibril Cissé sortit de sa torpeur d’une tête rageuse, le portier Sorensen se montra à encore une fois la hauteur pour garder son équipe dans le match.

La délivrance par Cissé

Les minutes filant à grande vitesse, Mark Hughes et tout le staff bleu et blanc retint son souffle quand Peter Crouch faillit crucifier le club qu’il supportait étant enfant, sa tête sur corner flirtant avec le premier poteau. C’est à ce moment-là que sur un corner, à la quatre-vingt-neuvième minute, Anton Ferdinand dévia la course du ballon vers le deuxième poteau où attendait le renard Djibril Cissé, lequel ne manqua pas la cible. Dans une euphorie apocalyptique, l’attaquant français s’offrit son quatrième but, peut-être le plus important de sa carrière. Nerveux et presque désespérés quelques minutes auparavant, les supporters locaux purent enfin laisser éclater leur joie. Ce fut avant que Peter Crouch, au bout du temps additionnel, passa tout près d’offrir à Stoke un point inespéré, mais son tir passa devant le goal sans personne pour le dévier au fond des filets.

Sur l’ensemble du match, les Queens Park Rangers n’ont pas volé leur succès, leur gardien Paddy Kenny n’ayant eu qu’un arrêt facile à exécuter, alors que les R’s tirèrent à vingt-et-une reprises en direction du but de Sorensen. Cependant, malgré une nette domination dans la possession de balle, les R’s ont eu toutes les peines du monde pour inquiéter réellement une défense des Potters extrêmement bien en place. Stoke n’aura pas de regrets à avoir, cette défaite n’ayant pas de conséquence majeure au classement pour eux. À l’aise dans le jeu aérien, les rouge et blancs n’ont jamais su profiter de leurs contres, et malgré un très bon match de Peter Crouch, les Potters n’ont pas réussit à ajouter des goals à leur total offensif toujours aussi pauvre. Pour QPR, cette victoire sur le fil conjuguée au match nul de Bolton contre West Brom permet au londoniens d’aborder le fameux Survival Sunday avec deux points d’avance sur la zone de relégation. Ils ont pu compter sur un match très solide de Joey Barton, Adel Taarabt, et Jamie Mackie, et l’impact de Cissé sorti du banc à l’heure de jeu leur permit de s’offrir peut-être une occasion de fêter (eux aussi ?) au Etihad Stadium dimanche prochain.

Teams:

QPR:   Kenny, Taiwo, Onuoha, Hill, Ferdinand, Barton, Derry, Buzsaky, Taarabt, Mackie, Zamora.

STOKE:   Sorensen, Huth, Whelan, Fuller, Wilson, Shawcross, Walters, Upson, Delap, Crouch, Jerome.

ARBITRE: André Marriner

BUTS: 1-0, 89′ minute, Djibril Cissé.

Le Rêve Orange d’Ian Holloway…

Dans le cercle relativement restreint des hommes à avoir entraîné un club de Premier League, on retrouve des hommes comme Sir Alex Ferguson, Arsène Wenger, Kenny Dalglish. Et puis il y a des entraîneurs moins connus, mais qui font leur bonhomme de chemin dans le plus prestigieux championnat du monde. L’un d’eux, Ian Holloway a, malgré un très court passage, marqué les esprits, autant par son caractère délèctable que par le beau jeu de sa formidable équipe de Blackpool et cela malgré la relégation du club à la fin de la saison. Alors que la plupart des spécialistes prédisaient aux Tangerines un retour difficile en Championship, le club du bord de mer a déjoué tous les pronostiques en se qualifiant à nouveau pour les Play-Off pour la promotion.  Aujourd’hui, en prévision des Play-Off de Blackpool contre Birmingham City, MyPremierLeague vous propose le portrait d’un manager haut en couleur!

Ian Holloway, l’enfant

Ian Scott Holloway naquit le 23 mars 1963 à Bristol, d’une mère au foyer et d’un père pêcheur, puis ouvrier en usine. Durant l’enfance d’Ian, son père, fan du Liverpool FC, lorsqu’il n’était pas en mer, cultivait la passion du football en niveau amateur, et c’est donc tout naturellement que son fils grandit avec un ballon au pied. Après les cours, il tappait dans un ballon avec ses amis, et jouait notamment avec un certain Gary Penrice, qui lui aussi rêvait de devenir footballeur professionnel.

À l’age de quatorze ans, il rencontra celle qui est devenue sa femme, à Bristol, dans sa ville natale. Adolescent, il décrocha une place d’apprentissage avec les Bristol Rovers, le club local. Lorsqu’il atteint ses dix-huit ans, Ian signa un contrat professionnel avec les Rovers, pour qui il disputa son premier match la saison suivante.

Ian Holloway, le joueur

 Un début de carrière prometteur

Holloway effectua donc ses débuts avec le club de Bristol l’année de ses dix-huit ans. Orginellement, il occupait le poste de milieu droite et tapa assez rapidement dans l’oeil des recruteurs, qui se observaient les progrès du jeune Ian en troisième division avec Bristol Rovers. Régulièrement en équipe première, le jeune homme disputa plus de cent matches en première équipe, inscrivant au passage la bagatelle de quatorze buts, avant d’être vendu à Wimbledon pour 35’000£ Pounds.

Les années londoniennes

Avec les Dons, il peina à s’imposer en deuxième division, et après une saison infructueuse, il fut vendu à l’étage inférieur par les Dons à Brentford. Cependant, il ne convaincu pas pleinement ses dirigeants, et après un prêt à Torquay, il décida de retourner aux Bristol Rovers, après deux ans difficiles à Londres. Les quatre saisons qui s’ensuivirent se révélèrent satisfaisante pour Holloway qui, sous les ordres de Gerry Francis, fut très performant et gagna avec les Rovers, la promotion en Championship. Pierre angulaire du dispositif de Francis, Ian Holloway disputa 179 matches sur 184 possibles, et ce fut sans surprise lorsque le coach fut engagé à la tête des Queens Park Rangers en Premier League, que Francis enmena Holloway dans ses bagages vers la capitale, où celui-ci retrouva son ami d’enfance et coéquipier chez les Bristol Rovers, Gary Penrice…

Holloway pour ses débuts à QPR (Image: The People)

Lorsqu’on lui demanda de décrire son style de jeu, Holloway répondit: "Des joueurs comme Glen Hoodle (meneur de jeu emblématique de Tottenham et de l’équipe d’Angleterre) peuvent bien s’asseoir et jouer du piano, mais sans quelqu’un pour porter le piano, et règlant le tabouret, il ne pourrait pas jouer si bien. En d’autre mots, chaque équipe a besoin de travailleurs, et j’étais un de ces travailleurs, qui bossaient pour l’équipe."

Avec les Rangers, Holloway disputa cinq saisons de Premier League, en tant que joueur d’utilité plutôt que pillier de l’équipe, mais son travail était très apprécié par son entraîneur et ses coéquipiers. En 150 matches de Premier League, Holloway marqua quatre buts, et passa ce que l’on peut appeler l’apogée de sa carrière de joueur à Loftus Road. Cependant, lorsque les R’s furent relégués en 1996, le natif de Bristol quitta Londres pour retourner une troisième fois chez lui, aux Bristol Rovers, en tant que joueur-entraîneur. Une troisième fois, Holloway fut rejoint par son ami Penrice, qui termina sa carrière avec le club du sud-ouest de l’Angleterre.  Au cours de sa carrière, Ollie, comme il fut surnommé, disputa plus de six cents matches,  dont quatre cent aux Bristol Rovers.

Holloway avec "ses" Bristol Rovers (Image: The Sun)

Ian Holloway, l’entraîneur

 Ses débuts sur la ligne de touche

Holloway raccrocha les crampons en 1999, après près de vingt ans de carrière. Cependant, il garda son poste d’entraîneur chez les Rovers. Durant sa période de quatre ans à la tête du club de Bristol, il qualifia une fois ses couleurs pour les Play-off de troisième division, et finit en milieu de tableau lors de trois autres saisons, un bilan plutôt satisfaisant. Cependant, durant sa période en charge de Bristol, Holloway se révéla être en conflit permanant avec les médias, et cela lui attira passablement de critiques.

Ollie fait renaître les Rangers

En 2001, lorsqu’une offre se présenta pour lui de diriger les Queens Park Rangers, un autre club cher à son coeur, il se fit la promesse de faire de sa collaboration avec les médias un atout, contrairement à ce qu’il fit durant son temps à Bristol. Une remise en question qui constitue aujourd’hui encore la marque de fabrique d’Ian Holloway. Arrivé en cours de saison dans un club décimé par les problèmes d’argents, et forcé à vendre son meilleur joueur pour récolter des fonds (un certain Peter Crouch), Ollie fut investi de la mission presque impossible de maintenir les Rangers en Championship, la deuxième division du système anglais. Sans surprise, QPR termina la saison avant dernier, et les londoniens furent relégués en League One, pour la première fois en trente-quatre ans.

Dans un climat financier absolument cataclysmique, Holloway eut la lourde tâche de renconstruire une équipe à la dérive depuis cinq ans. Malgré l’appui de plus de 14’000 fans chaque samedi, le choc fut difficile pour tout le monde. En effet, les R’s qui affrontaient Manchester United et Arsenal il y a encore six ans, devaient s’incliner contre des clubs comme Oldham. Cependant, malgré l’adversité et les problèmes financiers, QPR forma une équipe constitué en majorité de fans du club, tels que les talentueux Martin Rowlands et Lee Cook, ayant grandis autour du stade, ou encore les supporters et déjà professionnels Kevin Gallen, Paul Furlong et Marc Bircham. Autour d’eux, on retrouvait des routiniers des divisions inférieures tels que Danny Shittu, ou Chris Day, acceptant de jouer pour presque rien.

Lors de la première saison, QPR se qualifia pour les Play-Off pour la promotion. En effet, Ollie parvint à créer une osthmose entre les joueurs, chacun prêt à mourir pour son coéquipier, et une cohésion indescriptible entre l’équipe et les fans, conscients que c’étaient leurs semblables qui se battaient sur le terrain. QPR passa le premier tour des Play-Off, en allant chercher un match nul à Oldham, puis en battant les Latics 1-0 à Loftus Road, dans ce qui est encore décrit comme le match avec le plus d’ambiance de l’histoire des Rangers. Le meilleur souvenir de tout Ranger, alors que paradoxalement, le club n’avait jamais été si mal classé…

Holloway après la victoire contre Oldham (Copyright: Dailymail)

La finale des Play-Off se déroula au Millenium Stadium de Cardiff, contre Cardiff City, et sous les yeux de 34’000 Rangers ayant fait le long déplacement de la capitale galloise, les R’s s’inclinèrent 1-0. Ce match fut d’ailleurs le point de départ d’une haine terrible à l’égard de Cardiff, les Fans gallois ayant pris d’assaut l’hôtel de l’équipe en pleine nuit, privant les joueurs de sommeil.

Cependant, la saison suivant fut plus prolifique, et cette fois-ci, c’est par promotion automatique que QPR regagna son statut de club de Championship, grâce notamment à une victoire lors de la dernière journée sur la pelouse du troisième, Sheffield Wednesday…  Durant cette période, Holloway devint la coqueluche des médias, grâce à ses interviews déjantées. Lors d’un soir de victoire serrée face à Chesterfield, il dit cette réplique devenue culte (visible via le lien ci-dessous) : "Pour décrire notre performance, c’est comme si tu sors, un soir, à la recherche d’une jeune femme, et que tu réussis à te la faire, certaines fois elle sera vraiment belle, et d’autre fois la fille sera pas top… Notre performance aujourd’hui n’était pas top, mais au moins on a la fille dans le taxi…" Interview qui lui valut la bordée de sa vie en rentrant à la maison, madame appréciant moyennement la comparaison.

Des jours de League One, on retiendra la cohésion incroyable entre fans et joueurs, cohésion compilée dans cette video montrant les coulisses du club sous la coupe d’Holloway:

Vidéo: QPR, la vie en League Onehttp://www.youtube.com/watch?v=ytaX5FitpCw

Holloway dirigea QPR encore pour deux saisons, durant lesquelles les Rangers peinèrent en Championship, avant qu’Ollie soit viré, après avoir été se proposer pour le poste vacant d’entraîneur à Leicester.

Les années noires, à Plymouth et Leicester.

Malgré s’être proposé pour le poste à Leicester, Ollie fut recalé et se retrouva sans emploi. Quelques mois après son renvoi à QPR, Ian Holloway retrouva de l’embauche à Plymouth Argyle avec objectif de amener le club du Devon le plus haut possible en Championship, voire même en Premier League. Holloway gagna rapidement la confiance des supporters, et paya même un verre à la totalité des 700 supporters ayant traversé la totalité du pays pour assister à la victoire 3-2 de Plymouth à Sunderland. Ollie continua à oeuvrer avec Argyle pendant presque une année, avant de se voir offrir le job à Leicester qui lui avait été refusé un peu plus de quinze mois auparavant. Jugeant ce changement de poste comme une promotion, il donna son accord à Leicester, ce qui eut l’effet de provoquer la colère noire des dirigeants de Plymouth, qui lui avaient témoigné leur confiance à plusieurs reprises. Les deux clubs se mirent d’accord pour une somme de compensation, et Ian Holloway fut nommé boss chez les Foxes de Leicester, malgré les protestations des fans d’Argyle.

Le sort d’Holloway ne s’améliora pas avec Leicester. Les résultats ne furent pas au rendez-vous, et lors de la visite de son ancien club Plymouth au Walkers Stadium, son ancien patron l’accusa d’avoir bradé la plupart des joueurs de Plymouth avant son départ, puis d’avoir volontairement plongé le club du  Devon dans le précipice. Holloway nia avoir fait quelque chose de mal, mais Leicester, toujours autant à la peine, termina sa saison en roue libre, jusqu’à être relégué en League One (D3) à la fin de la saison. En deux ans, Ian Holloway avait ruiné toute la bonne réputation qu’il s’était forgée avec QPR, pour s’entacher d’une réputation d’homme attirant la controverse dans tous ses clubs.

Ian Holloway, l’homme

Son renvoi de Leicester entraîna chez Holloway une totale remise en question. Conscient de ses erreurs et du manque de dévouement dont il avait fait preuve avec ses derniers employeurs. Il décida alors de prendre une année sabbatique, loin du football, pour prendre un peu de recul et s’occuper de sa famille. Car la famille est quelque chose qu’Ian Holloway a toujours tenu à coeur. En effet, la vie ne lui a fait aucun cadeau. Marié à Kim, qu’il rencontra à l’âge de quatorze ans, il dut l’aider à soigner une terrible cancer. Sa femme finit par guérir, mais la vie lui réservait encore d’autre surprises. Kim et Ian eurent un premier enfant. Puis la Bristolienne accoucha de jumeaux, qui se révélèrent tous deux être sourds de naissance, à cause d’un gène récessif présent chez chacun des deux parents. Hésitant avant de concevoir un quatrième enfant, les deux mariés consultèrent des médecins pour être certains qu’un nouvel enfant n’aurait pas de risque de porter aussi le gène malade. Devant l’assurance des médecins que les probabilités que leurs prochains enfants soient aussi sourds  était infime, ils décidèrent d’avoir encore un enfant. Sauf que la petite Harriet qui naquit quelques mois plus tard se révéla être également sourde.

N’ayant aucune envie de se laisser abattre par la situation, Kim et Ian se battirent pour pouvoir offrir à leurs enfants une éducation adéquate. Cependant, les structures d’éducations appropriées aux enfants sourds étant assez rares en Angleterre, Holloway dut faire de nombreux sacrifices pour sa famille. Lorsqu’il entraînait QPR, Ian effectuait tous les jours le déplacement de plus de deux heures entre Londres et Bristol, pour permettre à ses enfants d’être scolarisés dans une école spécialisée pour enfants sourds. Les Holloway déménagèrent à plusieurs reprises pour permettre aux jumeaux et à leur cadette de bénéficier d’une éducation adéquate. Ian Holloway  parle évidemment le langage des signes, et est très impliqué pour la cause des personnes souffrant de surdité.

En 2004, Holloway prit part à un reportage télévisé sensé offrir une meilleure gestion du stress aux participants. Il avoua plus tard que cette étape fut cruciale pour lui, et lui permit d’observer la vie d’un autre oeil. Tout au long de sa carrière, Ollie fut réputé pour ses interviews déjantées et inattendues. Il fut même nommé dans le classement des Londoniens les plus drôles, réalisé par la presse anglaise.

 Ian et Kim Holloway, durant l’année sabbatique que l’entraîneur s’accorda, décidèrent de se lancer dans un essai d’un nouveau style de vie, prônant l’auto-suffisance. Depuis ce jour, les Holloway possèdent un bon nombre de poules, de chevaux, et de divers animaux leur permettant de subvenir eux-mêmes à leurs besoins.

Durant son année loin des terrains de football, Ian Holloway s’est énormément remis en question. Il s’est rendu compte qu’il avait quitté plusieurs de ses clubs de manière assez abrupte, notamment Plymouth Argyle. Conscient qu’il ne s’agissait pas là des valeurs de fidélité et d’honnêteté selon lesquelles il avait été élevé, il décida que dorénavant, il ne se laisserait plus emporter par ses pulsions pour arriver le plus haut possible le plus vite possible, mais il s’engagerait dans un projet sur le long terme, un projet auquel il croirait. C’est à ce moment-là qu’arriva l’offre de Blackpool.

Ollie le magicien à Blackpool

Blackpool commença la saison 2009-2010 avec un objectif très clair: éviter la relégation. Avec un des effectifs les plus pauvres du championnat et des moyens extrêmement restreints, les fans des Seasiders, surnommés la "Ollie’s Seaside Barmy Army", soit la Troupe d’Ian Holloway des maboules du bord de mer,  étaient extrêmement sceptiques quant à leurs chances de survie. De plus, Holloway venait de précipiter Leicester, club à l’effectif solide, en League One, alors qu’allait il donc faire avec Blackpool?

Ian Holloway ne perdit pas de temps pour parler tactique avec Brendan Rodgers, entraîneur de Reading, dès sa mise en fonction

La saison commença pas trop mal pour les Mandarines (Tangerines en anglais), comment sont surnommés les joueurs de Blackpool. En effet, l’équipe d’Holloway enchaina quatre matchs nuls consécutifs. Blackpool se trouva être plutôt bon à domicile, et pas trop mauvais à l’extérieur. Répondant largement aux attentes des dirigeants, les Tangerines firent leur petit bout de chemin, restant dans le ventre mou du championnat pour la plus grande partie de la saison. Dans un dispositif en 4-3-3 construit autour de la star locale, Charlie Adam, arrivé pour un demi million de livres depuis la réserve des Glasgow Rangers, Blackpool se révélait plutôt agréable à voir jouer, avec un jeu offensif et assez inattendu. Les Tangerines étaient menés par un trio de offensif dont personne nous voulait plus, avec DJ Campbell, recalé par Leicester en pointe, Brett Ormerod, ailier soi-disant vieillissant et Gary Taylor-Fletcher, ancien chauffeur routier n’ayant jamais joué à un très haut niveau. Conscient que son équipe n’était pas des plus talentueuses, Ollie déclara qu’il ne formait pas son équipe avec des talents dont la seule priorité est l’argent, mais avec des joueurs avec des qualités de coeur et du courage. Cela s’avéra payant, car au prix de quatre succès consécutifs en avril, la troupe d’Holloway se rapprocha du Top Ten, et commença à croire à ses chances de voler une place en Play-Off à la dernière minute. Et c’est ce qui se passa, grâce à des victoires face à Nottingham Forest et Peterborough, Blackpool s’offrit la sixième et dernière place pour les play-off grâce à un point d’avance sur le septième, un certain Swansea City.

Cette participation aux Play-Off se révéla être une bouffée d’oxygène pour ce petit club du Lancashire, voguant d’habitude entre le championship et la League One. Alors que le stade de Bloomfield Road peinait à atteindre les 10’000 âmes jusque-là, 12’000 tangerines se présentèrent au stade pour affronter Nottingham Forest. Dans l’euphorie collective, Blackpool renversa un déficit d’un but pour s’imposer 2-1. Le match retour se passa aussi bien pour les mandarines. En effet, alors que Forest menait 2-1 à la 70′ dans son antre du City Ground, Blackpool retourna totalement les Reds pour s’imposer 4 à 3. Ian Holloway et ses hommes venaient de s’offrir un ticket pour Wembley!

 Le 22 mai 2010, alors que plus de 40’000 habitants de Blackpool marchèrent sur Londres, laissant la ville totalement vide de sa population, tous les pronostiqueurs donnèrent Cardiff City, ayant éliminé Leicester au tour précédant, comme grandissime favori de la finale. Le prix: une place dans la plus riche ligue du monde. Une promotion qui, selon les journalistes, valait plus de 90 millions de livres sterling. Devant une marée orange, Blackpool commença plutôt mal. Menés 1-0 puis 2-1, les Tangerines semblèrent loin de leur meilleure forme. Et si le système d’Holloway avait montré ses limites? Et si la défense trop perméable des Tangerines leur avait coupé les jambes, une fois de plus, une fois de trop? Mais c’était sans compter sur les qualités de coeur des joueurs au maillot orange. Sortant encore une fois une prestation offensive qui n’aurait pas fait rougir d’autres oranges un peu plus au sud, Blackpool revint encore une fois de nulle part, marquant deux buts en moins de cinq minutes avant la pause pour mener 3 à 2 contre Cardiff City. Dans une hystérie indescriptible, le compte de fée prit forme, le rêve devint réalité. Blackpool remporta sa place en Premier League! Emu, Ian Holloway déclara que c’était le plus beau jour de sa vie, à l’exception de la naissance de ses enfants et de son mariage.

Ollie avec le trophée de la finale des Play-Off

Cependant, le club de bord de mer ne s’attendait tellement pas à cette promotion, qu’il n’avait rien prévu pour assumer les demandes d’un club de Premier League. Déjà le stade, contenant a peine 12’000 places, était constitué d’une vieille tribune en bois non finie qui menaçait de s’écrouler à tout moment. Blackpool dut mettre en route les travaux pour la remplacer immédiatement, portant la capacité à 16’000 places. A cause de l’importance des travaux, Blackpool demanda à jouer ses deux premiers matchs à l’extérieur. Mais sur le plan sportif aussi, les Seasiders prenaient du retard. En effet, à moins d’un mois de la reprise, Ian Holloway n’avait que quinze joueurs à sa disposition. Cela fut vite corrigé avec l’arrivée neuf joueurs, tous des inconnus en Premier League, avec notamment Malaury Martin, Ludovic Sylvestre, Eliott Grandin ou encore Richard Kingson. La première journée arriva, et Blackpool se déplaça à Wigan. Ayant un des effectifs le meilleur marché jamais vu en Premier League, Blackpool était favori pour redescendre, et même s’annonçait comme presque condamné d’avance. Mais sans complexe, avec un jeu offensif et séduisant comme jamais, Blackpool annonça son arrivée dans l’élite avec une massacrante victoire 4-0. Puis, les Tangerines allèrent s’incliner 6-0 contre Arsenal. Le ton était donné. Blackpool jouerait au football coute que coute, avec ce jeu offensif et risqué, quitte à redescendre immédiatement.

La saison avança, et malgré un manque de régularité, les Seasiders allèrent s’imposer à St-James Park contre Newcastle, à Anfield contre Liverpool, et prirent jusqu’à Noël la mesure de West Brom, Stoke, Sunderland ou encore Wolverhampton. Pointant en première moitié de tableau au passage de la nouvelle année, Blackpool représenta une bouffée d’air frais pour la Premier League. Un équipe séduisante composée de Nobody, que toute l’Angleterre se mit à apprécier. De plus, Ian Holloway, avec son caractère joyeux et ses blagues à l’interview se fit de nombreux amis et admirateurs dans l’élite du foot anglais. Blackpool marquait beaucoup de buts, mais en encaissait aussi beaucoup. Petit à petit, de nombreux clubs se pressèrent pour essayer de s’attacher les services du tonitruant Charlie Adam, véritable révélation de la saison. DJ Campbell fut également convoité, tout comme le gardien Matt Gilks. Mais Ian Holloway parvint à conserver ses meilleurs joueurs, et les chances de maintien semblèrent assez bonnes pour Ollie et ses hommes.

Cependant, Blackpool commença à perdre, et régulièrement… L’attaque de feu qui leur avait permis de compenser leur défense plus que perméable ne semblait plus capable de perforer les défenses comme c’était le cas en début de saison. Les Seasiders perdirent un match, puis deux, puis les défaites s’enchaînèrent, et l’équipe au maillot orange se retrouva à prendre huit points en 17 matchs entre janvier et avril. La chute au classement paraissait inévitable, et Ian Holloway ne sembla pas capable de freiner cette descente qui allait faire plonger Blackpool jusqu’au coeur de la bataille pour le maintien. Malgré un bref redressement qui vit Blackpool prendre six points en quatre match, les Tangerines abordèrent le fameux "Survival Sunday" au bord du gouffre. La tâche était compliquée: Aller gagner à Old Trafford pour se maintenir, rien que ça… Malheureusement, la suite vous la connaissez. Blackpool alla à Old Trafford avec le couteau entre les dents, et se battu  comme jamais. C’était le match de leur vie, et les Tangerines firent honneur au maillot. Malgré avoir mené 2-1 jusque vers l’heure de jeu, le défi était trop grand pour Ian Holloway et ses hommes, qui s’inclinèrent 4 à 2. Blackpool était relégué en Championship, pour un petit point, mais avec un sentiment de fierté: celui d’avoir fait rire et rêver toute le Royaume, le temps d’une saison, et surtout, après avoir prouvé qu’un promu pouvait jouer au ballon sans complexe et obtenir des résultats décents. Devant une standing ovation d’Old Trafford, Ollie et ses troupes sortirent du théâtre des rêves avec le coeur brisé, mais la tête haute. Une statistique souligne bien l’exploit de Blackpool lors de cette saison: Ils inscrivirent le même nombre de but que Tottenham qui a fini cinquième, mais avec une masse salariale totale ne permettant même pas de payer le salaire des quatre milieux de terrain titulaires des Spurs sur une saison.

Blackpool est relégué. Mais ni Ollie, ni ses joueurs n’ont à rougir de leur parcours.

What if they did it again?

 Une nouvelle saison s’annonçait pour les Tangerines. Avec DJ Campbell parti pour QPR, Charlie Adam vendu à Liverpool pour 7£ millions, et neuf autres joueurs quittèrent Bloomfield Road. Grâce notamment aux lucratifs "Parachute Payments" offerts au clubs relégués de Premier League pour se réinstaller en Championship, Ollie s’offrit les services de Barry Ferguson ou Kevin Phillips, routiniers relégués de Premier League avec Birmingham, ou encore de jeunes talents en prêt, tels que Tom Ince ou Gerardo Bruna entre autres.

Alors que les pronostiqueurs, encore une fois, ne firent aucun cadeau aux Tangerines, Blackpool entama plutôt bien sa saison, avec deux victoires face à Hull et Peterborough. Très vite, on retrouva à Bloomsfield Road ce qui avait fait la force des Seasiders durant la saison de leur montée, avec un jeu offensif, distrayant, et une bonne forme  à domicile. Le pari d’Ian Holloway de remplacer DJ Campbell par le vieux Kevin Phillips se révéla payant, le vétéran anglais marquera en tout dix-sept buts durant la saison régulière. Toujours en 4-3-3, et toujours avec Taylor-Fletcher, Ormerod, Evatt, Baptiste et Southern, Blackpool rajeunit son effectif avec les apparitions des ailiers Matt Phillips et Tom Ince de plus en plus fréquentes pour soulager les vétérans. Le premier nommé fut même une des révélation de la saison, marquant onze buts et distillant de nombreuses passes décisives pour s’imposer comme un des meilleurs ailiers du championnat. En grande forme, Blackpool réalisa des mois de janvier et février tonitruants, avec six victoires en neuf rencontres, et après un petit coup de mou en mars, ils parvinrent à assurer leur place en play-off grâce à trente jours magiques en avril, leur permettant de battre Leeds, Southampton ou encore Brighton et Burnley pour distancer leurs concurrents directs pour les Play-Off.

Un retour sous le soleil de Wembley pour Ian?

La saison régulière se termina, et Blackpool finit en cinquième position, devant affronter Birmingham City pour les demi-finales des barrages de promotion. Et si Blackpool réalisait l’exploit, encore une fois? Eh bien pourquoi pas? La pression n’est pas sur leurs épaules, mais sur celles de West Ham et Birmingham, qui s’endettent pour conserver leurs meilleurs joueurs, alors que Blackpool a su se reconstruire sans se ruiner. Ce soir, vendredi 4 mai 2012, les Tangerines accueillent les Blues de Birmingham dans leur antre de Bloomfield Road. Avec le soutien de toute une nation qui redemande encore du show Holloway, et de tous les amoureux du foot. Alors pourquoi ne pas y croire, à ce culte d’Ian Holloway pour le jeu offensif, pour le jeu sans complexe? Une chose est sûre, dans la tête des Mandarines de Blackpool, et de leur gourou Ollie, il est bien présent, ce rêve de Premier League, de regoûter à la meilleure ligue du Royaume. Et sous l’inspiration de leurs confrères hollandais dont ils partagent bien plus que la couleur du maillot, mais aussi l’amour d’un football presque total, Blackpool pourrait bien revivre à nouveau, ce rêve, de gloire, ce rêve teinté d’ "Oranje".

Heidar Helguson, le Viking de Loftus Road

 Alors que  les Queens Park Rangers tiennent la route pour leur première saison de retour en Premier League, le club de l’ouest de Londres s’est enfin (re)trouvé un buteur providentiel. Alors que les Rangers comptaient plutôt sur les recrues DJ Campbell et Jay Borthroyd, ou sur le talentueux Adel Taarabt pour faire trembler les filets de Premier League, c’est le vétéran islandais Heidar Helguson qui s’est imposé en buteur miracle pour les R’s. Revenons sur le parcours de celui que personne n’attendait à un tel niveau, et qui a bien failli ne jamais être dans le groupe en début de saison.

Des débuts dans le grand nord

Né en 1977 dans un petit village comptant mille-quatre-cent âmes au nord de l’Islande flirtant avec le cercle polaire, Heidar Helguson passa toute son enfance sur son île au nord de l’Europe, grandissant en tapant des ballons avec les enfants de son village. Adolescent, il fut inscrit dans le club local, le  UMFS Dalvík. Progressant à travers le système de juniors du club, il effectua à dix-sept ans ses premiers pas avec l’équipe amateure locale, bien loin des recruteurs et des sirènes des grands clubs. Peu avant ses vingt ans, l’islandais décida de tenter sa chance dans un club plus huppé du pays, en l’occurence le Próttur Reykjavik.  Cependant, dans un pays où le football ne permet pas de vivre, Heidar Helguson fit ses valises une année plus tard, direction la Norvège. Après un stage peu fructueux à Newcastle United, c’est avec Lillestroem, club de première division norvégienne que s’engagea Helguson. Il avait alors déjà vingt-deux ans, et ne vivait toujours pas de son sport. Cependant, avec le club norvégien, Helguson s’imposa immédiatement comme titulaire, et fit même partie des favoris du public, reconnaissable à son maillot numéro un. Dès la première saison, l’attaquant inscrivit dix-huit buts en un peu plus de quarante titularisations, et s’imposa comme une des révélations du championnat, si bien qu’il attira très vite l’attention des recruteurs étrangers, avec en tête de file le club de Watford, fraîchement promu en Premier League, à la recherche d’un buteur. La transaction s’effectua en janvier 2000 pour un montant record de £1.5 million, permettant à celui que les anglais surnomment "Iceman", l’homme de glace, de réaliser son rêve de jouer en Premier League. Très attaché à son pays natal, Helguson est depuis lors un titulaire indiscutable en équipe nationale Islandaise.

Helguson (à droite) sous le chandail islandais (Image Uefa)

Welcome to England, Heidar!

Débarqué au mercato dans le club de Watford, en banlieue de Londres, Helguson s’acclimata assez rapidement à l’Angleterre. En effet, dès sa première titularisation, contre Liverpool, l’islandais inscrivit un beau but pour les Hornets, empochant au passage le titre de "Performance de la saison".  Il inscrivit en tout six goals pour sa première demie saison en Angleterre. Malheureusement, malgré ses bonnes performances, Helguson ne permit pas aux Jaunes et Noirs de se maintenir dans l’élite, et Watford accompagna Wimbledon et Sheffield Wednesday dans l’ascenseur vers  les eaux bien connues du Championship…

Helguson jouant pour "son"club de Watford

Pour leur retour en deuxième division, les Hornets effectuèrent un très bon départ, les plaçant en tête en novembre, avant de sombrer dans le milieu de classement. Helguson connut une saison moyenne, et fut même utilisé en tant que défenseur latéral durant plusieurs matches. La saison suivante ne fut guère meilleure, Iceman étant blessé pour la majeure partie de la campagne. Il retrouva pleinement ses moyens lors de la saison 2004-2005, sa cinquième au club, où il inscrivit la bagatelle de vingt buts, et fut élu joueur de l’année pour Watford.

En cinq ans et demi, "HH" disputa plus de 175 rencontres avec Watford durant lesquelles il marqua à cinquante-cinq reprises. Mais au-delà de ses buts, Helguson s’imposa à Vicarage Road comme une légende en puissance, et comme le joueur préféré du public. C’est durant son passage à Watford qu’il révèla ses qualités de buteurs, notamment son sang-froid à toute épreuve, faisant de lui un formidable tireur de penalty, sa détente extraordinaire et son jeu de tête hors du commun. De plus, "Iceman" est un combattant, qui ne lâche jamais rien, qualité plaisant par dessus tout aux spectateurs britanniques. Ce sont ces qualités qui tapèrent dans l’oeil de Fulham, qui s’attacha ses services en juin 2005.  A Fulham, Helguson enchaîna de belles performances, au côtés de l’américain Brian McBride, faisant trembler les filets onze fois en deux ans. Cependant, avec la montée en standing des Cottagers il fut transferé à Bolton, club où il n’eut jamais sa chance…

Heidar avec Bolton, contre son ancien club, Fulham.

Iceman is a Ranger!

 En novembre 2009, après deux saisons sur le banc ou à l’infirmerie à Bolton, Heidar Helguson fut prêté aux Queens Park Rangers dont l’ambitieux projet sportif était sensé faire renaître la carrière de l’islandais, à trente-deux ans.  Dix matches et cinq buts plus tard, son prêt fut transformé en transfert définitif, et il continua à impressioner pour QPR le reste de la saison, grâce à son travail sans relâche. Cependant, Helguson n’étant pas un joueur très fin techniquement ou très bon dans la construction du jeu, l’entraîneur Jim Magilton lui préfèra Jay Simpson, jeune attaquant prêté par Arsenal, et Helguson fut prêté à Watford, "son" club en Angleterre. Il y resta jusqu’au terme de la saison, marquant assez régulièrement pour les Hornets.

Mais, à l’aube de la saison 2010-2011, avec l’engagement de Neil Warnock à QPR, Helguson entrait à nouveau dans les plans de l’entraineur des Rangers, et il fut conservé, notamment à cause de l’incapacité financière de Watford de reprendre l’attaquant en prêt… Compte tenu de la méforme des attaquants de pointe des "SuperHoops",  Warnock donna sa chance à Helguson qui sût la saisir, jouant à merveille son rôle de pivot,  en pointe de l’attaque, contribuant au départ cannon des Queens Park Rangers. Grâce à ses buts et à ses coéquipiers, Helguson aida les Rangers à construire une série de dix-neuf matches sans défaite, chutant finalement juste avant Noël contre… Watford. Peu importe, QPR vola jusqu’à la promotion, et retrouva enfin la Premier League, après quinze ans d’absence. En tout, Heidar Helguson inscrivit treize buts, dont une réussite lors du match-couronnement en fin de saison contre Leeds, où les R’s remportèrent la Football League Championship.

D’indésirable à indispensable…

Seulement, à l’heure où les Rangers s’apprétaient à aborder la nouvelle saison en Premier League, Heidar Helguson n’avait toujours pas de contrat, suite à l’échéance de son accord avec le club londonien. Et malgré les arrivées de DJ Campbell depuis Blackpool et de Jay Bothroyd de Cardiff, sensés mener l’avant garde bleue et blanche en Premier League, l’entraîneur Warnock opta finalement pour prolonger d’une année le contrat d’Helguson, histoire d’avoir un peu de profondeur en cas de blessure. Déstitué de son numéro neuf habituel, Helguson dut se décider pour le 22, et passa de justesse le "cut" de Premier League, obligeant les clubs à se limiter à 25 joueurs.

Helguson de retour en Premier League

 Les Rangers débutèrent la saison avec une claque face à Bolton, 4-0, match où Helguson ne joua pas. Puis, le club fut racheté par le businessman Tony Fernandes, lequel ajouta de nouvelles recrues, par exemple Wright-Phillips ou Joey Barton. Lors des deux matches suivants à Everton et Wigan, Warnock choisit de titulariser une fois Bothroyd, une fois Agyemang, venu pour l’occasion depuis l’équipe réserve. Helguson, à 34 ans et jugé sans grand avenir à QPR, prit place sur le banc, sans se plaindre, ce n’est pas son genre… Encore omis pour la rencontre face à Newcastle, puis face aux Wolves, "Iceman" était condamné à prendre son mal en patience. Sa chance vint contre Aston Villa, lors du sixième match de la saison. Alors que QPR était mené 1-0 par les Villans, et que les arrêts de jeu approchaient, Helguson fut introduit dans la partie. Pour l’un de ses premiers ballons, à la quatre-vingt-douzième minute, l’islandais centra très fort devant le but, forçant le défenseur de Villa, Richard Dunne à concéder un autogoal sauvant un point mérité  pour les Rangers.

Neil Warnock, constatant qu’Helguson n’avait pas perdu son sens du but, décida de le  titulariser contre Fulham, puis contre Blackburn, avec à la clé, l’unique but des R’s sur les deux rencontres, d’un lob astucieux contre les Rovers. C’est ce but qui lui valut sa titularisation lors du Derby contre Chelsea, l’ennemi juré de tout fan des Queens Park Rangers. Et dans un match hâché, qui verra les Blues de Chelsea terminer le match à neuf, et prendre sept cartons jaunes,  Helguson démontra encore l’étendue de son talent, tout d’abord en provoquant un penalty en profitant de la naïveté de la défense de Chelsea, puis en le transformant en pleine lucarne. Une victoire sur Chelsea, pour un fan de QPR, constitue la réconpense suprême, le nirvana, et Helguson, grâce à son but, fut élevé par le peuple bleu et blanc au rang de Légende, tout comme le dernier buteur de derby, il y a plus de quinze ans, "Super Kevin Gallen".

Helguson donnant la victoire à QPR contre l'ennemi Chelsea

Mais le meilleur était encore à venir pour le vétéran. Consterné par la piètre première mi-temps de ses joueurs à Tottenham, le coach des Rangers se décida à passer en quatre-quatre-deux, introduisant Bothroyd aux côtés d’Helguson, au détriment de l’inefficace Adel Taarabt. Et devant le jeu plaisant présenté par ses joueurs, Warnock conserva ce système, mettant pleinement en valeur Heidar Helguson. Ainsi, le match suivant, les Rangers qui d’ordinaire semblaient incapable de marquer le moindre but passèrent à un cheveu d’obtenir le scalp de Manchester City, s’inclinant 2-3 face aux leaders de Premier League, malgré la réussite de la tête de Bothroyd et le but du dos (!) d’Helguson. Le match suivant, à Stoke, fut une véritable démonstration des Rangers, qui renversèrent le 1-0 pour Stoke, en 3-2 en leur faveur. Helguson, victime d’un terrible coup de genou sur la pomette de la part de Robert Huth, inscrivit le magnifiquement le premier but des londoniens, d’une tête-missile sur un bon centre de Traoré. Il se fit d’ailleurs très mal à la joue sur la célébration, allant embrasser le passeur décisif, oubilant totalement qu’il jouait avec la pomette fracturée. Après que le défenseur Young ait donné l’avantage aux R’s, Helguson inscrivit le 3-1, avec un but de renard des surfaces. Grâce à ce but, l’islandais porta son total-buts à cinq, et peut se targuer d’avoir été à l’origine de six des treize buts inscrit par QPR, une statistique de presque 50 pourcent où Robin VanPersie fait mieux.

Helguson, un exemple!

 Mais bien au-delà de ses goals inscrits cette saison, Heidar Helguson constitue un véritable exemple pour les jeunes footballeurs. Parti d’un environnement pas forcément favorable au football, l’islandais s’est toujours montré irréprochable, par son éthique de travail, par son hygiène de vie lui permettant de répéter les efforts à presque trente-cinq ans,  par son comportement, par son dévouement. En effet il resta fidèle à Watford, après que les Hornets aient étés relégués, fidèle aux Rangers, alors qu’il semblait promis à un rôle secondaire.

D’ailleurs, Neil Warnock lui adressa un bel hommage la semaine dernière, avouant dans la presse que l’attaquant idéal recherché par les Queens Park Rangers durant le mercato d’hiver était le frère jumeau d’Helguson. Avec quelques années en moins, cependant. Car si Helguson est du mauvais côté de la trentaine, son utilité n’en est pas amoindrie. L’attaquant n’est certes pas coutumier des célébrations de but délirantes, se contant souvent de lever les bras au ciel, l’homme est de tempéramment calme, et  très appréciée dans les vestiaires.

Mais le véritable atout de l’attaquant, outre son sang-froid, réside dans son jeu de tête. Même si l’islandais ne mesure en réalité que 177 centimètres, cela ne l’a pas empêché de gagner ses duels aériens contre John Terry, Joleon Lescott, Yaya Touré, ou encore Ryan Shawcross, alors tous le  dominent de dix bons centimètres. Dans la forme de sa vie au sein du quatre-quatre-deux des Queens Park Rangers qui lui va si bien, tantôt accompagné de Bothroyd ou de Mackie, Helguson compte bien ne pas s’arrêter à cinq buts cette saison.  Malgré son manque de rapidité, "Iceman" est toujours au coeur de l’action grâce à son sens du placement exceptionnel, et sa capacité à jouer en remiseur, ou à garder le ballon dans la zone adverse. Evidemment, il ne faudra pas lui demander de dribler trois défenseurs adverses, mais Heidar Helguson est lucide, il sait quelles sont ses qualités, et sait en jouer.

Alors à trente-quatre ans, l’homme de glace compte bien mettre le feu aux défenses de Premier League encore une fois, et s’envoler, toujours plus haut, dans les airs où il est si à l’aise, avant de ranger ses ailes une fois pour toute…

Le Derby à la sauce Fish and Chips…

La semaine dernière, le championnat de Premier League était théâtre de deux Derbies bien spéciaux: La victoire en un set par Manchester City sur Manchester United 6-1, et la curieuse défaite d’un Chelsea écoeuré sur la pelouse de leurs petits mais féroces voisins de Queens Park Rangers. Mais au fait, c’est quoi, un derby? Revenons aujourd’hui sur cette notion culte qui fait toute la beauté du football britannique.

Sunderland contre Newcastle. Vaut mieux ne pas être steward...

Mais c’est quoi, un Derby?

Le terme "Derby" (pour faire très british, prononcez "Daaarby") voit le jour en Angleterre au XVIIIème siècle, lorsque le Comte de Derby créa une célèbre course de chevaux, qu’il nomma "The Derby". Cette course de chevaux étant l’une des premières compétitions sportives de haute renommée, le nom "Derby" fut conservé pour désigner toute compétition sportive en Grande Bretagne, spécialement celles attirant de grandes foules comme la course de Derby. Avec l’apparition des clubs de football au milieu du XIXème siècle, les matches entre deux clubs proches géographiquement furent donc nommés "The Local Derbies", les affrontements régionaux. Avec le temps, le terme local fut de moins en moins utilisé, et le mot "Derby" seul fut utilisé pour désigner ces matches à enjeu particulier, terme que l’on utilise encore aujourd’hui dans le monde entier.

D’autres supporters de football soutiennent que le terme "Derby" vient de la ville anglaise elle-même, où se disputait chaque année une finale régionale de football, qui se déroulait très souvent de façon houleuse et chaotique. De ce match, on aurait donc nommé toute rencontre tendue : un "Derby". Cependant, cette théorie tient plus de la légende urbaine que d’un fait purement historique.

Pas toujours facile, le bizutage du derby, demandez à Juan Mata...

Depuis longtemps, les supporters attendaient avec impatience les derbies, car à l’époque, la plupart des supporters de la classe moyenne n’avaient ni l’argent, ni les moyens de transport pour se déplacer et suivre leur club à l’extérieur, les derbies étaient donc l’occasion de suivre leur équipe lors des "Away Games" sans se ruiner.

 Aujourd’hui, dans un pays qui compte pas moins de quatre-vingt-seize clubs professionnels et de nombreux clubs semi-professionnels, il existe donc presque autant de derbies que de clubs. Un seul mot d’ordre: Tous contre tous! Dans un pays où le chambrage est le sport numéro quatre, derrière le football, le rugby, et la tournée des bars, les supporters prennent un malin plaisir à gâcher la semaine des voisins d’en face grâce à une bonne grosse claque lors du derby local.

Au fond, qu’ont-ils de plus que nous, ces Roastbeefs?

Alors qu’en France et en Espagne, on dénombre une petite quinzaine de derbies professionnels, un peu plus du double pour l’Allemagne et l’Italie, qu’est-ce que les Anglais ont à nous apprendre sur les derbies, qu’ont-ils en plus que nous, ces Brittons?

Une explication est que chaque anglais supporte un club. Ou presque. Du premier ministre David Cameron, fervant supporter d’Aston Villa, au prince William, suiveur d’Arsenal, depuis le  Docker faisant tous les déplacements de Millwall jusqu’à la petite grand-mère dans son cottage au fond du Shropshire, qui regarde les résultats de Shrewsbury Town en lisant son journal. Chaque anglais est lié à un club, par la famille, par sa ville, chacun a un petit faible pour un club, même s’il n’est pas supporter acharné. Dans certaines familles, vous grandissez avec des couches Everton Football Club, un biberon Brighton and Hove Albion, ou vous endormez dans un berceau aux draps floqués Bristol City FC.

Ainsi, les fans de football sont partout, il est quasiment impossible que vous ne fréquentiez aucun fan de foot sur les îles britanniques, que ce soit au travail, dans la rue, au restaurant, dans votre quartier ou dans le métro. Lors de ma première visite en Angleterre, portant une écharpe rouge et blanche dans le Tube de Londres, je voyais ébahi des hommes d’affaires en costume remonter légèrement leurs pantalons, en dévoilant des chaussettes avec le logo d’Arsenal en me chantant "C’mon Arsenal!".

Ainsi, le but ultime du derby, c’est de pouvoir chambrer, le samedi au stade, ou le lundi au travail, les voisins, les collègues, les amis du camp d’en face. Un esprit goguenard et chambreur dont seuls les anglais ont le secret. Et également le sentiment d’appartenir à une famille, à un clan. Promenez vous un dimanche dans le quartier de Shepherd’s Bush avec un maillot de QPR, vous entendrez de toutes parts des "You R’ssss", cri de ralliement des fans des Rangers, qui vous salueront sur votre chemin.

Pour finir, les anglais suivent leur club quoi qu’il arrive, quelque soit la division. Dans quel autre pays au monde pourrez vous observer 9’000 spectateurs pour un match de cinquième division. Un regard aux chiffres d’affluences anglais suffit à démontrer la passion des anglais pour le football: Rien que dans la seule ville de Londres, on compte huit clubs dont la moyenne de spectateurs est plus haute que la moyenne de Ligue 1 Française, et onze qui atteignent les 8’000 spectateurs…

Luton Town, cinquième division...

 Les Rivalités, ça naît de quoi?

 Contrairement à d’autre pays, où les derbies portent des motifs idéologiques ou politiques, les derbies d’Angleterre sont pour la très grande majorité des derbies géographiques, entre deux, trois, voire quatre clubs qui se partagent une ville, ou un comté. Si des rivalités entre deux clubs géographiquement éloignés existent, comme entre Manchester United et Arsenal, par exemple, nous ne leur donnerons pas le qualificatif de "Derby". Comme exemple type de la rivalité géographique, prenons le "North London Derby", entre Tottenham et Arsenal. Depuis leurs fondations, les Spurs de Tottenham occupaient le quartier de … Tottenham, au nord de Londres, plutôt logique, non? Profitant de la suprématie sur le nord de la capitale difficilement contestée par les petits poucets de Barnet plus à l’ouest, les Spurs pouvaient compter sur le plein support des quartiers environnants. Cependant, cela ne dura pas, l’histoire vous la connaissez tous, en 1913, l’Arsenal Football Club, dont le quartier d’origine se situait aux limites sud-est de la ville, décidèrent de venir poser leurs valises (et leur stade) à Highbury, quelques kilomètres au sud de l’antre des Spurs, qui apprécièrent très moyennement, je vous laisse l’imaginer… De la découla l’une des rivalités les plus tendues d’Angleterre.

Emmanuel Adebayor, de Gunner à Spurs... Demandez aux fans d'Arsenal ce qu'ils en pensent...

Cependant, d’autres Derbies connaissent des causes différentes. Deux exemples quasiment similaires existent en Angleterre. En effet, deux des clubs les plus en vue du royaume doivent leur existence à une discorde. En effet, il y a fort fort longtemps, c’était Everton qui jouait à Anfield Road, jusqu’à ce qu’une discorde entre le président d’Everton et le détenteur du stade mythique ne se fâchent. Everton déménagea de l’autre côté du parc, à Goodison Park, tandis que le tenancier d’Anfield créa son propre club, le Liverpool Football Club. L’histoire est presque similaire pour Chelsea. Au XIXème siècle, alors que Fulham régnait sur South-West London, le propriétaire d’un petit stade nommé Stamford Bridge souhaitait y implanter une équipe de foot. Il demanda à Fulham de venir occuper l’enceinte, mais devant le refus des Cottagers, il forma son propre club, le Chelsea Fc. Il est donc tout naturel que les deux clubs éprouvent des sentiments mitigés l’un envers l’autre, certes bien loin de la haine opposant les clubs de Liverpool, mais pas extrêmement cordiaux.

 

Steven Gerrard, Everton legend! Lisez sur les lèvres des fans des Blues…

 Si les rivalités religieuses sont quasiment inexistantes en Angleterre, contrairement à L’Ecosse, plusieurs clubs sont divisés par des raisons sociales, comme c’est le cas du Steel City Derby entre Sheffield United et Sheffield Wednesday. En effet Sheffield Wednesday, ainsi nommé parce que le mercredi était le jour de libre des employés d’usine, jour où ils se retrouvaient pour jouer au football, est historiquement le club de la classe ouvrière, alors que Sheffield United profitait plutôt du support des classes sociales supérieures, même si cela n’est plus visible aujourd’hui. Les deux clubs ont la particularité de partager les mêmes sponsors, l’un sur le Home shirt de Wednesday et l’Away de United, et l’autre sur le Away shirt des "Owls" et le home shirt des "Blades".

Zoom sur quelques derbies…

 Certes, tout le monde connait le Merseyside Derby opposant Everton à Liverpool, le Manchester Derby entre City et United ou encore le North London Derby entre Spurs et Gunners, intéressons nous donc à des derbies moins connus, mais non moins savoureux et disputés:

Le Derby à la sauce Hooligan, Millwall contre West Ham:

Lors du West-Ham - Millwall de 2009, le terrain avait été envahi à trois reprises...

 Narré dans le film "Hooligans", la rivalité entre les londoniens de Millwall et de West Ham est un des matches les plus dangereux de Grande-Bretagne, et une des rivalités les plus vieilles. Mais commençons par le commencement. West Ham United et Millwall  furent tous deux fondés par des Dockers, 1895 en et 1885, respectivement sous le nom des Thames Ironworks (Le Fc Métallurgie de la Tamise) et des Millwall Rovers. A l’époque, les deux clubs sont distants de quelques centaines de mètres sur la rive nord de la Tamise, et la plupart des joueurs sont des Dockers, et sont donc rivaux au travail comme sur un terrain. La tension entre fans des deux clubs se fit encore plus sentir, lorsque les fans de Millwall refusèrent de se joindre à une grève des Dockers entamée par des supporters de West Ham, en 1926.

Même si les deux rivaux ne s’affrontaient que très rarement, la rivalité explosa avec la montée du Hooliganisme, avec des affrontements multiples entre les deux crews des clubs de East-London. Même si entre temps, Millwall avait migré vers le sud-ouest, traversant la Tamise, et que West Ham s’était installé à Upton Park, plus au nord, la haine entre les deux clubs ne faiblit pas. En 1976, un supporter de Millwall fut tué par les fans des Lions, et au match suivant, les supporters de Millwall firent passer des billets disant : "Un fan de West Ham doit mourir pour le venger."

A ce jour encore, les émeutes sont très fréquentes entre les supporters des Hammers et ceux des Lions. En 2009, un match de Carling Cup entre les deux rivaux vit une série de bagarres, provoquant plus de vingt blessés, et voyant le terrain envahi par trois fois…  La saison dernière, lors de la relégation des Hammers de Premier League, des fans de Millwall affrétèrent un avion portant une banderole : "Avram Grant (l’entraîneur de West Ham de l’époque), Millwall Legend" au dessus du stade de West Ham pour les narguer. Cette saison, pour la première fois depuis très longtemps, les deux clubs jouent dans la même division… Bref, vous l’aurez compris, il vaut mieux ne pas traîner dans les quartiers de l’Est de Londres un soir de Derby…

Le Derby né d’un match, entre Crystal Palace et Brighton and Hove Albion:

Moins violent que l’East-London Derby, le dénommé "A23 Derby" d’après la route qui relie Brighton de la banlieue sud de Londres où jouent Crystal Palace, fait partie des derbies les plus chauds d’Angleterre, entre deux clubs ne partageant pas la même région. Cependant, seuls 60km séparent Croydon de Brighton and Hove. L’existence d’une rivalité est assez récente, puisque le premier événement impliquant les deux clubs se déroula en 1975. Dans un pub avant le match entre Brighton et Palace, des supporters de Crystal Palace commencèrent à chanter "Eagles, Eagles", surnom historique des Londoniens. Pour les contrer, les fans de Brighton, dont les surnom étaient "Les Dauphins", chantèrent "Seagulls, Seagulls" (Mouettes), faisant référence à la situation côtière de la ville. Les supporters de Brighton adoptèrent ce surnom, car c’est encore aujourd’hui le surnom donné à Brighton and Hove Albion, alors que le "Dolphin" fut vite abandonné.

La rivalité démarra véritablement l’année suivante, lorsque les deux clubs se rencontrèrent à cinq reprises lors d’une seule saison, dont un match particulièrement houleux, où Brighton se vit refuser un goal valable et dut retirer un penalty (valable aussi) alors que le ballon était rentré. Evidemment, le joueur de Brighton rata son deuxième essai et Crystal Palace gagna 1-0, pour la plus grande fureur du coach de l’époque des Seagulls, Alan Mullery, ennemi public numéro un des fans de Palace, qui à sa sortie du terrain, lui crachèrent dessus et lui lancèrent du thé dessus… So British…

En 1981, quelques chauds derbies plus tard, Mullery démissionna de son poste à Brighton pour reprendre … Crystal Palace, ce qui rendit furieux les fans des Eagles et des Seagulls. Dans les années quatre-vingts, les matches entre les deux clubs furent marrés d’incidents dans le public, et très souvent extrêmement serrés. Puis, plus rien pendant treize ans, les clubs ne se rencontrant plus jusqu’en 2002.

Le dernier derby entre Brighton et Palace fut riche en rebondissements, terminant sur le score de 3-1 pour les londoniens, en jaune.

Même si les derbies entre Crystal Palace et Brighton restent assez chauds, les supportèrent des deux clubs organisèrent un match amical joué par les fans pour célébrer la mémoire d’un fan de Brighton, décédé dans les attentats du Onze Septembre 2001. L’opération permit de récolter près de 40’000 livres sterling, et fut un franc succès. Cette saison, autant Brighton que Palace joue pour la promotion en Premier League, ce qui devrait donner quelques savoureux derbies à l’avenir, d’autant plus après le transfert de la goal-machine d’Albion, Glen Murray, à Crystal Palace…

Le  East-Midlands Derby, entre Derby County et Nottingham Forest.

Brian Clough! Légende à Derby County et Nottingham Forest.

Le East-Midlands Derby par excellence est un des derbies les plus serrés du football anglais. En effet, il oppose deux clubs de taille similaire, les plus grands de leur région, chacun porte drapeau de sa ville, distantes entre elles de moins d’une demi-heure de voiture. Mais à la base, à la fondation des deux clubs, les Rams (Béliers) de Derby et Forest n’étaient pas rivaux, Forest se contentant de haïr l’autre club de la ville, Notts County, alors que Derby County jouait ses "derbies" contre Derby Junction FC. Cependant, avec les années, la disparition de Derby Junction, et les relégations de Notts County, Les Rams et les Reds (autre surnom de Nott’hm) commencèrent à se regarder de plus près, les vingt kilomètres séparant les deux villes se faisant plus ténus que jamais.

Cependant, sans le savoir à l’époque, changea tout à cette rivalité. C’est homme, c’est Brian Clough. Lorsqu’il prend la tête de Derby County en 1967, les Rams occupent le bas de classement de la deuxième division du système anglais.  En quelques mois, Clough changea tout à Derby, leur obtenant la promotion pour la Premier League, et les qualifiant pour la coupe d’europe la saison suivante. Lors de la saison 1972-1973, Brian Clough et son illustre adjoint Peter Taylor amenèrent Derby County jusqu’au titre, battant Liverpool, Leeds United, Manchester City et plein d’autres pour s’adjuger le graal. Cependant, à la suite de nombreuses disputes avec le président du club, Clough et Taylor quittèrent Derby. Le manager haut en couleur et son adjoint trouvèrent de l’embauche à Brighton and Hove Albion, Brian Clough signa à Leeds, sans beaucoup de succès.

Jusqu’à ce qu’en 1975, Clough reprenne Nottigham Forest, qui végétait dans les divisions inférieures. Rejoint à nouveau par Taylor, il obtenu assez rapidement des résultats assez satisfaisants. Le duo magique resta avec Forest jusqu’en 1993, gagnant absoluement tout avec les Reds, notamment un championnat et deux Coupe des Clubs Champions (Champion’s League). Il fut également à la tête de Nottigham lors du désastre d’Hillsbrough.

Brian Clough a donc changé la face du East-Midlands Derby, créant une rivalité acerbe entre Rams  et Reds, se battant pour le titre de Club le plus cher aux yeux de Brian Clough. Les fans de Derby furent également frustrés de voir Clough gagner absolument tout avec leurs rivaux historiques, et constatèrent qu’ils avaient peut-être manqué quelque chose, avec le départ de leur entraîneur favori… Derby s’allia même avec une firme Hooligan de l’autre voisin Leicester pour en faire voir de toutes les couleurs à Nottigham dans les années quatre-vingts.

Il y a des jours où il ne vaut mieux pas être arbitre...

Aujourd’hui encore, les matches opposant les deux clubs sont classés "A très hauts risques" par la FA, et sont souvent théatres de pluie de cartons, d’incidents étranges, et d’échauffourées dans les tribunes. Les supporters de Derby surnomment leurs ennemis "The Trees" (les arbres), et sont surnommés "The Sheeps", (les moutons), ou encore d’autres insultes que la décence m’empêche de retranscrire. Depuis quelques années, les matches de Championnat entre Derby et Nottingham constituent le "Brian Clough Trophy", qui est donc disputé deux fois par saison, et l’autoroute reliant les deux agglomérations a été renommée "The Brian Clough Highway".

Et pleins d’autres derbies:

Terminons avec une petite liste des indénombrables derbies qui peuplent les championnats anglais. Géographiquement, commençons par la capitale. Londres, ses treize clubs pros, et ces derbies. Hormis les célèbres North-London Derby  et East-London Derby entre respectivement Arsenal et les Spurs, et Millwall et West Ham, on trouve aussi les West-London derbies. Ceux-ci incluent quatre clubs, trois de Premier League, Chelsea, Fulham et Queens Park Rangers, et le petit Brentford (D3), dont les plus chauds entre Fulham et Chelsea, QPR et Chelsea ou Brentford et QPR. Dans les autres confrontations londoniennes, on trouve les Crystal Palace contre Charlton Athletic, les Charlton – Millwall et les West-Ham – Tottenahm. Sinon, peu de haine, trop de clubs.

Personne ne les aime, ils s'en fichent. Millwall

Dans le sud de l’Angleterre, hormis la haine expliquée plus haut entre Brighton et Crystal Palace, Portsmouth et Southampton se livrent un combat à couteaux tirés depuis des années, alors que très loin au sud-ouest, Plymouth Argyle (D4), Torquay (D4), Exeter (D3) et Yeovil (D3) se contestent les West-country derbies. Un peu plus au nord, Bristol City (D2), en attendant une remontée de leurs ennemis les Bristol Rovers (D4), font la guéguerre à Cardiff City (D2), juste de l’autre côté de la frontière galloise, Cardiff, qui est trop occupé à cracher sur leurs voisins de Swansea City pour se préoccuper de leurs voisins anglais. C’est à peu près tout pour le sud du pays.

Au nord de Londres, Southend (D4) et Colchester (D3) se livrent lors du Essex Derby, alors que Norwich (PL) et Ipswich (D2) se contestent un des derbies les plus colorés et intéressants du pays, le "Old-Farm" (renommée ainsi en référence à l’activité agricole dans la région et à l’Old Firm entre Celtic et Rangers).

Au centre de l’Angleterre, dans cette région qu’on appelle les Midlands, s’est développée une passion incroyable pour le football, avec des clubs pas toujours très sexys, comme Derby County, Nottingham Forest et Leicester City, tous trois en deuxième division, mais tous trois avec plus de 25’000 supporters par match. D’ailleurs, ce triangle se dispute des matches très chauds, surtout entre Derby et Forest, alors que Nottingham trouve encore le temps de se mesurer à leurs proches voisins de Notts County, et Leicester à leurs ennemis de Coventry City.

Il parait que lorsque Forest marque au City Ground (en rouge), cela s'entend à Meadow Lane (stade de Notts County en noir). (Photo Teenage Kicks)

Dans les East-Midlands se trouve Birmingham, deuxième ville d’Angleterre, donc l’agglomération est théatre de nombreux derbies, notamment le plus violent entre Birmingham City et Aston Villa, mais aussi entre Wolverhampton et West Bromwich Albion (classé derby le plus violent d’Angleterre). Et si vous aimez la profonde campagne, le derby le plus rural se dispute entre Shrewsbury Town et Hereford (D4). Très dépaysant…

Lorsqu’on remonte la route de Birmingham à Liverpool, à mi-chemin on retrouve Stoke-on-Trent, où les deux clubs, Stoke City (PL) et Port Vale (D4) se partagent le territoire. Port Vale dont la rivalité avec Crewe Alexandra(D4) voit couramment 2’000 "Valliants" envahir les tribunes de Crewe Alex pour les Derbies…

Et enfin, nous arrivons dans le Cheshire, campagne entre Liverpool et Manchester. Les deux villes se disputent le titre de capitale culturelle du nord-ouest de l’Angleterre depuis des décennies. Ainsi les Scousers (habitants de Liverpool) et Mancuniens se portent une affection absolument…inexistante. Lorsque Liverpool et Everton arrêtent de se disputer le Merseyside Derby (l’un des plus beaux à mes yeux), tous deux trouvent encore le temps de détester Manchester United. United dont la rivalité avec Manchester City semble à son paroxysme ces dernières années, avec la montée en puissance de la moitié bleue de Manchester.

À Liverpool, on ne laisse rien au hasard. Quand on vous disait que ça chambrait, entre voisins...

Si vous le permettez, laissons de côté les fades pseudo-derbies entre Bolton et Wigan pour s’attaquer aux derbies déteste-ton-prochain du Lancashire. Lancashire étalé de la mer jusqu’à Bradford, où on retrouve dans l’ordre Blackpool, Preston North End, Blackburn Rovers et Burnley. Blackpool et Preston se détestent, mais Preston hait aussi Blackburn, qui ne peut pas voir Burnley, et c’est réciproque. En fin de compte, ils se détestent tous…

Un peu plus à l’est, Le Steel-City derby entre Sheffield United et Sheffield Wednesday, magnifique opposition qui a ameuté 26’000 personnes à Bramall Lane, pas mal, pour un match de League One (troisième division). Autour de Sheffield, le petit derby entre Chesterfield (D3) et Mansfield (D5) ne fait guère de l’ombre aux Barnsley-Doncaster, et surtout aux Leeds-Huddersfield (D3), Leeds-Bradford (D4), Leeds-Barnsley (D2), Leeds-Doncaster (D2), et surtout à la confrontation historique entre Leeds United et Manchester United. Quand on vous disait que personne n’aimait Leeds…

Sinon, si les matches entre Hull (D2), Scunthorpe (D3) et Grimsby (D5) ne feraient pas bander un nymphomane, cela porte néanmoins le nom de Derby, alors ma fois…

On terminera donc avec les derbies du grand nord, entre les géants du nord, Newcastle United et leurs bêtes noires de Sunderland, très très chaud, et également avec les Teesiders de Middlesbrough (D2). Tout cela sous les yeux de leurs petits voisins d’Hartlepool (D3), dont avouons le, tout le monde se fout…

Bon, il faut l’admettre, ça fait beaucoup de derbies, donc comme dirait un autre observateur du football anglais, en résumé, tout le monde déteste tout le monde. C’est aussi ça, le football anglais, et c’est pas si mal. Laissons le "Stade de l’Amitié" aux allemands de Cottbus, on en veut pas, et après tout, ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle "Perfide Albion", l’Angleterre, parce que dans un pays où la foi est autant mauvaise que la nourriture, on ne prendra jamais plus de plaisir qu’en chambrant son voisin…

Longue vie aux Derbies!

Norwich City, Swansea City, Queens Park Rangers: Trois promus qui marquent des points!

C’est bien connu, les promus ont tendence à bien commencer leur championnat, avant de s’écrouler sur la fin de saison. Sauf que cette année, des signes avant-coureurs laissent penser que Norwich, Swansea et QPR semblent bien armés pour consever leur place dans l’élite. Entre Canaries, Swans et Rangers, des ambitions très différentes, des façons de faire également divergeantes, mais un seul but à court terme: Le maintien. Revenons aujourd’hui sur ce qui fait les forces et les faiblesses de ces trois promus pas comme les autres. Après huit journées de championnat, Norwich parade à la neuvième place, QPR occupe le milieu du classement et Swansea, treizième, n’est pas loin derrière. Ces trois clubs ont deux choses en commun. Ils viennent tous trois du Championship, et tous trois semblaient condamnés à la relégation par les pronostiqueurs. Cependant, tous on convaincus jusqu’à lors.

Trois clubs, trois univers bien différents…

Lorsqu’on regarde nos trois promus, on se rend facilement compte qu’ils sont tous un peu particuliers… À commencer par l’excemple le plus évident: Swansea City. Lors de la fondation de la Premier League new-look, la FA invitait Cardiff et Swansea, entre autres,  à rejoindre la ligue galloise, nouvellement formée. Tous deux refusèrent, pour continuer à jouer dans le système anglais. Curiosité qui permet aux Gallois de se retrouver dans l’ "English Premier League" pour la première fois de leur histoire… De plus, il y a moins de dix ans, Swansea se battait pour ne pas tomber en cinquième division! Le retour aux affaires des Swans, lancé par la construction de leur nouveau stade, ne fut que plus tonitruant. Souvent chambrés sur leur nationalité par les supporters des clubs anglais, les Jacks, comme on les appelle, se contentent d’entonner avec coeur le "Land of my Father", hymne du Pays de Galles. Pour l’avoir vécu, c’est particulièrement impressionnant!

Des Gallois accèdent à la Premier League! Du jamais vu!

Passons à présent de l’ouest de la Grande-Bretagne jusqu’à ses rives à l’est. Bien logé au fond de la région agricole du Norfolk, les Canaries se targuent depuis des années d’avoir une des bases de supporters les plus fidèles du royaume. Seul club majeur de leur région, même si les "Tractor Boys" d’Ipswich les menacent par le sud, les Yellows peuvent compter sur des fans incroyablement voyageurs. En deuxième division, il n’était pas rare de voir près de 3’000 Canaries traverser le pays pour soutenir leur club, rivalisant en la matière avec Leeds United et Nottingham Forest. Les Canaries aussi on fait du chemin lors des dernières saisons. Il y a à peine deux ans, Norwich perdait son match d’ouverture de troisième division 6-0 contre la modeste équipe de Colchester, dont l’entraîneur était Paul Lambert. À l’issue du match, l’entraineur de Norwich fut renvoyé, et remplacé par Lambert, lui même. Deux ans et deux promotions plus tard, Norwich joue sur les pelouses d’Old Trafford et d’Anfield… Dirigés par la cuisinière célèbre Delia Smith, Norwich, tout comme Swansea à la particularité d’être mené par des fans du club.

Delia et ses Canaries qui ont amené fraîcheur et couleur à la Premier League.

QPR, à l’opposé, n’est pas dirigé par ses supporters, loin de là. En effet, c’est le businessman Tony Fernandes qui racheta les Rangers en août, sauvant les R’s du cauchemar dans lequel le président précédent les avait embourbé (d’ailleurs, un film-documentaire détonnant sortira le mois prochain sur le sujet, avec les images tournées en temps réel dans les coulisses du club : "The Four Year Plan"). Les Queens Park Rangers ont donc de l’argent que n’ont pas les promus volatiles. Dans une autre mesure, QPR se situe à l’ouest de Londres, à quelques encablures d’Hyde Park, un environnement moins campagnard que les rives de l’estuaire de la Severn, ou les collines du Norfold. Mais cette situation leur vaut la proche rivalité avec les voisins milliardaires de Fulham et Chelsea… Seul point commun avec les Swans et Canaries, les années de galères. En effet, encrassé dans les problèmes financiers au début du millénaire, les R’s étaient il y a cinq ans au bord de l’extinction et de la déprime, lorsqu’un businessman italien les racheta. De héros à zéro, Flavio Briatore se mit tous les fans à dos, en virant entraineur sur entraineur, et en rendant les billets inaccessibles par leur prix, faisant des Rangers un club abonné à la rubrique fait-divers des tabloids anglais. De trop pauvres à trop riches, QPR semble enfin avoir trouvé l’équilibre parfait grâce à Fernandes. Il fallait bien cela pour que l’esprit d’injustice permanante et de malchance crasse ne s’en aille du ciel des Rangers.

Malgré l'ombre de leurs presitgieux voisins, les Rangers ne sont pas en Premier League pour faire de la figuration!

Sur le terrain…

Swansea est toujours invaincu à domicile, où les Gallois n’ont toujours pas encaissés le moindre but. Se basant sur une défense très efficace et un bon gardien en Michel Vorm, les Swans pratiquent un football spectaculaire, avec une très bonne circulation de balle et des véritables fusées sur les ailes, en Scott Sinclair et Nathan Dyer. De plus, le transfert record du club, Danny Graham, a enfin trouvé le chemin des filets, et semble ne pas vouloir s’arrêter en si bon chemin. Cependant, l’effectif rachitique des Swans pourraient leur jouer des tours. Mais la garantie que Brendan Rodgers sera toujours capable de tirer le meilleur de ses joueurs peuvent nettement rassurer les fans des Jacks.

Norwich et Swansea, directement opposés le week-end dernier (3-1)

 Norwich affiche onze points en huit matches, et cela grâce à une équipe très équilibrée, composée de jeune joueurs morts de faim, ayant tout à prouver et surtout une se voyant offrir une occasion dorée de jouer en Premier League. Les spécialistent s’inquiétaient du manque d’expérience des Canaries, en voyant arriver Anthony Pilkington d’Huddersfield (D3), Eliott Bennet (D3 à l’époque), Steve Morison de Millwall (D2), et Bradley Johnson de Leeds (D2). Cependant, tous ces joueurs se sont véritablement révélés au grand jour, complétant bien les jouers prétés par les cadors du championnat, Richie Delaet (M. United) et Kyle Naughton (Spurs). Ajoutez à cela un cadre déjà talentueux et vous obtenez un mélange détonnant, ayant fait très mal à Manchester United, entre autres. En prime, les Canaries sont coachés par un des managers les plus talentueux du pays, en la personne de l’écossais (encore un!) Paul Lambert.

Shaun Derry, Joey Barton, Shaun Wright-Phillips et Jay Bothroyd, rassemblés sous les couleurs de QPR.

QPR, également, depuis leur rachat par l’investisseur Tony Fernandes, semble capable de trouver leur place en Premier League, notamment grâce aux arrivées de cadors tels que Shaun Wright-Phillips ou Joey Barton, ou encore d’Anton Ferdinand, DJ Campbell et Armand Traoré. Et le meilleur reste à venir, apparemment, les R’s disposant d’encore quelques millions à la banque à dépenser en janvier… Mais sur le terrain, les hommes de Neil Warnock se montrèrent moins réguliers que leurs rivaux promus. Deux gifles contre Bolton et à Fulham ont laissé entrevoir un manque de profondeur dans l’équipe londonienne, et Neil Warnock devra une fois de plus faire face aux caprices de sa starlette Adel Taarabt, merveilleux atout dans un grand soir, et inutile lorsqu’il se frustre. La bonne gestion du groupe sera capitale pour les SuperHoops.  Cependant, QPR semble suffisamment armé pour survivre à cette saison.

Les Ambitions sur le long terme…

 Lorsqu’on regarde vers le futur, on s’aperçoit que les Queens Park Rangers semblent les plus ambitieux des trois. En effet, Tony Fernandes est entrain d’échaffauder de nombreux travaux, dont un nouveau grand stade, pour remplacer les 17’500 places de Loftus Road, une révolution du centre d’entraînement, un nouveau centre de formation, et surtout des fonds pour acquérir de nouveaux joueurs. Selon plusieurs journaux, l’enveloppe transferts des deux prochaines saisons contiendrait une somme plus que confortable, et le Président du club londonien souhaiterait voir son club jouer dans la même cour que des Newcastle, Sunderland, Aston Villa ou Everton d’ici deux à trois saisons.

Avec le trio Bhattia-Fernandes-Mittal à leur tête, les Rangers ont tout pour bien faire en Premier League

À Swansea, le discours du président Huw Jenkins est bien différent. Le club ne dépense pas d’argent qu’il n’a pas, et au fond c’est mieux comme ça. Le Liberty Stadium est tout neuf, bien que relativement petit, mais le premier club gallois en Premier League a de bonnes infrastructures pour travailler sur le long terme. Cependant, vu les finances du club, Brendan Rodgers devra se contenter de dénicher de bonnes affaires et de voir son club se battre continuellement pour le maintien.

Norwich, qui peut compter sur un des publics les plus fervants du royaume, a déjà demandé les autorisations pour démolir une tribune du stade, et la reconstruire, portant la capacité de Carrow Road a plus de 35’000 places. Les Canaries, présidés par la fan ultime, la reine de la tourte Delia Smith, devront eux aussi regarder de très près leur argent. Mais à la vue de leur effectif jeune et talentueux, pouvant à l’avenir dégager des sommes de transferts intéressantes, les Canaries semblent parés pour résister sur le long terme, pouvant concourrir aux côtés des Wolves, Bolton, Wigan et autres West Brom sur le point du budget.

Où le vent portera t’il Canaries, Swans et Rangers, le temps nous le dira. Cependant, pour la première fois depuis très longtemps, on a le sentiment que les trois néo-promus ont de réels moyens de se sauver. C’est tous le mal qu’on leur souhaite.

Premier League Day 7: Preview de Fulham vs QPR

Fulham – QPR: Le West-London Derby le plus disputé depuis très longtemps…

Image du temps où QPR et Fulham partageaient Loftus Road.

Dimanche à 16h00, les Queens Park Rangers effectueront les quatre petits kilomètres séparant leur stade de celui de Fulham, Craven Cottage. Comptant parmis la longue liste des derbies de Londres, la rencontre opposant les Cottagers aux Rangers n’a pas été jouée depuis 2001, c’était en Championship, alors que Fulham était aux portes de la Premier League et QPR sur le point de descendre en troisième division. Depuis, les deux clubs ont parcouru des chemins radicalement différents, paisiblement pour Fulham, semé d’embûches pour QPR, mais dimanche, ce sont deux clubs plus proches que jamais qui s’affronteront. Alors que, et Fulham, et QPR vivent dans l’ombre de Chelsea, qu’ils prennent un plaisir sans limites à détester, ils ont appris à cohabiter dans les mêmes quartiers, ne se croisant sur une pelouse que rarement. Promenez-vous un samedi après-midi à Hammersmith; vous verrez des maillots rayés bleu-et-blanc marcher vers le nord et Shepherds Bush, et des maillots blancs se diriger vers Fulham, au sud. Les deux clubs sont très proches que ce soit au niveau du nombre de fans, de leurs palmarès, ou de leurs ambitions. À un tel point que les quotidiens de la capitale évoquent du bout des lèvres une possible future cohabitation (ce ne serait pas une première, Fulham ayant occupé Loftus Road au début du millénaire), les deux écuries étant à la recherche d’un nouveau stade. Une solution économiquement avantageuse, mais pas très populaire auprès supporters des deux clans, vous l’imaginez bien. Dimanche, plus qu’une question d’honneur, c’est la hiérarchie des clubs du "London Borough of Hammersmith & Fulham" qui se jouera  sur les bords de la Tamise.

Alors que Fulham s’est établi confortablement en premier league durant la dernière décénie, QPR redécouvre cette année l’élite. Pourtant, au classement, les R’s occupent une satisfaisante dixième place, sept places au-dessus des Whites qui courent toujours après leur première victoire. En effet, les Cottagers couchent sur trois matches nuls en championnat, même s’ils ont gagné à Odense en Europa League jeudi. Les attaquants, Bobby Zamora et Moussa Dembele, n’ont pas fait le voyage vers le Danemark pour cause de maladie, mais devraient être de retour dimanche, tout comme Aaron Hughes, suite à sa blessure au genou. Genou dont souffre également Danny Gabbidon, défenseur gallois de QPR, mais l’ancien joueur de West Ham ne sera probablement pas apte à jouer. Neil Warnock devra également se passer de Kieron Dyer et Rob Hulse, sur blessure, et d’Armand Traoré, suspendu, tandis que Martin Jol ne pourra pas compter sur Simon Davies.

Andy Johnson, longtemps présenti à QPR, qui portera le maillot des Cottagers face aux R's

 Devant les tribunes du leur joli Craven Cottage, les Whites seront difficile à battre, grâce notamment à leur défense de fer, à l’image du grand Brede Hangeland, comptant parmis les meilleurs défenseurs de Premier League. Les vétérans Damien Duff et Danny Murphy devraient poser le jeu des Cottagers, accompagnés du travailleur Etuhu et du talentueux Dempsey. Sur le front de l’attaque, Martin Jol réaccordera sa confiance à Johnson, restant sur un doublé en Europa League, et à l’idole de l’Hammy End, Bobby Zamora.

De son côté, Neil Warnock ne devrait pas faire de changements par rapport à l’équipe ayant obtenu un point face à Aston Villa, si ce n’est le remplacement du suspendu Traoré par un autre ancien Gunner, Matthew Connolly. Le QPR "new version" n’a toujours pas perdu depuis l’arrivée des nombreux transferts, ainsi, Joey Barton prendra place aux côtés de Faurlin et Derry, alors que Taarabt et Wright-Phillips chercheront Jay Bothroyd au centre.  DJ Campbell devrait entrer à l’heure de jeu. Brillant lors du dernier match, Paddy Kenny gardera naturellement les filets des R’s. À noter que Jamie Mackie pourrait effectuer son retour entant que remplaçant, après huit mois de rééducation. Les Rangers, sans match depuis dimanche, espéreront profiter du manque de fraîcheur de Fulham revenant d’un long déplacement au Danemark.

Neil Warnock qui a de quoi être satisfait du début de saison de ses troupes

Composition probable de Fulham: Schwarzer; Kelly, Hangeland, Hughes, Riise; Duff, Murphy, Etuhu, Dempsey; Johnson, Zamora.

Compostion probable de QPR: Kenny; Young, Hall, Ferdinand, Connolly; Faurlin, Derry, Barton; Taarabt, Campbell, Bothroyd.

Premier League Day 6: Sunday’s match Review

Queens Park Rangers – Aston Villa

Dans le monde du football, il y a des réputations qui s’avèrent vraies, et d’autres non. Par exemple, dans les fausses accusations, on dit que Joey Barton est capable de faire exploser un vestiaire, qu’Arsène Wenger est pingre et qu’il passe son temps à pleurer sur les décisions arbitrales, que les arbitres anglais ne sifflent pas faute s’il n’y a pas de blessé, etc. Par contre, certaines réputations se révèlent on ne peut plus vraies; Que les gardiens anglais sont douteux, qu’il pleut tout le temps en Angleterre, sauf quand il neige et qu’une équipe d’Alex McLeish ne pourra jamais jouer du beau football. Pour prouver cette dernière constante, il suffit de regarder Aston Villa jouer hier à QPR. Lorsque le technicien écossais quittait les nez bleus de Birmingham City pour rejoindre les rivaux de la maison d’à côté, à savoir Aston Villa, on pensait qu’avec enfin un effectif de qualité technique supérieure, il pourrait imposer à ses joueurs un football plus attractif que le sombre Kick (les chevilles de l’adversaire) and Rush appliqué à Birmingham. Mais non. Les tactiques morbides et négatives l’ont suivies chez les Clarets. Hier, les Villans n’ont joué que vingt minutes. Et longtemps, les 16’700 spectateurs de Loftus Road pensèrent que cela leur suffiraient pour s’adjuger les trois points. Jusqu’à ce que… Revenons au début du match, tout d’abord.

Barry Bannan fête son premier but en Premier League

Dimanche, à 17h00, pénètrent sur le terrain les Queens Park Rangers, en quête d’un premier but à domicile et Aston Villa, toujours invaincu pour lors. Très vite, les R’s prirent le jeu à leur compte, la première occasion revenant à Adel Taarabt, qui enroula parfaitement son tir des 30 mètres, pour le voir s’écraser sur le poteau de Shay Given. Plus à leur affaire, les Rangers se procurèrent de nombreuses autres occasions, Taarabt voyant son tir bloqué par Collins avant qu’une tête de Bothroyd fuye le cadre. Manquant de tranchant offensif, les Rangers bénéficièrent du contrôle du ballon durant les quarante premières minutes, multipliant les centres et les corners, sans succès. Il faut dire que la présence aérienne de Collins et Dunne au coeur de la défense de Villa s’avéra très impressionante. Aston Villa commença à montrer le bout de son nez juste avant la pause, sur coup-franc. Barry Bannan enroula parfaitement son tir par dessus le mur, avant de voir le gardien Paddy Kenny réaliser un arrêt fantastique pour lui refuser son premier goal en Premier League.

Les hommes d’Alex McLeish commencèrent la deuxième période comme ils achevèrent la première, en se montrant dangereux. Jouissant d’un meilleur contrôle du ballon, les Villans parurent enfin capables de montrer quelque chose dans le jeu, avec des mouvements plus rapides et construits. Enfin, Villa se montrait à la hauteur du standing de ses joueurs et de son histoire. Alors que Delph voyait son tir bloqué par Anton Ferdinand, les joueurs de Birmingham se montrèrent de plus en plus menaçants. La meilleure occasion échoua à Delph, encore une fois, suite à l’excellent par dessus la défense de la part de Barry Bannan, mais le jeune ailier ne parvenu pas à profiter de la sortie hasardeuse de Kenny pour débloquer le compteur de Villa. Le tournant du match arriva peu avant l’heure de jeu, lorsque sur un centre de N’Zogbia, le jeune Armand Traoré tira le maillot de Gabby Agbonlahor, qui s’écroula dans la surface. L’arbitre, Michael Oliver, pointa directement le point de penalty. Une punission sévère, mais justifiable. Meilleur joueur jusqu’alors, c’est Barry Bannan qui s’élança, et trompa Kenny sur la droite. QPR 0, Aston Villa 1. Alors que ses joueurs semblaient enfin prendre un peu de plaisir sur le terrain, et jouaient de façon correcte, McLeish obligea ses joueurs à défendre à 10, comme ce fut le cas pendant toute la première période. Dès lors, fini les chevauchées offensives, les une-deux, les dribbles et les centres, on retrouva les coups dans les chevilles, les tampons et les cartons jaunes. Alors que Collins, Petrov, NZogbia, Agbonlahor, Hutton et Warnock étaient déjà avertis, l’arbitre se montra réticent à montrer un deuxième jaune à Petrov, Warnock et NZogbia, suite à des fautes d’antijeu crasses. Le même Michael Oliver ferma les yeux par deux fois, lorque Hutton bloqua de la main la  tête de Derry sur sa ligne, puis détourna le centre de Smith de cette même main gauche. Deux penalties légitimes que les Rangers se virent refuser… Cependant, comme toutes les équipes de Neil Warnock, les R’s n’allaient pas abandonner comme cela. Alors que Shaun Wright-Phillips trouvait face à lui un très bon Given pour arrêter son tir des dix mètres, Barton, Taarabt, Faurlin et Campbell vendangeaient les coup-francs. McLeish pensait que son équipe avait fait le plus dur, suite à l’exclusion stupide d’Armand Traoré sur un vilain tacle. Cependant, au cours de la quatrième minute de temps additionnel, DJ Campbell lança le remplaçant Heidar Helguson, dont le centre subissait trois déviations avant de ricocher sur Richard Dunne et de finir au fond des filets. Les Rangers sauvèrent ainsi un point, amplement mérité, pour rester au contact de leur adversaire du jour.

Les Rangers égalisent au bout du bout du temps additionnel, mais ne gagnent toujours pas à la maison

Si Neil Warnock fumait au sujet de l’arbitre à la fin de la rencontre, c’est sur Armand Traoré qu’il lâcha toute sa colère, qualifiant son deuxième carton jaune de stupide, et décrivant sa performance comme honteuse et irréfléchie. Il est vrai que le jeune franco-sénégalais fut clairement le maillon faible du collectif bien huilé de QPR (58% de possession). La performance collective fut satisfaisante pour les R’s, surtout en première mi-temps. Cependant, le manque de tranchant dans les trente derniers mètres à d’ores et déjà fait perdre quatre points en trois matches à Neil Warnock, Bothroyd décrochant beaucoup trop pour peser sur la défense. Le manque de corps dans la surface adverse est à corriger avant le derby face à Fulham. La bonne surprise sera probablement le but amené par le vétéran Helguson, pour sa première apparition en Premier League. Il est difficile de ressortir un meilleur joueur du match d’hier, pour QPR. Peut-être Anton Ferdinand et Fitz Hall, pour leur bonne entente en défense centrale.

Côté Aston Villa, vous l’aurez compris, on aurait pu espérer une performance nettement plus aboutie de la part d’un effectif comportant des joueurs comme Charles N’Zogbia, Stephen Ireland, Gabby Agbonlahor, Mark Albrighton, etc. Mais malheureusement, comme à chaque match, une fois devant au score, les joueurs de Villa se barricadent derrière. Cela explique probablement que les Villans ne comptent qu’une victoire en six matches… Leur performance défensive fut de grande qualité. Sans son neuvième auto-goal en carrière (!), Richard Dunne aurait été à créditer d’un match parfait. Collins et Warnock furent également excellents. Au milieu, le jeune Delph a aussi tiré son épingle du jeu, malgré la formation en sapin de Noël de McLeish. Mais le meilleur joueur pour Villa fut sans aucun doute Barry Bannan, excellent même dans les périodes les plus moribondes d’Aston Villa, auteur d’un magnifique coup-franc et d’un but. Son premier en Premier League. Congrats Barry!

Composition de QPR: Kenny; Traoré, Hall, Ferdinand, Young; Faurlin, Derry (Helguson); Wright-Phillips (Smith), Taarabt, Barton; Bothroyd (Campbell).

Goal: Dunne (csc, 94′)

Exclu: Traoré (90′)

Composition d’Aston Villa: Given; Warnock, Collins, Dunne, Hutton; Bannan (Albrighton), Petrov, Delph; Ireland, N’Zogbia (Weimann); Agbonlahor.

Goal: Bannan (P, 58′)

Avertis: Collins, Warnock, Hutton, Petrov, N’Zogbia, Agbonlahor.

Affluence: 16’700